jeudi, juillet 29, 2021
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Les causes et perspectives de la crise économique iranienne

Concernant la crise économique iranienne, de nombreux apologistes du régime ou ceux qui ne sont pas au courant de la corruption institutionnalisée des mollahs, accusent les sanctions internationales. Cependant, les faits et les chiffres, reconnus par les responsables même du régime et les médias d’État qui s’entre déchirent dans les luttes intestines entre factions, montrent à quel point le régime a dévasté l’économie iranienne.

«Le prix de la volaille, qui est devenue l’un des besoins vitaux du panier alimentaire du peuple iranien, a augmenté considérablement. Le prix de la volaille a flambé dans le ciel de la cherté malgré les promesses des responsables gouvernementaux. Aujourd’hui, le prix [de la volaille] a augmenté de 4500 tomans. Cette augmentation a fait passer le prix de la volaille de 20 400 à 24 900 tomans. Cette flambée des prix a pris une autre forme sur le marché libre et au lieu de résoudre la crise de la distribution de la volaille, il a aggravé la situation », a écrit vendredi le site du Club des jeunes journalistes, géré par l’État.

«Aujourd’hui, la volaille est le produit le plus cher parmi les produits alimentaires. Le prix de la volaille a atteint plus de 40 000 tomans dans la seconde moitié de [l’année perse de 1399]. Après plusieurs semaines de déni et de négligence du ministère de l’Agriculture et du ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce, le gouvernement a finalement pu contrôler le prix dans une certaine mesure en distribuant largement des réserves stratégiques d’aliments pour animaux. Ainsi, le [prix de la volaille] est tombé en dessous de 35 000 tomans, mais ce taux était tout de même plus cher que le prix approuvé », a écrit vendredi Machreq News.

«Selon le dernier rapport du Centre des statistiques iranien, le taux d’inflation pour les douze mois se terminant en mars 2020 pour les ménages du pays a atteint 36,4% . L’inflation point à point des produits alimentaires en février a atteint plus de 60% », a ajouté Mashreq News.

Mais pourquoi cette flambée des prix? «Le ministère de l’Agriculture modifie illégalement le prix approuvé de la volaille pour la quatrième fois. Pendant ce temps, ni le prix des aliments pour animaux et les salaires des [aviculteurs] ni d’autres dépenses n’ont augmenté », ajoute l’article de Mashreq News, citant Mojtaba Tavangar, chef du comité de régulation du marché au parlement du régime.

« Le gouvernement est à l’origine de 95% de la flambée des prix, mais il blâme les guildes et les propriétaires de petites entreprises pour éviter de rendre des comptes », a déclaré le syndicaliste Gholamreza Hassanpour à Mashreq News.

«Actuellement, dans la plupart des provinces du pays, nous sommes confrontés à une pénurie de poulets vivants, ce qui a entraîné une augmentation des prix. Le nombre de poussins au cours du dernier mois et demi était de 95 millions, ce qui n’a pas atteint le quorum, alors qu’il devrait être de 110 millions », avait déclaré Mohammad Ali Kamali, PDG de l’Union nationale des éleveurs de volailles, le 20 novembre 2020.

Pourtant, en avril 2020, des vidéos d’Iran montraient que plus de 16 millions de poulets étaient abattus. Les affiliés du régime, principalement les Gardiens de la révolution (CGRI), dominent l’économie iranienne et profitent de la flambée des prix.

«L’attitude deux poids deux mesures des responsables [dans le traitement des personnes] et leur manque de motivation à l’égard des idéaux [du régime] ont causé la misère dans le pays», a déclaré jeudi Mojtaba Zoulnouri, président de la Commission de sécurité au parlement (agence de presse publique Tasnim.)

Par exemple, Javad Modallal est l’un des affiliés du régime qui domine l’industrie avicole iranienne. Modallal et ses deux fils, Saman et Peyman, ont utilisé leurs relations avec le CGRI pour dominer une grande partie de l’économie du pays. Ils ont une part importante dans différents secteurs industriels comme l’huile végétale, le ciment, l’eau minérale, le thé, la fonte et l’acier.

Outre la corruption institutionnalisée du régime, une autre raison de la flambée des prix est le taux d’inflation. La hausse du taux de liquidité est la raison de la flambée du taux d’inflation. Les mauvaises politiques économiques du régime sont à blâmer pour cette liquidité croissante.

«S’adressant à Negar TV sur les causes de la hausse de l’inflation, Abdol-Nasser Hemmati, le chef de la Banque centrale, a déclaré: Soyons francs avec les gens. En 2019 et 2020, une partie du budget de l’État était financée par les recettes en devises du Fonds national de développement, ou simplement par l’impression de billets de banque, ce qui a entraîné une inflation. Pourtant, en raison de déficits budgétaires, nous ne pouvions rien faire d’autre », a écrit Machreq News le 28 mars 2021.

«Nous avons dit à plusieurs reprises que le gouvernement lui-même rendait taux de change de la devise nationale plus chère, ce qui affecte les moyens de subsistance des gens. Il est à noter que cette augmentation du taux de change est une source de revenus pour le gouvernement et a des conséquences néfastes pour les populations. En d’autres termes, cela crée un déséquilibre dangereux pour les familles et leurs moyens de subsistance. Les conséquences [de cette action] affecteront l’économie du pays pendant des années », a déclaré Hossain Raghfar, un économistes iranien dans un entretien avec l’agence de presse officielle ILNA le 1er mars 2021.

Les crises économiques et sociales ont transformé la société iranienne en une poudrière. Par conséquent, les responsables du régime et les médias d’État craignent un autre soulèvement à l’échelle nationale.

«La société iranienne est aux prises avec des crises. L’entrelacement des crises sociales a rendu la condition de vie difficiles pour la population. Dans une telle société, les gens ne sont pas en mesure de résoudre leurs problèmes à travers les divers institutions sociales, et [cette tendance] risque de provoquer de nombreuses crises sociales dans la société. »

( Machreq, le 22 mars 2021.)

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