mardi, février 23, 2021
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Iran : il ne faut pas céder aux prétentions de modération dans les derniers mois du mandat de Rohani

Pas plus tard que la semaine dernière, le régime iranien a pris deux mesures provocatrices pratiquement simultanées en reprenant l’enrichissement de l’uranium à 20 % de pureté fissile et en saisissant également un chimiquier sud-coréen dans une tentative apparente d’extorquer à ce pays sept milliards de dollars qui sont actuellement gelés conformément aux sanctions américaines.

Le désintérêt de Téhéran pour les relations de coopération avec les puissances étrangères ne pourrait être plus clair. Pourtant, de nombreux dirigeants occidentaux continuent de faire pression pour des politiques destinées à faciliter cette coopération, notamment par la négociation avec les « « modérés » qui sont censés être à la tête de l’exécutif du régime. En ce sens, ils reprennent des sujets de discussion qui ont été largement utilisés depuis l’élection de l’actuel président iranien, Hassan Rohani, en 2013, mais qui remontent en fait aux premiers jours du régime des mollahs.

Pour les décideurs politiques occidentaux, Téhéran est souvent l’objet de fantasmes sur une transition vers la modération grâce à des échanges et des négociations qui servent aussi, comme par hasard, les intérêts économiques européens et américains.

Ce fantasme a été mis en scène avec en toile de fond les pires crimes des mollahs. En 1988, lorsque les « commissions de la mort » dans les prisons de tout le pays ont exécuté 30 000 prisonniers politiques, les médias occidentaux diffusaient des articles insistant sur la montée des réformes sociales en Iran parce que, par exemple, l’ayatollah avait annoncé que la population serait autorisée à jouer aux échecs en public.

Cette erreur n’a jamais été corrigée, et en ce qui concerne la politique occidentale dominante, le massacre de 1988 a été largement balayé sous le tapis. Il n’est donc pas surprenant que la communauté internationale ait également passé sous silence des crimes moins graves ces dernières années, alors que Téhéran était censé traverser une période de réforme provoquée par l’élection de Rohani.

Combien de décideurs politiques occidentaux – et combien de leurs électeurs – sont conscients du fait qu’en novembre 2019, les forces de sécurité iraniennes ont massacré plus de 1 500 manifestants sans défense lors d’un soulèvement de masse au cours duquel l’opinion publique a exigé des réformes économiques et le renversement du régime théocratique dans son ensemble ? Combien de ces décideurs politiques ont commodément négligé ce fait parce qu’il contredit leur récit d’un Iran où au moins une puissante faction est toujours ouverte à la négociation et aux conseils de la communauté internationale concernant les droits humains, les principes démocratiques et la conduite régionale ?

Il devrait être facile de reconnaître comment ce récit met le peuple iranien en grand danger à la suite de soulèvements nationaux et au cœur d’une épidémie de Coronavirus qui a été si mal gérée qu’elle a tué plus de 203 000 personnes dans un pays de 82 millions d’habitants. Ce chiffre, rapporté par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), est environ quatre fois plus élevé que les derniers chiffres publiés par le ministère iranien de la Santé. Un tel manque de transparence, dans une crise aussi grave, n’est pas le signe d’un régime qui est sur le point de se réformer.

Avec ce genre de mensonges destructeurs qui circulent en Iran, l’Occident ne devrait pas avoir envie de prendre au sérieux tout ce que Téhéran dit sur la scène internationale. Le régime promet de se conformer à nouveau à l’accord nucléaire si et seulement si les États-Unis suspendent les sanctions et présentent des excuses pour les politiques de l’administration précédente. Cette promesse, aussi insultante soit-elle, est également dénuée de valeur. Ni les États-Unis ni les Européens ne devraient daigner en tenir compte.

Malheureusement, les réponses récentes et timides aux ultimatums nucléaires de Téhéran et la saisie du pétrolier indiquent que l’on peut s’attendre à ce que de nombreux Européens continuent à conseiller à la nouvelle administration américaine de conclure un accord avec Rohani avant que son administration soi-disant modérée ne prenne fin. Qui plus est, cette pression sera certainement amplifiée par les lobbies pro-iraniens aux États-Unis, comme le Conseil national irano-américain (NIAC).

Cette organisation a une longue histoire de lobbying pour le régime, mais elle l’a toujours fait au service de mensonges concernant une différence entre les radicaux et les modérés à la tête des institutions iraniennes. Dans le but de préserver l’économie iranienne et d’alléger la pression sur la dictature théocratique, le NIAC a toujours défendu l’idée que des réformes à grande échelle pourraient être à portée de main à Téhéran, si seulement la communauté internationale faisait des concessions suffisantes.

En réalité, ces concessions ne feraient qu’encourager davantage le même comportement malveillant qui s’est manifesté de façon si évidente ces dernières semaines. Mais des entités comme le NIAC ne manqueront pas de défendre ces concessions dans la période relativement étroite qui s’écoulera entre maintenant et le moment où Rohani quittera le pouvoir. Il faut au contraire augmenter les pressions sur un régime qui est fondamentalement incapable de se irréformable.

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