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Iran : Le ministère des renseignements répète sa vieille tactique contre l’opposition iranienne |
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vendredi, 11 novembre 2005 |
NCRI, 10 novembre – Le communiqué suivant a été publié le 9 novembre, par le Comité d’avocats anglo-iraniens (CAIL).
L’agence de presse du régime iranien, IRNA, a rapporté hier qu’une
conférence de presse serait tenue par plusieurs agents du ministère des
renseignements et de la sécurité (VEVAK) dans les bureaux londoniens
d’Emma Nicholson, une eurodéputée britannique, qui est proche non
seulement du régime iranien mais aussi de l’ancien et actuel ministre
du VEVAK, Ali Younessi et Gholam-Hossein Mohseni Ejeï. Cette réunion a
pour but d’accuser les « hypocrites, [l’organisation Moudjahidine du
peuple d’Iran] d’avoir participé aux crimes perpétrés par l’ancien
dictateur irakien et d’appeler à la poursuite en justice de cette
organisation. » En plus de Massoud Khodabandeh, sa femme, Ann
Singleton, et Emma Thomson, Alain Chevalieras, et une femme
hollandaise, Judith Neurink, prendront part à la réunion.
Cette tactique transparente du VEVAK qui a échoué lamentablement par le
passé en France, à Washington DC et la Haye, est prévue à Londres
après une série de succès politiques importants de l’opposition
iranienne, avec la manifestation de 35.000 personnes devant le siège de
la Commission européenne à Bruxelles. Lors de cette manifestation les
partisans de l’opposition ont demandé que le dossier nucléaire de
Téhéran soit envoyé au Conseil de Sécurité pour l’adoption d’un embargo
complet pétrolier et technologique, et le retrait de la marque de
terroriste injuste sur l’OMPI. Les parlementaires britanniques des
trois principaux partis politiques ont exprimé leur soutien à l’OMPI
comme un mouvement légitime de Résistance. Les parlementaires
britanniques et plusieurs membres du Parlement européen ont fait part
des demandes du peuple iranien et celles des manifestants manifestation
directement avec la présidence de l’UE.
Face à une condamnation et une indignation mondiale des propos de
Mahmoud Ahmadinejad sur la destruction d’Israël que le premier
ministre Tony Blair a qualifié de « totalement révoltants et
inacceptables », le régime iranien essaye de dévier l’attention de sa
quête acharnée d’armes nucléaires et de son ingérence terroriste
et intégriste croissante en Irak, qui inclut le financement et
l’armement des groupes terroristes responsables de la mort de soldats
britanniques, qui a été reconnu par de nombreux chefs d’Etats et de
autorités dans le monde, comme le Premier ministre, le ministre des
Affaires étrangères et le ministre de la Défense de la Grande Bretagne,
à la présidence tournante de l’UE.
Effrayé par la présence de témoins et de victimes iraniennes du VEVAK
qui, lors de réunions similaires, avaient exposé la véritable nature du
régime et de ses complots, les organisateurs ont fait en sorte que la
réunion du 10 novembre ne puisse être assisté que sous réserve
d’invitations qui avaient été distribuées aux opérateurs du régime
iranien.
Selon la déposition d’un témoin enregistrée dans un tribunal
britannique le 12 novembre 2002, par Ebrahim Khodabandeh, le frère de
Massoud Khodabandeh (un des principaux organisateurs de la conférence
de presse), Massoud Khodabandeh a été recruté par le VEVAK au
milieu des années 1990. Il a souvent voyagé à Téhéran et en
Extrême-Orient pour des réunions formelles avec les responsables du
VEVAK concernant les actions à entreprendre contre l’OMPI.
Ebrahim Khodabandeh avait aussi dévoilé lors de sa déposition la longue
coopération entre Ann Singleton (la femme de Massoud Khodabandeh), que
l’IRNA présente comme « une ancienne membre britannique des
Moudjahidine» et du VEVAK, incluant ses nombreux voyages en Iran.
L’ancien parlementaire travailliste, Win Griffiths, a publié une lettre
sur sa visite humanitaire de la funeste prison Evine en été 2004. La
prison d’Evine prison est un endroit où des dizaines de milliers de
prisonniers politiques ont été torturés et exécutés, et où la
journaliste canado-iranienne, Zahra Kazemi a été brutalement
torturée, violée puis assassinée. Dans sa lettre, M. Griffiths a
exprimé sa surprise d’avoir vue Anne Singleton, assise aux cotés des
interrogateurs et l’attendant pour le rencontrer à Evine.
Emma Nicholson est un personnage discrédité, dont les liens avec le
régime iranien et le VEVAK ont été rapportés par les médias officiels
iraniens. Dans une lettre publiée le 16 mars 2005, le quotidien
gouvernemental Kayhan révélait les contacts entre Nicholson et le chef
VEVAK, Ali Younessi. Cette lettre disait qu’ « étant donné son rôle
dans le parlement britannique et à l’Union Européenne, la baronnesse
Nicholson a lancé des actions spéciales ces dernières années pour
collecter des documents et des preuves crédibles et irréfutables pour
avoir le nom du groupuscule terroriste, les Hypocrites, sur la liste
des groupes terroristes et inhumains. Le VEVAK a utilisé cette
opportunité et discuté de quelques sujets avec elle lors d’une réunion.
