vendredi, mai 14, 2021
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Il faut mettre fin à l’impunité du régime concernant le massacre de 1988 en Iran

Les familles et les survivants du massacre de 1988 en Iran organisent une exposition devant le siège des Nations Unies à Genève

Dans son dernier rapport, Amnesty International a attiré l’attention sur les conditions dans 149 pays, y compris les violations des droits de l’homme en Iran.
«Les autorités ont continué de commettre des crimes contre l’humanité en dissimulant systématiquement le sort et le lieu où se trouvaient plusieurs milliers de dissidents politiques disparus de force et exécutés de manière extrajudiciaire en secret en 1988. Les charniers censés contenir leurs restes étaient en cours de destruction.» Le rapport sur l’Iran mentionne notamment le massacre des prisonniers politiques en 1988.

À l’été 1988, le régime iranien a systématiquement exécuté plus de 30 000 prisonniers politiques, dont beaucoup avaient déjà purgé leur peine. Le massacre faisait partie d’un effort pour éradiquer l’opposition organisée. Les prisons dans tout le pays ont convoqué ce que l’on a appelé des «commissions de la mort», et ces tribunaux ont commencé à interroger les détenus sur leurs opinions politiques et leurs affiliations, ciblant principalement les partisans du principal groupe d’opposition pro-démocratie, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran ( PMOI / MEK). Ceux qui n’ont pas fait preuve de loyauté envers le guide suprême des mollahs et l’interprétation fondamentaliste de l’islam par le régime ont été pendus sommairement, souvent en groupe et enterrés dans des fosses communes secrètes.

À ce jour, personne n’a jamais été tenu responsable de ces meurtres. Pire encore, bon nombre des auteurs du massacre restent dans des positions de pouvoir et d’influence, y compris celle de juge en chef de la justice iranienne. Depuis qu’il a assumé ce rôle en 2019, Ebrahim Raisi a supervisé ce qui semble être une escalade de la répression contre la dissidence, en partie en raison de la crainte du régime face aux récents troubles intérieurs.
La communauté internationale devrait porter une attention particulière à cette crise et les grandes puissances mondiales devraient réfléchir attentivement au rôle qu’elles pourraient jouer en faveur des droit du peuple iranien.

Les conséquences de la négligence internationale ont été soulignées dans le récent rapport d’Amnesty International, qui détaille la situation des droits humains dans 149 pays en 2020 et au début de 2021. La section sur l’Iran fait de multiples références au massacre de 1988 et note que «l’impunité a prévalu pour les crimes contre l’humanité passés et en cours liés aux massacres dans les prisons de 1988, bon nombre des personnes impliquées continuant à occuper des postes de haut niveau dans la justice et le gouvernement ».

Au moment du massacre de 1988, les militants iraniens exilés ont travaillé avec diligence pour attirer l’attention de la communauté internationale sur l’augmentation du nombre de morts, mais les autorités occidentales se sont engagées à éviter le conflit avec le régime. La réponse a donc été celle du silence. Pour Téhéran cette réponse a créé à un sentiment d’impunité et l’a enhardi dans sa répression.

L’année dernière sept experts des droits de l’homme des Nations Unies ont écrit une lettre au gouvernement iranien appelant à des enquêtes nationales et à la transparence concernant un crime que même un ex-responsable iranien a décrit comme «le pire crime de la République islamique». La lettre notait qu’il appartenait à la communauté internationale d’enquêter sur l’incident et de poursuivre les personnes jugées responsables. La lettre a été rendue publique fin 2020, mais il y a peu de signes qu’elle a incité l’ONU ou ses principaux États membres à agir.

Les conséquences de cette impunité ont été davantage de meurtres. Lors du soulèvement national de novembre 2019, les autorités ont répondu par la pire violence politique depuis le massacre de 1988. Selon les rapports de Reuters et aussi de l’OMPI, environ 1500 manifestants iraniens innocents ont été tués en quelques jours lorsque le guide suprême du régime Ali Khamenei a ordonné aux autorités de d’écraser les manifestations populaires qui ont fait chancelé le régime.

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