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Le chantage pourrait être contre productif PDF  | Print |  E-mail
mardi, 06 juin 2006

Golfe persiqueAnalyse de Michael Binyon

The Times - La menace de l’Iran de perturber l’approvisionnement en pétrole de l’Occident si ce dernier faisait une « erreur » dans le conflit autour du programme nucléaire de Téhéran constitue le dernier rebondissement dans cette partie de bluff et de contre bluff.

Mais bien que ce dernier avertissement de l’ayatollah Ali Khamenei ait fait monter le prix du brut léger par crainte d’une pénurie mondiale de pétrole, cette menace pourrait facilement avoir l’effet inverse que prévu. L’Iran a plus besoin de vendre son pétrole que l’Occident n’a besoin de l’acheter et toute interruption des exportations pourrait rapidement provoquer la colère et causer des troubles dans le pays et avoir des conséquences fâcheuses pour le régime islamiste.

La menace iranienne demeure imprécise et fait allusion à une attaque éventuelle contre les pétroliers passant par le Golfe d’Hormuz. Celle-ci serait inévitablement suivie par des représailles des Etats-Unis car elle serait considérée comme une attaque sans provocation contre les cargaisons internationales, en particulier si les chargements visés provenaient d’Irak ou du Koweït.

Le gouvernement iranien pourrait cependant envisager de suspendre sa propre production afin de faire augmenter les prix et de faire souffrir l’Occident. Cette mesure serait dangereuse également. Le boycott du pétrole arabe de 1973 a eu un effet durable sur l’Occident, stimulant les recherches d’énergies alternatives, encourageant les nations industrialisées à construire des réserves stratégiques importantes et renforçant la détermination politique des pays occidentaux à ne plus se laisser avoir par le chantage international.

Un accord a été conclu avec l’Arabie Saoudite qui s’est engagée à augmenter sa production afin de compenser toute pénurie pouvant mener à une augmentation catastrophique des prix. Les Saoudiens, plus grands producteurs de pétrole au monde, ont promis d’accroître leur production afin de compenser toute tentative de l’Iran, rival traditionnel, d’interrompre sa production et de faire monter les prix en flèche.

Toutefois, en raison du boom démographique de l’Iran (près de 60 pourcent de ses 68 millions d’habitants a moins de 25 ans), le gouvernement iranien subit une pression interne forte afin de créer une croissance économique rapide et de conserver la même allure. Le pétrole est tellement vital que toute déficience brutale dans les revenus des exportations serait catastrophique et intensifierait les récriminations qui sont déjà apparues chez un grand nombre d’Iraniens.


 
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