jeudi, août 5, 2021
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Iran : Les appels pour traduire en justice le bourreau Raïssi

Le 19 juin, le simulacre d’élection présidentielle en Iran a eu lieu. Le Guide Suprême du régime, Ali Khamenei, a sorti Ebrahim Raïssi vainqueur des urnes. De nombreuses organisations et défenseurs des droits humains n’ont pas tardé à condamner le choix de Raïssi et à demander qu’il soit poursuivi en justice.

Amnesty International a publié le 19 juin un communiqué de presse sur la présidence de Raïssi. Agnès Callamard, Secrétaire générale d’Amnesty International, a déclaré que la présidence de Raïssi faisait partie d’une « impunité systématique en Iran » sous le régime des mollahs, et a déclaré :

« Le fait qu’Ebrahim Raïssi se soit hissé à la magistrature suprême au lieu de faire l’objet d’une enquête pour les crimes contre l’humanité que sont les meurtres, les disparitions forcées et la torture, nous rappelle de manière sinistre que l’impunité règne en maître en Iran. En 2018, notre organisation a documenté la façon dont Ebrahim Raïssi avait été membre de la « commission de la mort », qui a fait disparaître de force et exécuté de façon extrajudiciaire en secret des milliers de dissidents politiques dans les prisons d’Evin et de Gohardacht, près de Téhéran, en 1988. Les circonstances entourant le sort des victimes et l’endroit où se trouvent leurs corps sont, à ce jour, systématiquement dissimulées par les autorités iraniennes, ce qui constitue un crime permanent contre l’humanité. »

Raïssi est l’homme de main sinistre du massacre de plus de 30 000 prisonniers politiques en 1988. Il a également été le chef du pouvoir judiciaire du régime de 2019 à 2021. Pendant que Raïssi était chef du pouvoir judiciaire iranien, près de 700 personnes ont été exécutées, dont 22 prisonniers politiques. Les manifestants détenus de deux soulèvements nationaux en 2018 et 2019 en Iran ont été violemment torturés et ont reçu de longues peines de prison.

« En tant que chef du pouvoir judiciaire iranien, Ebrahim Raïssi a présidé à une répression en spirale des droits humains qui a vu des centaines de dissidents pacifiques, de défenseurs des droits humains et de membres de groupes minoritaires persécutés être détenus arbitrairement. Sous sa direction, le pouvoir judiciaire a également accordé une impunité générale aux responsables gouvernementaux et aux forces de sécurité responsables du meurtre illégal de centaines d’hommes, de femmes et d’enfants et de l’arrestation massive de milliers de manifestants et de la disparition forcée de centaines d’entre eux, ainsi que de la torture et d’autres mauvais traitements pendant et après les manifestations nationales de novembre 2019« , peut-on lire dans la déclaration de Mme Callamard.

En septembre 2020, sept experts des Nations unies, ont publié une lettre qu’ils avaient soumise à Téhéran plus tôt cette année, demandant des enquêtes sur le massacre de 1988. Ils ont souligné que le massacre de 1988 « peut être assimilé à des crimes contre l’Humanité » et ont souligné que si le régime refusait d’enquêter sur le massacre, la communauté internationale devait agir.

Dans sa récente déclaration, Mme Callamard a souligné la nécessité d’obliger Raïssi à répondre de ses crimes.

« Il est plus urgent que jamais que les États membres du Conseil des droits de l’homme des Nations unies prennent des mesures concrètes pour remédier à la crise de l’impunité systématique en Iran, notamment en mettant en place un mécanisme impartial chargé de recueillir et d’analyser les preuves des crimes les plus graves au regard du droit international commis en Iran, afin de faciliter l’ouverture de procédures pénales équitables et indépendantes. »

L’amplification des appels, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran, pour que Raïssi soit tenu responsable du massacre de 1988, résulte du « Mouvement de recherche de la justice » pour les victimes de 1988.

Outre Amnesty International, plusieurs autres organisations et défenseurs des droits humains ont demandé que Raïssi soit tenu pour responsable.

« Il est inquiétant que le président élu n’ait pas jusqu’à présent clarifié son propre passé ni pris clairement ses distances par rapport aux violations des droits humains. Les droits de l’homme ne sont pas négociables, et l’Iran s’est engagé au niveau international à les respecter« , a écrit sur Twitter Bärbel Kofler, commissaire aux Droits de l’Homme du gouvernement allemand.

De nombreux médias internationaux ont évoqué le rôle de Raïssi dans le massacre de 1988.

« En 1988, Raïssi a facilité l’exécution extrajudiciaire de milliers de dissidents. Plus tard, il a qualifié ce massacre de « l’une des fières réalisations du système« , a écrit le Wall Street Journal le 19 juin.

Le peuple iranien a boycotté le simulacre d’élection organisé par le régime. Des organisations comme Amnesty International ont demandé que Raïssi soit tenu pour responsable. La communauté internationale est donc confrontée à un choix : poursuivre le dialogue avec un régime illégitime représenté par un criminel comme Raïssi ou demander au régime de rendre des comptes pour quatre décennies de terrorisme et de violations des droits humains.

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