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dernière mise à jourJeu, 24 Juil 2014 10pm

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Une prison appelée « Liberty » indigne des opposants iraniens en Irak

Par David Amess

Huffington Post - 04/03/2012 - Imaginez échanger votre maison contre une prison. En lieu de la maison que vous connaissez depuis des décennies, vous devez désormais vivre dans une baraque de la taille d'un conteneur maritime. Vous ne pouvez prendre que les biens que vous pouvez physiquement porter, et devez par conséquent abandonner presque tout derrière vous.
Dans le camp vers lequel vous êtes dirigé, il n'y a pas de soins médicaux pour vos proches malades. Une fois là, les gardes omniprésents vous humilieront constamment.
Pour compléter tout cela, vous ne savez pas quand, ou même si vous quitterez jamais le camp. De vagues promesses de réinstallation dans un pays tiers flottent dans l'air, mais vous ne faîtes pas confiance à ceux qui les font. Mais une chose est sûre : il n'y a pas de retour.
Qui saint d'esprit accepterait volontairement ce genre d'échange ? Personne, vous penseriez, mais néanmoins c'est exactement ce qui se passe.

Quatre cents parmi les 3400 résidents du camp d'Achraf, au nord de Bagdad, sont volontairement partis du foyer que certains d'entre eux connaissent depuis presque trois décennies. Dans un geste de bonne volonté à l'attention des Nations Unies et des États-Unis, ces hommes et femmes ont accepté d'être transférés au camp Liberty, une ancienne base militaire américaine qui convient davantage pour héberger du bétail que des êtres humains. Ils vivent désormais dans une enceinte entourée de hauts murs. Ils n'ont pas accès aux avocats et peuvent seulement espérer que les gardes irakiens, leurs geôliers, respecteront le fait qu'ils ont été désignés comme demandeurs d'asile par le Haut-Commissariat pour les Réfugiés de l'ONU.
Leurs nouveaux compagnons, les gardes irakiens, sont tristement assez familiers. Des gardes dans des uniformes similaires ont attaqué leur foyer, le camp d'Achraf, à deux reprises ces trois dernières années, faisant des dizaines de morts et de nombreux blessés. Afin de s'assurer que les résidents ne puissent pas un seul moment croire qu'ils étaient les bienvenus, le convoi approchant des cars était accueilli aux portes du camp Liberty par une tentative d'une autre série d'inspections, après les premières qui avaient duré 12 heures dans le camp d'Achraf. Les nouveaux arrivants étaient fouillés avec des chiens flaireurs comme s'ils étaient de dangereux terroristes.
Selon le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, les résidents du camp d'Achraf restants doivent désormais suivre. Al-Maliki est résolu à vider le camp d'Achraf afin de satisfaire ses maîtres dans le Téhéran voisin. S'il n'y avait pas eu la présence des Nations Unies, des observateurs internationaux et des médias du monde entier, les Achrafiens auraient déjà été exécutés. C'est parce qu'ils sont sympathisants de l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI/MEK), le principal groupe d'opposition iranien et les ennemis jurés des mollahs.
Selon le marché conclu entre le gouvernement irakien et l'ambassadeur de l'ONU Martin Kobler, les normes du camp Liberty étaient supposées être décentes. Au lieu de cela, les arrivants volontaires ont découvert qu'ils n'avaient pas même l'eau potable, encore moins de l'eau pour se laver. La zone rendue disponible pour eux est beaucoup plus petite que les plans originels promis. Étant donné qu'ils ne peuvent pas même circuler librement, comment sont-ils censés se considérer autrement que des prisonniers ? Et une question persistante demeure : Pourquoi le Représentant de l'ONU, l'ambassadeur Kobler, a-t-il dépeint un tableau favorable des conditions au « camp Liberty » aux résidents d'Achraf en janvier ? Un tableau qui n'a manifestement rien à voir avec la réalité.
Il est difficile d'être surpris que ceux qui sont restés au foyer, au camp d'Achraf, ne tiennent pas particulièrement à suivre cette équipe d'avant-garde au camp ironiquement appelé Liberty. Tandis que l'objectif officiel – la réinstallation de tous les résidents dans des pays tiers – est louable, les représentants d'Achraf ont fixé des conditions qui doivent être mises en application immédiatement pour que le transfert entre les deux camps puisse avoir quelque chance de réussite. Avant toute chose, les gardes irakiens doivent quitter le camp et rester en dehors de ses murs. Les nouveaux résidents doivent avoir un accès libre aux services médicaux pour les plus faibles d'entre eux. Ils devraient être autorisés à emmener leurs véhicules d'Achraf à Liberty et doivent être autorisés à vendre tout ce qui ne peut pas être déménagé afin d'aider à payer les frais de leur réinstallation. En aucune circonstance les agents iraniens ne doivent être autorisés à se mêler à eux – une condition qui exigera une surveillance constante, totale et libre de la part des Nations Unies.
Les braves avant-gardes qui ont abandonné leurs foyers à Achraf ont gagné le respect de la communauté internationale. Les héberger dans ce qui n'est rien d'autre qu'une prison, tout en les traitant comme des criminels, ne va pas résoudre cette crise humanitaire.
Les États-Unis doivent également jouer leur rôle en faisant pression sur al-Maliki et son gouvernement. C'était après tout l'armée américaine qui avait garanti la sûreté des résidents d'Achraf lorsque les troupes ont délivré l'Irak de Saddam Hussein.
Il est temps que les États-Unis et l'ONU paient de retour la bonne volonté des résidents d'Achraf en garantissant les droits et les besoins minimaux de ceux qui sont allés au camp Liberty.
Sans cela, la crédibilité de la parole de l'ONU n'irait pas très loin, en particulier pour les résidents d'Achraf.
Trompe-moi une fois, honte à moi. Trompe-moi deux fois, honte à toi. Cela n'est-il pas également vrai pour l'ONU ?

David Amess, membre du Parlement britannique pour le Southend West et membre du Comité Parlementaire Britannique pour un Iran Libre.