 Le
Monde, 22 Septembre 2005 - Le rapport de l'AIEA du 3 septembre, l'étude
publiée par l'Institut international des études stratégiques (IISS) de
Londres, comme les informations fournies par le Conseil national de la
résistance iranienne (CNRI) ou d'autres sources insistent sur trois
sites nucléaires iraniens controversés.
Deux d'entre eux (Ispahan et Natanz) entrent dans le processus
d'enrichissement de l'uranium, lequel peut permettre la fabrication
d'une bombe atomique. Le troisième (Arak), moins souvent cité, suscite
l'inquiétude croissante des experts. Il a trait à la filière du
plutonium, laquelle, quoique d'une mise en oeuvre plus délicate, peut
également déboucher sur l'arme atomique.
Le réacteur
d'Arak. Sur ce site, établi au sud-ouest de Téhéran, les Iraniens ont
commencé la construction d'un réacteur de recherche à eau lourde de 40
mégawatts (MW), destiné, selon Téhéran, à produire des radio-isotopes
pour l'industrie et la médecine. Les experts doutent d'une telle
utilisation et craignent que ce réacteur, ainsi que les installations
d'eau lourde attenantes, ne visent à produire du plutonium à des fins
militaires, sous réserve que l'Iran possède une capacité de
retraitement..
Alimenté par de l'uranium naturel (qui n'a
pas besoin d'être enrichi), ce réacteur a fait l'objet d'importants
travaux entre février et août 2005. Selon certains experts
étrangers, les Iraniens s'efforcent de doubler en la portant de
40 MW à 80 MW la capacité du réacteur en augmentant simplement
les équipements de refroidissement, ce qui permettrait de produire
quelque 20 kg de plutonium par an (une bombe au plutonium nécessite
environ 10 kg de plutonium).
L'usine d'Ispahan. C'est au
Centre de technologie nucléaire de cette ville qu'a été installée une
unité de conversion de l'uranium, étape préalable au processus
d'enrichissement. Il s'agit de convertir le "yellow cake" (concentré
d'oxyde d'uranium) en hexafluoride d'uranium (UF6), un composé gazeux
qui doit ensuite être enrichi dans des centrifugeuses. Les activités
sur ce site avaient été suspendues en novembre 2004 ; elles ont repris
le 8 août. Depuis cette date, l'AIEA estime que quelque 6 800 kg d'UF6
ont été produits.
L'usine de Natanz. Située au nord
d'Ispahan, c'est la principale installation d'enrichissement de
l'uranium (processus qui n'a pas repris). Une fois achevée, elle
pourrait permettre de produire de l'uranium faiblement enrichi pouvant
servir de combustible à des réacteurs (civils) à eau légère, ou de
l'uranium fortement enrichi, utilisable pour la fabrication d'armes
nucléaires. Pour enrichir l'uranium, il est nécessaire d'avoir des
"cascades" de centrifugeuses. Actuellement, une cascade de 164 machines
est installée à Natanz, mais, selon différentes sources, l'Iran
posséderait plusieurs milliers d'autres centrifugeuses, certaines ayant
été importées du Pakistan, d'autres ayant été fabriquées en Iran. |