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L’Iran : diplomatie et force PDF Print E-mail
lundi, 16 janvier 2006
El BaradeiExtraits de l'interview avec l’inspecteur en chef des Nations Unies. Il est prêt à publier un rapport sur le programme nucléaire iranien qui va faire du bruit sur la scène internationale.


Newsweek, le 23 janvier 2006- Dans sa première interview depuis que l’Iran a levé les scellés sur les équipements de recherche nucléaire la semaine dernière, ElBaradei a parlé sèchement au siège de l’AIEA à Vienne de ses frustrations avec Téhéran et ses idées pour éviter une montée de la confrontation avec l’Iran au journaliste Christopher Dickey de Newsweek.

DICKEY: Vous dites que vous perdez patience avec l’Iran. Qu’est ce que ça signifie ?

ELBARADEI: Ces trois dernières années, nous avons entrepris d’intensives vérifications en Iran, et même après trois ans je ne suis pas encore en position d’émettre un jugement sur la nature pacifique du programme nucléaire. Nous avons encore besoin de nous assurer, par des accès aux documents, aux individus et aux sites, que nous avons tous vu et que nous devons encore vérifier, qu’il n’y a rien de douteux dans ce programme nucléaire.

Dans un des sites appelés Lavizan, des infrastructures ont été détruites avant que vous ayez pu les inspecter, et vous n'avez pas été autorisés à faire des tests dans les environs.

Nous avons clairement besoin de prendre des échantillons d’environnement des machines utilisées à Lavizan. Nous avons besoin d’interview des personnes qui ont été employées à Lavizan. Nous avons aussi obtenu des informations sur les modifications de leurs missiles qui pourraient avoir une relation avec leur programme nucléaire. Ainsi, nous avons besoin de mettre au clair toutes ces choses. C’est très spécifique. Ils savent ce que nous voulons, et ils ne doivent qu’y aller et le faire. Je dis clairement que je ne peux pas prolonger le délai qui s'arrête au 6 mars.
 
Avec tout le respect que je vous dois, les Iraniens ne semblent pas se soucier de ce que vous pensez.
Ils peuvent faire croire qu'ils ne s'y intéressent pas. Mais si je dis que je ne suis pas capable de confirmer la nature pacifique de ce programme après trois ans de travail intensif, c’est une conclusion qui faire va faire du bruit à travers le monde.

Vous parlez de « bâtir la confiance », mais depuis que le président Mahmoud Ahmadinejad est au pouvoir, les activités de l’Iran ont été plutôt vers « détruire la confiance »
C’est très frustrant parce que tout le monde a investi beaucoup de temps et d’efforts pour bâtir cette confiance. C’est un processus très lent. On peut faire un accident n’importe quand. J’espère que les autorités iraniennes comprendront, mais s’ils perdent confiance dans l'édification de la confiance ce sera très dur de la restaurer dans le futur. C’est très frustrant. Mais dans un travail comme le mien il faut être très, très patient.


Est-ce que les Iraniens ne cherchent pas à gagner du temps pour fabriquer leur bombe ?

J'ai dit que nous arriverons à une étape importante ces prochaines semaines. La diplomatie, ce n’est pas seulement parler. Elle doit être soutenue par des pressions et dans des cas extrêmes, par la force. Nous avons des règles. Nous devons faire tout ce qui est possible pour faire respecter les règles à travers les convictions. Sinon, vous les imposez. Bien sûr, ceci doit être en dernier ressort, mais des fois vous devez le faire.


Vous êtes en colère ?
Non, je ne suis pas en colère, mais je voudrais être sûr que l'on ne va pas abuser du processus. Il y a une différence. Je voudrai éviter une montée de la confrontation, mais en même temps je ne veux pas que l’agence soit trompée. Je pense que c’est clair. J’ai une responsabilité, et je voudrai la réussir au mieux de mes capacités.
 

 
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