Dernière mise à jour 11:56:33 AM
  • English
  • French
  • Deutch
  • Italian
  • Arab
  • Spanish
  • Albanian
  • English
  • French
  • Deutch
  • Italian
  • Arab
  • Spanish
  • Albanian

Une enquête sur le massacre de prisonniers politiques en Iran en 1988, plus que nécessaire (Conférence à Genève)

Le vendredi 14 septembre se tenais au Palais des Nations, siège européen de l’ONU, une réunion sur une des plus grandes tragédies de l’après deuxième guerre qui s’est déroulée en Iran. Des juristes et d’experts internationales ce sont penchés sur ce qui est appelé le « massacre des prisons » en Iran et qui a entrainé l’exécution de plus de 30 000 prisonniers politiques dans ce pays.

La conférence qui était organisée au moment où la 36ème session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU est en cours, s’est tenue à l’initiative de plusieurs ONG dont France Liberté-Fondation Danielle Mitterrand, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les Peuples (MRAP), Women’s Human Rights International Association (WHRIA), Nonviolent Radical Party, Transnational and Transparty et International Educational Development (IED).

Pour les organisateurs, le message est clair : l'impunité de Téhéran doit prendre fin. Le manque d'action de l'ONU et de la communauté internationale a jusque-là encouragé le régime iranien dans la poursuite de son comportement méprisant des droits de l’homme.

Les intervenants à cette conférence étaient composés de Rama Yade, ancien secrétaire d'État français aux droits de l'homme; Alfred Zayas, rapporteur spécial des Nations Unies; Tahar Boumedra, ancien directeur du Bureau des droits de l'homme de l'ONU en Iraq (UNAMI) et rapporteur expert de JVMI (Justice pour les victimes du massacre de 1988 en Iran); Kirsty Brimelow, présidente du Comité des droits de l'homme du Bar d'Angleterre et du Pays de Galles; et - Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen (1999-2014) et président du Comité international de recherche de justice (ISJ), Mostafa Naderi ancien prisonnier politique et survivant de ce massacre. Un certain nombre de familles des victimes ont fourni leurs témoignages et ont partagé leurs observations.

Les intervenants ont exhorté les Nations Unies à créer immédiatement une commission indépendante chargée d'enquêter sur le massacre des prisonniers politiques en Iran en 1988 et des responsables de ce crime en justice. Ils ont souligné que cette mesure devrait être adoptée lors de la présente session de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Lors de son intervention, Rama Yade, ancienne secrétaire d'État française aux droits de l'homme a martelé : « les considérations politiques et économiques ne devraient pas être prises en considération. La communauté internationale dispose d'outils viables, y compris des sanctions contre le régime iranien, et devrait les utiliser pour s'assurer que cette enquête se déroule. »

Alejo Vidal-Quadras a déclaré: "L'ONU n'a plus d'excuse pour ne pas sanctionner un comité d'enquête sur le massacre de 1988, lorsque quelque 30 000 prisonniers politiques de MEK ont été massacrés. C'est l'un des pires cas de crime contre l'humanité après la Seconde Guerre mondiale et il n'y a jamais eu d'enquête. Cette impunité des fonctionnaires du régime iranien devrait prendre fin. Il a envoyé le pire message possible au régime iranien et aux coupables du massacre de 1988 ".

Au cours de l'été 1988, quelque 30 000 prisonniers politiques, la majorité des activistes de l'Organisation des Moudjahidine du peuple de l'Iran (PMOI / MEK) ont été massacrés dans un délai de quelques mois sur la base d'une fatwa émise par Rouhollah Khomeiny, le fondateur de la République islamique. Il n'y a jamais eu une enquête internationale indépendante sur le massacre qui, selon plusieurs experts juridiques, constitue l'un des plus grands crimes contre l'humanité depuis la Seconde Guerre mondiale.

Dans son dernier rapport, Asma Jahangir, rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, a soulevé la question du massacre de 1988 et a ainsi rompu le silence de 28 ans de l'ONU sur la question. Elle rappelle : « Au cours des mois de juillet et août 1988, des milliers de prisonniers politiques, d’hommes, de femmes et d’adolescents auraient été exécutés à la suite d’une fatwa émise par le Guide suprême, l’Ayatollah Khomeiny. Les corps des victimes auraient été enterrés dans des tombes anonymes et leurs familles n’ont jamais été informées de ce qu’il leur était arrivé. Ces événements, connus sous le nom de « massacres de 1988 », (…) certains dignitaires religieux et le chef de la magistrature ont admis que des exécutions avaient eu lieu et en ont parfois défendu le bien -fondé " a écrit le rapporteur de l'ONU.

Selon Tahar Boumedra, « maintenant que la rapporteuse spéciale de l'ONU a parlé, il est temps que la procédure spéciale de l'ONU aborde à fond cette question et révèle la vérité aux familles. Les auteurs doivent être pris en compte et la justice doit avoir lieu. (…) les familles des victimes, depuis 28 ans, ont demandé des informations sur leurs proches. Ils doivent savoir s'ils sont vivants ou morts. Si vivants, ils doivent connaître leur allégeance; s'ils sont morts, ils doivent savoir qui les a exécutés. Maintenant que le rapporteur spécial de l'ONU a parlé, il est temps que la procédure spéciale de l'ONU aborde à fond cette question et révèle la vérité aux familles. Les auteurs doivent être pris en compte et la justice doit avoir lieu. "

Mostafa Pourmohammadi, qui a été ministre de la justice pendant le premier mandat d’Hassan Rohani, est l'un des quatre membres de la « commission de la mort » de Téhéran qui a déterminé quels prisonniers politiques seraient exécutés au cours de l'été 1988. Lorsque Rohani a constitué son deuxième gouvernement, Pourmohammadi a été remplacé par l'un des principaux coupables du massacre de 1988 dans la province méridionale du Khouzestan. Le nouveau ministre de la Justice, Alireza Avaï, a déjà été sanctionnée par l'Union européenne pour avoir participé directement aux violations des droits de l'homme. Certains des plus hauts fonctionnaires du régime, des deux factions, ont été impliqués dans le massacre.

Les orateurs ont souligné que le massacre de 1988 démontre qu'aucune des factions du régime ne peut se distancer de ce crime.

© 2018 Copyright CNRI - Conseil National de la Résistance Iranienne - Tous droits réservés