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Une attaque financière contre l’Iran ? PDF  | Print |  E-mail
dimanche, 23 avril 2006

Une attaque financière contre l’Iran ?Les Etats-Unis préparent une nouvelle tactique visant à faire pression sur l’Iran concernant son programme nucléaire : viser les banques et les sociétés avec qui le pays fait affaire

De Elaine Shannon

The Time – En vue de la fin cette semaine du délai fixé par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour que l’Iran abandonne ses activités nucléaires et du rapport attendu de Mohamed ElBaradei de l’organe de surveillance nucléaire, les dirigeants américains mettent en place un plan pour frapper le régime rebelle.

Mais les attaques seront financières, non militaires. Les Etats-Unis et leurs alliés européens demanderont au conseil le mois prochain l’adoption d’une résolution qui ouvrira la voie pour des sanctions politiques et économiques. Si comme prévu, la Russie et la Chine menacent d’un veto ou d’un blocage, les USA ont l’intention de travailler en dehors du cadre des Nations Unies pour isoler Téhéran « diplomatiquement et économiquement », a déclaré la semaine dernière le sous-secrétaire d’Etat américain Nicholas Burns. « Les pays qui font affaire avec l’Iran … devraient commencer à repenser leurs liens commerciaux. »
Parmi les premiers objectifs du plan : les comptes et institutions financières de l’Iran en Europe.

La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a rencontré la semaine dernière les ministres des finances de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, où selon une étude du ministère des Finances américain, les banques du gouvernement iranien dirigent des filiales qui gèrent les fonds produits par le commerce du pétrole. Les Etats-Unis désirent que les banques non iraniennes cessent de faciliter la circulation des capitaux de Téhéran. Un haut responsable participant à la mise en place de cette stratégie a déclaré au Time : « Il s’agit de convaincre les institutions financières de ne pas faire affaire avec les méchants, car ils s’inquiètent pour leur propre réputation ».

L’Iran a fait basculer certains de ses comptes européens dans les pays du Golfe Persique afin d’anticiper ces restrictions. Ainsi le sous-secrétaire d’Etat Robert Joseph s’est rendu dans sept pays au Moyen Orient plus tôt dans le mois pour discuter avec des hauts responsables au sujet de « ce que nous pouvons faire ensemble pour faire entrave aux activités de prolifération », a-t-il dit. Des restrictions financières « peuvent avoir un effet sur la capacité de l’Iran à acquérir plus de technologie et de savoir-faire de l’extérieur ».

Une campagne de désinvestissement serait une autre mesure possible, similaire à celle utilisée contre l’apartheid en Afrique du Sud. Une étude réalisée par Conflict Securities Advisory Group, consultant à Washington engagé par le département d’Etat des Etats-Unis, a déterminé que 124 sociétés commerciales européennes avaient des liens avec l’Iran et que des banques européennes finançaient d’importants projets du secteur de l’énergie et des télécoms dans ce pays. Une campagne de désinvestissement serait difficile à réaliser. Mais les dirigeants américains espèrent que tandis que la conscience de ces sociétés ne les ferait peut-être pas abandonner l’Iran, la menace d’une mauvaise publicité le ferait.

Extrait du numéro du 1er mai 2006 de TIME magazine 


 
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