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Les Iraniens sont les champions du monde de la peine de mort (Daniel Jacoby)

CNRI – « je pense qu’un jour les responsables de ces horribles massacres devront répondre de leur crime devant une cour pénale internationale. Ça prendra du temps, mais ça aura lieu je vous l’assure. Ce ne sont pas les bourreaux masqués qui payeront, c’est les dirigeants qui ont organisé la terreur », a déclaré Daniel Jacoby, ancien président de la FIDH,qui intervenait lors d’une conférence sur la peine de mort en Iran, à la Maison de la Chimie à Paris le 5 octobre, à l’initiative du Comité français contre les exécutions en Iran.

Il était entouré de juristes et de défenseurs des droits de l’homme, comme le Bâtonnier Gilles Paruelle, le député maire de Montreuil Jean-Pierre Brard, le Dr Saleh Radjavi représentant du CNRI en France, Patrick Baudouin, président d'honneur  de la FIDH, Mgr Jacques Gaillot, Pierre Bercis, président des Nouveaux Droits de l’Homme, Mme Anissa Boumediene,  écrivain et islamologue, et Me Reza  Rohani, président de la commission des Minorités au CNRI.

Voici un extrait de son intervention :

Je vais essayer d’être le moins pessimiste possible. Je vais d’abord parler d’une expérience. Quand la FIDH s’est créée en 1924, les joyeux utopistes qui ont constitué cette organisation, qui était d’une part un Allemand, on venait de se faire la guerre, et d’autre part un Français. Ce qu’ils ont mis en avant, c’est qu’il fallait créer une cour pénale internationale en 1924, tout le monde a ri.  Et moi-même quand j’étais président de la fédération internationale, à la fin de réunion comme la nôtre, je disais : « bientôt il y aura une cour pénale internationale, nous y croyons ». Tout le monde souriait encore. C’était dans les années 1980. Et finalement il y a eu une cour pénale internationale, et que fait-elle ? Est-ce qu’elle a empêché le génocide au Rwanda ? Non.

Est-ce qu’elle a empêcher le drame qui se passe aujourd’hui en Iran? L’Iran qui est devenu le pays où l’on exécute le plus par rapport aux autres pays qui ont dans leur législation la peine de mort. Par habitant naturellement. Si on fait un calcul, les Iraniens sont les champions du monde de la peine de mort, plus que les Chinois, plus que les Américains. C'est dire la gravité et l’énormité du problème. Et cependant avec cet optimisme irréfléchi, je pense qu’un jour les responsables de ces horribles massacres devront répondre de leur crime devant une cour pénale internationale. Ça prendra du temps, mais ça aura lieu je vous l’assure. Ce ne sont pas les bourreaux masqués qui payeront, c’est les dirigeants qui ont organisé la terreur, car ce n’est pas simplement, vous l’avez vu, la peine de mort, c’est la peine de mort avec des traitements cruel inhumains ou dégradants (…) Là en plus de la peine de mort qui est en soi un traitement inhumain, s’ajoute ce que vous avez vu, un raffinement dans la cruauté, avec des exécutions publiques, des exécutions d’enfants retransmises par les télévisions. Est-ce qu’il y a encore des pays dans le monde cette audace-là, même les Chinois ne le font pas. Je dis cela parce que les images que nous avons vues sont absolument horribles et presque insupportables.

Il faudrait cependant que les télévisions des pays occidentaux diffusent des films comme celui que nous avons vu, qu’il y ait ce mouvement de révolte de l’opinion publique internationale, car je crois plus qu’à l’action des dirigeants, je crois  à l’action de l’opinion publique internationale, c’est-à-dire, vous et moi, tout le monde.

Vous savez pendant des années on a cru que finalement le régime franquiste était indéracinable, et puis il est tombé. Que le régime portugais allait continuer encore pendant des années, et puis il est tombé. Et même au Rwanda qui est une abomination, un génocide, au Rwanda la justice internationale est tombée.

Alors je suis optimiste, pardonnez-moi, je suis optimiste pour votre pays, car je suis persuadé que ces ignominies cesseront obligatoirement à un moment ou à un autre et que ce qui les fera cesser ce ne sera pas l’action des gouvernements, mais que ce sera l’action de vous, de l’opinion publique internationale. Il y aura forcément à un moment ou à un autre une réaction devant cette brutalité, cette inhumanité et cela fera tomber, pas comme par miracle, mais cela fera tomber le régime des mollahs. Et ceux qui seront jugés ce ne seront pas les bourreaux avec leurs masques comme vous l’avez vu sur ces images ces jeunes gens qui sourient à coté d’hommes masqués, pourquoi sont-ils masqués au fait, pourquoi? Pour ne pas être reconnus. Ils ont déjà peur du châtiment.

Alors c’est cela que je voulais vous dire en étant très humble devant ce que nous voyons, ce sera le meilleur moyen je crois de changer les choses, il faut que des films comme celui là soit diffusés, il faut que des réunions comme celle qui est tenue aujourd’hui, se tienne dans une grande salle avec le maximum de gens. Il faut que le monde soit informé car il ne le sait pas. Quand on parle de la peine de mort, on pense aux Etats-Unis. J’ai assisté à une peine de mort aux Etats-Unis. J’ai été dans une prison voir un ami qui allait être exécuté, je sais ce qui se passe.

J’ai connu la peine de mort en France; pendant la guerre d’Algérie j’étais à Alger.  J’ai vu à l’époque des condamnés à mort c’était aussi une ignominie. C’était la France. Les gens condamnés à la peine de mort portaient des boulets aux pieds, ça existait. Je me rappelle ce garçon que j’ai vu et que j’ai embrassé. C’était la guerre d’Algérie, certes, mais il avait été condamné à mort pour un crime, qui  a été reconnu après son exécution, commis par un autre. Pour vous dire à comment les choses se passaient dans notre France éternelle, la France de la guerre d’Algérie.

Donc ces crimes d’Etat finissent par tomber. Et ceux qui au plus haut les ont commis payent. Pinochet a payé. Les dictateurs d’Amérique latine ont payé. Pas tous, on les recherche. Hélas tous les bourreaux nazis n’ont pas payé. On ne les a pas trouvé tous et croyait bien qu’on les a recherchés. Mais on sait quoi penser des nazis. On sait ce qui s’est passé au Rwanda. Et il existe, c’est merveilleux, une cour pénale internationale, une justice internationale, c’est un progrès considérable. Ce n’est pas uniquement utopique c’est très lent, c’est très lourd. On voit ça de loin. Mais en Yougoslavie il y a eu des jugements et y continue d’y en avoir. Cette justice là est encore plus lente que notre justice pénale. Je suis convaincue que les mollahs qui dirigent l’Iran et qui sont responsables de ces abominations payeront. C’est ce que je pense  profondément et c’et pour cela que je suis ici, pour vous le dire, pour vous réconforter.

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