mercredi, janvier 26, 2022
AccueilActualitésActualités: Droits humainsIran : l'UE doit appliquer la loi Magnitski pour le rôle d'Ebrahim...

Iran : l’UE doit appliquer la loi Magnitski pour le rôle d’Ebrahim Raïssi dans le massacre de 1988

Raisi, Butcher of 1988 Massacre in Iran

Raïssi, boucher du massacre de 1988 en Iran

Lundi, trois condamnations à mort ont été exécutées dans un établissement pénitentiaire en Iran. Au cours des dix derniers jours, au moins 15 autres personnes ont été pendues dans différentes prisons, établissant ainsi un rythme d’exécutions qui ne manquera pas de se poursuivre, voire de s’accélérer après l’investiture cette semaine du président du régime Ebrahim Raïssi.

Le nouveau président a précédemment servi à partir de mars 2019 à la tête du pouvoir judiciaire du régime iranien. Dans ce rôle, il a supervisé une expansion notable de l’utilisation de la peine de mort par un régime qui était déjà connu pour avoir le taux annuel d’exécutions par habitant le plus élevé au monde.

Entre autres choses, le pouvoir judiciaire sous la direction de Raïssi a procédé à sa première exécution depuis des années pour une personne accusée uniquement d’avoir bu de l’alcool. À la suite d’un soulèvement populaire en novembre 2019, il a également lancé une campagne de torture systématique pendant des mois, à la suite d’une répression qui a fait environ 1 500 manifestants pacifiques tués.

Par cette répression, Raïssi a considérablement aggravé l’héritage qu’il s’était créé en 1988 lorsqu’il a assumé avec zèle un rôle de premier plan dans le massacre de prisonniers politiques résultant d’une fatwa du fondateur du régime Rouhollah Khomeini.

Cet édit religieux visait particulièrement l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et déclarait que l’appartenance à un groupe qui s’opposait à la dictature théocratique était une preuve d' »inimitié contre Dieu », pour laquelle une personne devrait être exécutée sans pitié.

Iran: A Fatwa Which Took the Life of 30,000 Political Prisoners in 1988 Massacre

En plus d’embrasser ce notion à l’époque, Raïssi a continué à le défendre ces dernières années, même s’il est devenu de plus en plus clair que lui et d’autres membres des «commissions de la mort » avaient exécuté plus de 30 000 condamnations à mort en seulement trois mois.

Dans de nombreux cas, ces peines résultaient de séances d’interrogatoire qui n’ont duré que deux minutes. La plupart des victimes étaient des prisonniers politiques qui avaient déjà purgé les peines de prison imposées avant la fatwa.

Ce genre de mépris pour les propres lois du régime iranien est depuis lors une caractéristique récurrente des efforts du régime pour réprimer la dissidence. Pendant le mandat de Raïssi en tant que chef de la magistrature, le guide suprême du régime, Ali Khamenei, a unilatéralement et arbitrairement étendu l’autorité du chef judiciaire adjoint Gholamhossein Mohseni Ejei, lui conférant le pouvoir d’infliger des peines capitales aux côtés de son supérieur hiérarchique.

Il ne fait aucun doute que cela a contribué à accélérer le rythme des exécutions au cours des deux dernières années, ainsi qu’à préparer Ejei à assumer le rôle de plus haut juge iranien une fois qu’il a été promu pour remplacer Raïssi.

De droite Ebrahim Raïssi, Gholam Hossein Mohseni Ejei et Hossein Ali Nayeri

Après avoir été le représentant du pouvoir judiciaire auprès du ministère du Renseignement entre 1985 et 1988, Ejei a également joué un rôle dans le massacre de prisonniers politiques, ainsi que dans la préparation du terrain pour une répression à long terme de la dissidence.

Au cours des années suivantes, il a aidé à orchestrer les assassinats d’intellectuels et de dissidents iraniens connus sous le nom de « meurtres en chaîne ». En 2009, lui et Raïssi ont promu la répression violente des manifestations de 2009, et Ejei a été récompansé l’année suivante pour son rôle.

Dans l’état actuel des choses, Ejei et Raïssi sont tous deux soumis à des sanctions pour différentes violations des droits humains, mais leur leadership dans le gouvernement iranien et des forces de l’ordre montre clairement que les mesures existantes sont loin d’être suffisantes pour empêcher que de telles violations ne se reproduisent. Au minimum, la peine de mort continuera d’être utilisée comme une forme de punition disproportionnée et d’intimidation violente des dissidents.

Et avec de plus en plus de dissidents participant à des manifestations publiques à grande échelle, comme celles qui ont récemment éclaté à la suite des manifestations contre la pénurie d’eau dans la province du Khouzestan, il va de soi que Raïssi et Ejei se pencheront également sur la répression de 2019 et peut-être celle du massacre de 1988 comme guides sur la façon de gérer les troubles croissants.

La communauté internationale doit prendre des mesures pour empêcher cela. À cette fin, il faut commencer par le début à savoir le massacre de 1988 et les carrières des principaux responsables iraniens. Depuis des années, les critiques du régime iranien réclament une enquête internationale officielle sur ce massacre, qui pourrait aboutir au dépôt d’accusations contre les principaux participants à la Cour pénale internationale.

L' »élection » de Raïssi et la promotion ultérieure d’Ejei rendent une telle enquête plus impérative que jamais, mais malheureusement, cela n’a pas été la politique de l’UE jusqu’à présent. Au contraire, le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, envoie son adjoint, Enrique Mora, assister à l’investiture de Raïssi, l’approuvant ainsi implicitement.

C’est une insulte au peuple iranien, et comme le dit la déclaration du CNRI, « Légitimer la présidence d’un individu avec un long passé de génocide et de crimes contre l’humanité, est une parodie de la démocratie et des principes universels des droits de l’homme qui sous-tendent l’émergence de l’Union européenne et pour lesquels des dizaines de millions de personnes sont mortes en Europe au XXe siècle.

Et, comme l’a tweeté le Comité international en quête de justice (ISJ), « Au lieu d’envoyer Enrique Mora en Iran pour assister à l’inauguration de Raïssi, les dirigeants de l’UE doivent appliquer la loi Magnitski pour son rôle dans le massacre de 1988. La participation à cette fichue cérémonie encouragera Raïssi à demander plus dans l’accord nucléaire. Cela n’adoucira pas un meurtrier de masse.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe