Conseil national de la Résistance iranienne
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Iran-Torture : Les terribles sévices dans les prisons iraniennes, un ancien prisonnier parle PDF  | Print |  E-mail
mercredi, 05 octobre 2005
(suite et fin)

CNRI, 5 octobre – Voici la suite du témoignage de Mostafa Naderi, ancien prisonnier politique rescapé de l’enfer des geôles intégristes en Iran.


Au bout de deux mois et demi, ils nous transférés à la prison de Karadj, à l’ouest de Téhéran, en nous transportant dans un camion à viande. Ils m’ont enfermé en isolement cellulaire, une première fois pendant trois ans et une autre fois pendant deux ans. Ma cellule mesurait 2m sur 1,5m.

Au cours des cinq ou six premiers mois, j’ai pensé au passé. J’ai pu me souvenir de personnes et de noms. Mais au bout d’un an, j’ai eu le sentiment d’avoir tout oublié. Le couloir central avait 40 cellules, 20 sur la droite et 20 sur la gauche. A quelques cellules de la mienne, un prisonnier, Reza Chiradian m’a dit qu’il avait été violé et qu’ils avaient l’intention de l’exécuter. Il n’avait que 16 ans lors de son arrestation. Quand je suis sorti de prison, j’ai appris qu’il avait été exécuté.
Après avoir passé trois ans en isolement cellulaire, je suis sorti de prison, mais je ne pouvais plus me mêler à la foule. Les entendre parler me donnait des maux de tête.
 
Je suis un des rares à avoir survécu.

Des milliers et des milliers d’autres ne l’ont pas fait. Les mollahs exerçaient toutes sortes de pressions sur les prisonniers pour les briser, mais ils résistaient. Au fur et à mesure que le temps passait, le nombre de prisonniers augmentait. Les mollahs avaient décidé depuis 1987 de les massacrer et en juillet 1988, quand ils ont accepté le cessez-le-feu dans la guerre avec l’Irak,  ils ont trouvé l’occasion de les supprimer.

En été 1988, ils ont exécuté l’ensemble des prisonniers politiques à travers l’Iran. Conformément à une fatwa de Khomeiny, une commission de la mort composée de trois personnes a été mise en place. Elle ne posait que deux questions: l’identité du prisonnier, et son affiliation politique. Si un prisonnier disait appartenir aux moudjahidine du peuple, ou les soutenir, la sentence était la mort. En tout, 30.000 prisonniers politiques ont été exécutés en quelques mois.

 
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