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Iran : Une crise de modestie PDF  | Print |  E-mail
mercredi, 31 janvier 2007

Par Ahmed Al-Rabei
 
Asharq Alawsat (journal arabe), 29 janvier – Le gouvernement iranien actuel souffre d’une affection chronique : la conviction que l’Iran est une superpuissance et que des exercices militaires réussis signifient que l’Iran est capable de remporter une vraie guerre contre des opposants plus avancés d’un point de vue capacité, efficacité et technologie ! Le problème avec l’actuel gouvernement iranien est qu’il ne veut ni retenir les leçons du passé, ni tenir compte de l’importance de la géographie.

Par exemple, on peut lire sur les pages des livres d’histoire iraniens que le chah d’Iran estimait que sa politique maladroite vis-à-vis des Etats du Golfe, en particulier son entêtement pour que le Bahreïn fasse partie de l’Iran, réservant ainsi des sièges inoccupés représentant le Bahreïn au parlement iranien et menaçant les plus petits Etats du Golfe, pouvait améliorer sa situation. En conséquence, le chah a finalement perdu le soutien de ses voisins après avoir perdu celui de son peuple, et le reste de l’histoire, tout le monde la connaît.
 
Autre exemple : celui de la Révolution islamique d’Iran. Au lieu d’essayer de résoudre le problème du chômage et de la pauvreté, les nouveaux révolutionnaires ont décidé à la place d’ « exporter la révolution », et ce processus a fini par provoquer des sentiments négatifs chez ses voisins.
 
Après tout, une révolution n’est pas une denrée que l’on importe mais la création d’un nouveau régime qui devient un exemple pour d’autres. Ce que les révolutionnaires ont fait à Téhéran était un désastre, et non un exemple (…)
 
Aujourd’hui, le gouvernement iranien répète ce schéma, mais de manière plus provocatrice. L’Iran intervient activement au Liban, fait qu’ils ne démentent pas. Ils sont les vrais instigateurs de la guerre et du chaos grâce à l’ « argent propre » (le financement du Hezbollah par l’Iran) qu’ils se sont appropriés auprès de leurs pauvres.
 
Ils interviennent aussi dans les affaires irakiennes et palestiniennes. Ils sont impliqués dans des actes de violence au Yémen et sont actifs de façon écoeurante en Syrie, en Egypte, au Pakistan et dans d’autres nations, pendant que chez eux, le chômage et la pauvreté s’aggravent et leurs revenus du pétrole partent dans le développement d’armes nucléaires et la construction d’un arsenal militaire.
 
Les Iraniens ne méritent pas une telle politique puérile et la région ne mérite pas non plus cette politique frivole. Les habitants du Golfe, du côté iranien et du côté arabe, ont besoin de paix, de stabilité et d’échanges de marchandises, non d’échanges de missiles, de prisonniers et de blessés, ce qu’ils font depuis un grand nombre d’années.
 
L’Iran doit s’arrêter pour réfléchir et raisonner. Crier des paroles vides de sens ne résoudra pas les problèmes de l’Iran et l’illusion du succès hypothétique de cette politique doit cesser, pour le bien de la région et dans l’intérêt des Iraniens qui paient le prix fort de ces aventures et de ces guerres depuis plusieurs années.
 
Ce qu’il faut, c’est une certaine modestie, tout comme la prise de conscience de la capacité réelle de l’Iran. « Dieu préfère ceux qui connaissent leur propre capacité » ; c’est ce que nous devons toujours
garder en mémoire !

 
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