»
Au cours de l’adoption d’une nouvelle résolution au Parlement européen
contre les terribles violations des droits de l’homme par le régime
iranien, elle a déclarée que l’Iran était le pays le plus démocratique
du Moyen-Orient et où les femmes avaient le plus de droits
comparé au reste de la région. Ses propos avaient soulevé l’indignation
des parlementaires européens.
Le quotidien officiel iranien « Abrar » écrivait aussi le 1 mars 2003 :
« Nicholson a déclaré en 1999 et 2000 que l’OMPI avait transféré une
partie des armes de destruction massive de Saddam et les avait enterré
dans les marécages du sud du pays. » Bien sûr cette allégation, comme
beaucoup d’autres faites par Nicholson contre l’OMPI, s’est avérée au
fil du temps complètement fausse. Un autre exemple de son implication
dans la campagne de désinformation du VEVAK contre l’OMPI est celle du
meurtre de trois dirigeants chrétiens en Iran en 1994, qui avait été
initialement mis sur le compte de l’OMPI, mais qui s’est avéré plus
tard être l’œuvre du numéro deux du VEVAK. Le 21 juin 1995, le
quotidien Iran écrivait : « Une réunion anti-iranienne à la
Chambre des Communes a été dénoncée après que le secrétaire du groupe
des droits de l’homme du parlement ait révélé le complot des
Moudjahidine sur l’assassinat des trois prêtres chrétiens. Emma
Nicholson, député conservateur, a évoqué sa rencontre avec les
meurtriers des prêtres en Iran et a dit qu’après cette encontre, il
était clair pour elle que les Moudjahidine étaient responsables de ces
meurtres…. Mme Nicholson a dit aux parlementaires qu’elle avait «
rencontré deux femmes qui ont été arrêtées et qui ont confessé». Elle a
dit que lors de sa rencontre avec ces deux femmes, personnes d’autres
n’était présent et qu’elles avaient confessé avoir commis ce crime sur
ordres du groupe Radjavi ».
Le 9 février 1996, le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Tolérance
Religieuse déclarait que « le gouvernement iranien avait apparemment
décidé d’exécuter ces dirigeants protestants afin non seulement pour
salir la réputation de l’OMPI en les déclarant responsable de ces
crimes, mais aussi sur le front intérieur, pour décapiter la communauté
protestante et la forcer de cesser les conversions de musulmans… »
Le Daily Telegraph a aussi écrit le 5 mars 2004 que Nicholson qui avait
monté une association caritative du nom de Ammar, un jeune irakien
victime de la guerre, avait ensuite abandonné le garçon qui était alors
âgé de 23 ans.
Un autre participant à cette conférence de presse est Alain
Chevalieras. Dans plusieurs de ses voyages en Iran, il a été accusé
d’être l’invité du VEVAK et ses dépenses ont été couvertes par un
organisme écran du travail du VEVAK, aussi connu sous le nom de «
la Maison du Travail ». C’est Ali Rabi’i, ancien vice-ministre du VEVAK
et ex-secrétaire du Conseil Suprême de Sécurité nationale sous Mohammad
Khatami, qui a fondé cette Maison du Travail.
L’autre participante est une Hollandaise nommée Judith Neurink. Son
entretien avec une radio en persan le 7 novembre 2005, a dévoilé ses
motivations pour prendre part à cette campagne de diabolisation de
l’OMPI. Elle a dit, « au contraire de ce que disent les Etats-Unis, les
Moudjahidine ne sont pas la seule alternative au régime actuel. Notre
conclusion principale c’est d’être prudents, cette organisation est
dangereuse. »
Le comité d’avocats anglo-iraniens attire l’attention de l’opinion
publique en Grande Bretagne et les responsables concernés,
particulièrement les services de sécurité britanniques, sur les
activités du VEVAK et ses opérateurs étrangers à Londres. Il a souligné
que le sol européen ne devait pas se transformer en un terrain de
chasse des agents iraniens et non iraniens du VEVAK. C’est un
immense sujet d’inquiétude pour les dissidents iraniens, spécialement
ceux qui ont à l’esprit le passé du régime iranien sur l’assassinat des
dissidents iraniens au cœur de l’Europe. A cet égard, le comité
rappelle un livre publié en 1996 intitulé « Iran : Etat de Terreur »,
qui soulignait : « Une autre méthode est d’utiliser un petit nombre de
déserteurs qui à une étape ont coopéré avec le mouvement d’opposition.
Ces personnes, par manque ou absence de motivations pour continuer la
lutte et maintenir leurs principes, se sont laissées acheter par le
régime à une étape ultérieure. De telles personnes ont pour le moment
procuré aux terroristes du régime basé en Europe les informations et
les services politiques les plus complets. En plus de fournir au
régime, des informations sur les cibles d’assassinats, ils préparent le
terrain politique pour les meurtres des dissidents en propageant de la
propagande contre les individus ou organisations dans lesquelles ils
avaient précédemment coopéré, en les diffamants et en les accusant
d’être pires que le régime en place. »
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