mardi, février 23, 2021
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Grève de la faim illimitée de Jafar Azimzadeh et Esmail Abdi, deux dirigeants syndicaux emprisonnés en Iran

Grève de la faim illimitée de Jafar Azimzadeh et Esmail Abdi, deux dirigeants syndicaux emprisonnés en Iran

Les syndicalistes emprisonnés Jafar Azimzadeh et Esmail Abdi ont annoncé qu’à partir du vendredi 29 avril 2016, ils observent une grève de la faim illimitée pour protester contre les exactions et les injustices infligées aux travailleurs en Iran.

A l’occasion du premier mai, la journée internationale du travail, ces deux dirigeants syndicaux ont transmis depuis leurs cellules dans la prison d’Evine à Téhéran une lettre dont vous trouverez ci-dessous la traduction de quelques extraits :

En Iran, plusieurs millions de travailleurs vivent dans des conditions indécentes et insupportables et depuis plusieurs années, ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires. Voici quelques exemples des injustices infligés aux travailleurs : des niveaux de salaires en-deçà du seuil de pauvreté ; des retards systématiques dans le paiement des salaires ; l’absence de sécurité d’emploi pour les travailleurs dont la plupart sont obligés d’accepter des contrats de travail temporaires ; la généralisation de la sous-traitance dans le secteur industriel ; le développement du travail des enfants ; le non-respect du code relatif au régime de retrait ; la privatisation croissante de l’enseignements ; la disparition progressive de l’enseignement publique et gratuite ; des malversations à grande échelle dans les caisses de sécurité sociale et les caisses de retraite, l’interdiction des activités syndicales, les accusation d’atteint à la sécurité de l’Etat contre les activistes syndicales ; la suppression des subvention pour les produits de premières nécessité comme l’électricité, le gaz, le pain et produits laitiers,… Ceci est juste une courte liste des injustices auxquelles les travailleurs et les enseignants sont confrontés de façon quotidienne.

Dans ces conditions de vie insupportables, les travailleurs sont obligés d’accepter des horaires de travail de l’ordre de 12 heures et même de 18 heures par jour et les enseignants sont souvent obligés d’occuper un deuxième et même un troisième emploi pour subvenir aux besoin de leur famille. Cette situation a placé la grande majorité des Iraniens sous le seuil de pauvreté.

Mais la seule réponse du gouvernement à ces problèmes est d’intensifier encore plus la répression de tout mouvement de protestation.

Sous le gouvernement de Rohani, l’appareil judiciaire a officiellement transmis aux entreprises un décret interdisant toute grève ou toute protestation. La répression sur le lieu de travail a été intensifiée. Plusieurs centaines d’ouvriers et d’enseignants ont été arrêtés et ont été accusés de participation à des actions contre la sécurité de l’Etat. De nombreux activistes syndicaux, dont nous-mêmes, ont été condamnés à de lourdes peines.

Ils nous ont accusés de participation à des actions contre la sécurité de l’Etat et sur la base de ces accusations fallacieuses, ils nous ont condamné à de longues peines de prison. Comme des milliers d’autres travailleurs et enseignants qui manifestaient, nous n’avons fait que défendre nos droits et notre dignité.

Nos activités syndicales sont complètement légales et nos revendications sont tout à fait légitime. Voici quelques exemples des activités que nous avons eu : collecte de signatures en faveur d’une pétition de protestation contre les salaires inférieurs au seuil de pauvreté ; création de syndicats indépendants pour les ouvriers et les enseignants ; participation à des rassemblements devant le parlement et devant le ministère du travail ; envoie de lettre de protestation aux autorités compétentes.

Selon les verdicts prononcés contre nous, tout effort pour faire respecter les lois et pour améliorer nos conditions de vie et de travail en utilisant des moyens légales et légitimes est considéré comme une action contre la sécurité de l’Etat.

Nous sommes conscients que nos activités dérangent ceux qui exploitent les travailleurs depuis de nombreuses années en violant les lois. Mais nous n’allons pas cesser de réclamer nos droits légitimes.

Ceux qui nous accusent d’action contre la sécurité de l’Etat confondent leur propre sécurité avec la sécurité du pays.

Pour protester contre des salaires inférieurs au seuil de pauvreté, contre l’interdiction de grève, contre le manque d’actions efficaces de la part des instances internationales comme l’Organisation internationale du Travail, contre les accusations sécuritaires portées à l’encontre des syndicalistes et des défenseurs des droits des ouvriers et des enseignants, nous observons une grève de la faim illimitée à partir du 29 avril 2016.

Copie à la Confédération internationale des syndicats de travailleurs

Copie à l’Organisation mondial des Enseignants

Jafar Azimzadeh, prison d’Evin, section 8

Esmail Abdi, prison d’Evin, section 8

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