mercredi, septembre 22, 2021
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Médias d’Etat : le taux d’inflation réel est de 71% en Iran

Avant la prise de fonction du nouveau président des mollahs, Ebrahim Raïssi, les médias d’État iraniens relèvent la profondeur de la crise économique du pays et ses conséquences « graves » pour l’avenir du régime. Selon les médias officiels iraniens, le taux d’inflation serait de 71%.

« Une étude de l’évolution de l’indice des prix à la consommation au fil des ans et l’enregistrement de taux d’inflation supérieurs à 30 % nous apprend que les ménages du pays perdent en moyenne 20 % de leur pouvoir d’achat chaque année. Les dernières estimations du Centre des statistiques montrent que le taux d’inflation moyen à fin juin atteignait 43% », a écrit le quotidien d’État Jahan-e Sanat, le 3 juillet 2021.

« La comparaison des chiffres montre qu’un petit panier alimentaire est gonflé de plus de 50 % ; sur les 53 produits alimentaires sélectionnés par le Centre des statistiques pour le rapport, 41 avaient des points d’inflation supérieurs à 46,9 %. En mai, 37 articles ont connu une variation de prix de 46,1% de plus que le taux d’inflation ponctuel de ce mois », a écrit dimanche le quotidien public Etemad.

How the mullahs destroyed Iran's economy

Or, le taux d’inflation réel est beaucoup plus élevé. « Certains calculs montrent que le taux d’inflation réel est supérieur aux chiffres annoncés par le Centre des statistiques car les institutions gouvernementales ne prennent pas en compte certaines évolutions réelles du marché dans leurs calculs », a écrit le quotidien Jahan-e Sanat à cet égard.

« Ehsan Soltani fait partie des experts qui estiment que le taux d’inflation réel en juin était de 71%, et ce taux a été calculé en l’adaptant aux réalités du marché. Compte tenu de ce taux, nous concluons que le taux d’inflation annoncé par le Centre des statistiques est inférieur de 28% à l’inflation réelle », ajoute le quotidien Jahan-e Sanat.

Au lieu de résoudre le problème économique de l’Iran, le régime a toujours essayé de cacher la réalité. Le nouveau président du régime n’a aucune solution à la situation actuelle, car tout l’establishment des mollahs qui est à l’origine de la crise actuelle.

« Ces dernières années, le gouvernement a soit minimisé le taux d’inflation, soit tenté de le nier. Ainsi, le nouveau gouvernement héritera de cette inflation et fera face à plus de problèmes. Pourtant, il ne peut pas nier le taux d’inflation car ses répercussions se manifesteront ailleurs », a écrit Jahan-e Sanat, avertissant les responsables du régime des conséquences de leurs actions.

Raïssi a fait de fausses promesses de réforme économique, mais comment pourrait-il les réaliser ? « Raïssi a besoin de ressources durables pour répondre aux attentes de la population et réaliser son plan. Les ressources ont été soit détournées, soit gaspillées avant d’entrer dans le trésor. La question est alors de savoir comment toutes ces promesses peuvent être tenues sans ressources et avec les sanctions ? » a écrit samedi le quotidien d’État Resalat. Resalat est proche de la faction de Raïssi.

Mais, les sanctions sont-elles le principal problème de l’économie iranienne ?
Selon une étude récente de Forbes, « Le nombre de millionnaires en Iran a explosé malgré les souffrances du pays sous les sanctions américaines et la pandémie de Covid-19. »

« En 2020, le nombre de particuliers fortunés (HNWI) en Iran a augmenté de 21,6 %, bien au-dessus de la moyenne mondiale de 6,3 %. La richesse collective de ces millionnaires en dollars a augmenté encore plus rapidement à 24,3 % », ajoute Forbes dans son article du 29 juin.

Ces personnes sont les responsables du régime et leurs proches.

« La question cruciale est de savoir comment, en une année où une grande partie de la société iranienne vit dans la misère et avec une grave inflation, des dizaines de milliers de personnes ont réussi à attirer un capital aussi énorme ? Comment certaines personnes ont-elles pu augmenter leur capital malgré les sévères sanctions américaines ? N’était-ce pas dû aux sanctions, aux détournements de fonds, à l’inflation élevées et à l’anxiété public ? a écrit dimanche le quotidien d’Etat Ebtekar.

« Selon les analyses, le nombre de riches et de détourneurs de fonds a augmenté, alors que la plupart des Iraniens sont confrontés à des problèmes de subsistance. Ces personnes utilisent le cycle de la corruption dans le pays », a écrit le journal officiel Setar-e Sobh, le 4 juillet 2021.

En d’autres termes, le peuple iranien souffre à cause de la corruption institutionnalisée du régime, pas des sanctions. Pour comprendre le niveau de corruption en Iran sous le régime des mollahs, examinons un cas de détournement de fonds.

« 30 % des mines du pays seront vendues sans enchères », a écrit dimanche le quotidien d’Etat Farhikhtegan.

Sanctions or Government Corruption - What is the source of Iran's economic problems

Vidéo : Sanctions ou corruption : Quelle est la source des problèmes économiques de l’Iran?
« Outre le transfert de 6 000 mines, le prochain enjeu est la localisation de nouveaux points pour la zone de libre-échange. Selon les plans cadastraux du ministère de l’Industrie minière et du Commerce, ces nouveaux points couvrent plus de 30% des zones minières du pays. Ces zones devraient rejoindre la zone de libre-échange via un site Web les 4, 5, 6, 7 et 9 juillet, en violation de la loi. Ainsi, plus de 30% des mines iraniennes seront appropriées par les premières personnes qui auront réussi à s’inscrire dans les premières secondes suivant l’ouverture du site », ajoute Farhikhtegan, citant Darioush Ismaili, ancien vice-ministre de l’Industrie, des Mines et du Commerce.

« Lorsque j’étais en charge du ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce, toutes les mesures initiales étaient préparées pour le transfert de ces 13 500 zones minières, et même [le ministre de l’époque] Alireza Razm Hosseini a annoncé la circulaire pour 13 500 zones. On ne sait pas comment 13 500 mines sont devenues 6 000 mines. Il semble que les responsables du ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce aient monopolisé la situation, et en tout cas, ils ont fixé les conditions de telle sorte que ce qu’ils veulent se produise », ajoute Ismaili.

« La négligence des responsables, les détournements de fonds, l’inefficacité du système gouvernemental et la corruption ont causé tant de souffrances et de misère à de nombreux compatriotes. La poursuite de cette situation, en plus de l’augmentation de la pauvreté et de l’impuissance des Iraniens, aura également de graves conséquences sur la sécurité », a prévenu dimanche le quotidien Jahan-e Sanat.

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