mercredi, octobre 20, 2021
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Iran : dossier des droits humains d’Ebrahim Raisi

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Iran : dossier des droits humains d’Ebrahim Raisi, témoignages oculaires, Massoud Abouie-Rad

Voici une série de témoignages d’hommes et de femmes qui ont survécu au massacre des prisonniers politiques en 1988 en Iran. Les organisations internationales de défense des droits humains ont qualifié ce massacre de plus grand cas de « crimes contre l’humanité » depuis la Seconde Guerre mondiale. Les récits des témoins oculaires révèlent la barbarie du régime iranien dans des détails poignants. Dans le même temps, ces témoignages montrent la détermination inébranlable d’une génération de jeunes militants pour la liberté qui n’ont pas cédé face à la barbarie des mollahs.

« Je m’appelle Massoud Abouie-Rad. Je suis un ancien prisonnier politique qui a passé huit ans dans les prisons d’Evine, Gohardasht, Ghezelhesar, Babol, Sari et du Comité Mochtarak.

Mon frère aîné, Mehdi, prisonnier politique sous le régime du Shah, a été exécuté le 9 août 1981 par le régime criminel clérical qui a également exécuté deux de mes sœurs.

Concernant le massacre de 1988 : nous avons été transférés à l’isolement le 19 juillet 1988 et il était clair que quelque chose se préparait. J’étais avec Reza Shemirani et Amir Abdollahi dans une cellule. Le 28 juillet 1988, Amir est convoqué. Quand il est revenu à 23 heures, il nous a dit qu’ils avaient été jugés.

« Nous étions 78 personnes et ils nous ont tous condamnés à la peine de mort ils veulent exécuter tout le monde », a-t-il dit. Il m’a chuchoté ces mots à l’oreille lorsqu’ils l’ont autorisé à revenir dans la cellule et à récupérer ses affaires.

Sur la base de ces informations et d’autres indications, nous avons estimé que nous étions face à une délégation appelée « commission de la mort », qui s’apparentait plus à un procès kangourou et le régime l’appelait « commission d’amnistie ». Elle était chargée de sceller le sort de tous les prisonniers.

C’est-à-dire qu’après l’échec du processus engagé pour briser la volonté les prisonniers politiques et pour qu’ils se repentent, les autorités islamistes ont décidé de massacrer les prisonniers politiques et ont opté pour la solution finale ; un véritable génocide.

J’ai été convoqué à la commission de la mort fin juillet 1988. Jusque-là, je ne connaissais pas la composition de la commission. Quand je suis entré, j’ai vu Mojataba Halvaï, un tortionnaire, le directeur Seyed Majid, un autre sbire qui est devenu plus tard le représentant du ministère du Renseignement dans la prison d’Evine, et le mollah Ebrahim Raïssi.

Raïssi avait rapidement gravi les échelons en prouvant sa loyauté envers le régime, il est donc devenu le principal membre de la commission de la mort. Raïssi ne portait pas de vêtements officiel, bien qu’il fût alors procureur adjoint. À sa droite était assis le procureur du régime, Eshraqi et devant lui étaient assis Nayeri, un juge de la charia, et Pourmohammadi.

Nayeri a fait référence à ma moustache et a dit, vous êtes un hypocrite, voulant dire que je suis de l’OMPI. Il voulait prouver de cette manière que je tenais toujours mes convictions car, sur la base de la fatwa de Khomeiny, cette commission de quatre membres était chargée d’identifier les prisonniers aptes à être exécuté.

Raïssi est entré dans la discussion et, en lisant mon dossier à haute voix, a dit à Nayerri : «sa famille est affiliée à l’OMPI. Son père est un clerc banni et est maintenant emprisonné. Sa mère, ses sœurs, ses frères sont tous en prison. » Il voulait ainsi renforcer ma condamnation à mort.

J’ai vu mes compagnons de cellule faire face à cette commission de mort un par un et tous ont été exécutés plus tard. Ce criminel devrait tous être jugé pour avoir commis un génocide et ne devrait occuper le poste de président. »

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