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L'Iran suspend le projet de la L-90 de Renault PDF Print E-mail
mercredi, 19 avril 2006

L'Iran suspend le projet de la L-90 de RenaultAgence France Presse - Le projet du constructeur automobile français Renault de construire la Logan en Iran est suspendu, selon le ministre iranien de l'Industrie Ali-Reza Tahmabesi, la partie iranienne exigeant un accès à certains marchés étrangers du groupe français.

"Tant que la société Renault ne répondra pas à nos besoins, le projet est arrêté", a dit le ministre.
L'Iran exige notamment de pouvoir exporter une partie de la production de la Logan, appelée L90, assurée par les constructeurs iraniens Iran Khodro et Pars Khodro, vers des marchés traditionnels du constructeur français, selon un responsable au ministère, Mohammad Karimi, cité par l'agence Fars.

"La partie française doit mettre une partie de son marché d'exportation à la disposition de l'Iran dans le cadre du projet L90 et l'application du contrat dépend de cela", a dit ce responsable des relations publiques au ministère.

Le projet de construction de la L90 est né en mai 2004 avec la création d'une co-entreprise, Renault Pars, détenue à 51% par le constructeur français et pour le reste par la partie iranienne.
Le lancement de la L90 était prévu pour mai 2006, avec un objectif de 300.000 véhicules par an.
Un responsable de Renault-Pars, contacté par l'AFP et s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a indiqué que "des discussions sont en cours sur les conditions d'exportation" de la L90.

Selon une source proche du dossier, les autorités iraniennes souhaitent pouvoir exporter 20% de la production du véhicule.

Au-delà de l'aspect économique des négociations, un membre de la communauté occidentale à Téhéran, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a estimé dans une déclaration à l'AFP que "c'est consternant, car si Renault s'en va, rares seront les sociétés acceptant de venir en Iran".

Le pays est sous la pression croissante de la communauté internationale pour suspendre son programme nucléaire controversé et court le risque de se voir appliquer des sanctions.
Le membre de la communauté internationale a jugé que la décision du ministère "fait peut-être partie de la politique de durcissement général du régime", consacrée avec l'élection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en juin dernier.

Peu après la création de Renault-Pars le projet avait été soumis au feu des critiques des conservateurs au Parlement, y voyant une menace à "l'indépendance nationale".

Un porte-parole des députés ultraconservateurs, Ahmad Tavakoli, qui dirige le centre de recherche travaillant sur les textes à soumettre à l'assemblée, avait averti que "le Parlement userait de son autorité pour protéger les intérêts nationaux et la main d'oeuvre nationale".

Selon le responsable de Renault-Pars, la co-entreprise "a accepté les trois conditions du centre de recherche du Parlement: que 60% des pièces soient fabriquées en Iran, que la plate-forme puisse être utilisée pour d'autres voitures et que l'Iran puisse construire d'autres voitures dans la même catégorie".

L'essentiel de la production nationale iranienne est basé sur des accords de partenariat avec des marques étrangères, avec une importation plus ou moins poussée de pièces pour ces véhicules.
L'Iran produit par exemple actuellement des Peugeot 405 et assemble des 206 mais aussi des voitures japonaises ou sud-coréennes.

 
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