jeudi, janvier 20, 2022
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Troisième session du procès de Hamid Noury et ses continuelles propos contradictoires

Troisième session du procès de Hamid Noury et ses continuelles propos contradictoires

Vendredi a marqué la troisième session d’audience de Hamid Noury, un ancien responsable pénitentiaire iranien impliqué dans le massacre de prisonniers politiques en 1988. Noury a été arrêté en 2019 en Suède et son procès a commencé début 2021.

Le lieu du procès a été transféré de la Suède vers Albanie la semaine dernière, où vivent les membres de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI). Les membres de l’OMPI formaient la majorité des plus de 30 000 prisonniers politiques qui ont été pendus en 1988. Sept membres de l’OMPI, tous survivants du massacre de 1988, ont partagé des récits poignants des atrocités commises par le régime iranien, notamment les crimes de Noury, dans les prisons iraniennes.

Au cours de la session de vendredi, le procureur a interrogé Hamid Noury, connu sous le nom de Hamid Abbasi parmi les prisonniers. Noury a refusé de répondre clairement aux questions. Il a reconnu par inadvertance certains crimes commis dans les prisons de Gohardacht et d’Evine, notamment l’extorsion d’aveux forcés aux prisonniers.

Répondant au procureur au sujet de son séjour dans la prison de Gohardacht, il a déclaré qu’une fois entré dans la prison, il a découvert qu’il y avait également une personne nommée Hamid, qui était également connue sous le nom d’Abbasi. Il s’agissait d’une tentative désespérée et ratée puisque des dizaines de témoins l’ont identifié comme étant Hamid Abbasi, un tortionnaire dans les prisons du régime.

En réponse à une question du procureur sur le transfert de plus de 200 prisonniers d’Evine à Gohardacht au début de 1988, Noury a nié être au courant de cet incident. Comme l’a souligné le procureur, Noury avait précédemment avoué qu’il travaillait à la prison de Gohardacht à cette époque.

Depuis le début de son audience, Noury a passé son temps pour répéter les allégations sans fondement du régime des mollahs contre l’OMPI, qui est le principal groupe d’opposition en Iran. Les propos de Noury indiquent également que toutes les allégations, parfois reprises par les médias occidentaux, sont des clichés fabriqués par une seule source : Téhéran.

Vendredi, Noury a affirmé que les membres de l’OMPI à Achraf 3, en Albanie, sont des « prisonniers », et que l’OMPI est une « secte ». Ces affirmations absurdes ont été répétées par Téhéran et son réseau de journalistes et de lobbies « amis ».

Il est intéressant de noter que jeudi, Noury a reconnu que le nom de l’OMPI est une ligne rouge en Iran. « Quand vous voulez que je dise Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran, vous me mettez en difficulté », a déclaré Noury au procureur qui lui a demandé d’utiliser le nom complet de l’OMPI au lieu d’appeler l’organisation « Monafeghin ». Monafeghin est un terme utilisé uniquement par les responsables du régime à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran pour désigner les membres de l’OMPI.

A plusieurs reprises, Noury a reconnu ses crimes dans les prisons iraniennes. Vendredi, il a reconnu avoir extorqué des aveux forcés à des prisonniers. Il a également reconnu que le régime avait procédé à la saisie des maisons des proches des prisonniers une fois que ceux-ci avaient quitté l’Iran.

Mardi, Noury a également reconnu qu’il était impliqué dans les crimes commis par le régime dans les années 1980, notamment les meurtres de la minorité kurde et des membres de l’OMPI.  Il a également affirmé sans ambages que le massacre de 1988 était une « histoire inventée et non documentée » et une « pièce ridicule ».

Noury est même allé jusqu’à affirmer que les effets personnels des victimes que leurs familles ont montrés à la cour sont faux. Il a ainsi insulté les familles des victimes et ajouté à leur douleur. Le revers de la médaille de son attaque contre l’OMPI est son soutien au régime et à ses dirigeants criminels, comme Ebrahim Raïssi, l’actuel président du régime, et Qassem Soleimani, le commandant assassiné de la force Qods affiliée aux pasdaran.

Il semble que Noury ait confondu le tribunal en Suède avec le tribunal et les prisons en Iran sous le régime des mollahs. Au lieu de répondre aux questions sur ses crimes, il régurgite la propagande du régime contre l’OMPI.

Lors des séances du procès en Albanie, les membres de l’OMPI ont fait la lumière sur le casier judiciaire de Noury, ainsi que sur les atrocités qui se déroulent dans les prisons iraniennes.

« En mars 1988, un groupe de prisonniers a été transféré de Kermanchah à Gohardacht. Nous ne savions pas pourquoi les autorités les avaient transférés, mais nous avons découvert plus tard que cela faisait partie du plan de classification des prisonniers, un plan qui avait été exécuté par Davoud Lashgari, Nasserian [Mohammad Moghiseh] et Hamid Abbasi [Noury] en février 1988 », a témoigné Mahmoud Royaei, membre de l’OMPI, lors du procès de Noury en Albanie.

Les propos de Noury et sa défense flagrante de criminels comme Raïssi témoignent d’une culture de l’impunité parmi les initiés du régime. L’incapacité de la communauté internationale à demander des comptes aux auteurs du massacre de 1988 a entraîné une impunité systématique en Iran.

Les dirigeants du régime doivent répondre devant la justice de leurs crimes contre l’humanité, principalement le massacre de 1988 et le meurtre de plus de 1500 manifestants lors du soulèvement de novembre 2019 en Iran. La communauté mondiale devrait mettre fin à l’impunité du régime, ce qui améliorerait certainement la situation générale des Droits Humains en Iran.

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