samedi, novembre 28, 2020
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Iran : La célèbre prisonnière politique Maryam Monfared s’indigne au sujet de la visite d’ambassadeurs étrangers à la prison d’Evine

Iran : La célèbre prisonnière politique Maryam Monfared s’indigne au sujet de la visite d’ambassadeur étrangers à la prison d’Evine

CNRI – La courageuse prisonnière politique Maryam Akbari Monfared a écrit une lettre aux ambassadeurs des pays étrangers en Iran qui ont visité récemment la prison d’Evine, soulignant les faits qui leur ont été cachés par les autorités pénitentiaires.

Détenue dans diverses prisons depuis des décennies et écoulant actuellement sa huitième année au sein de la prison d’Evin, Akbari Monfared décrit dans sa lettre la situation dans les prisons du régime iranien : « J’ai été témoin de la dévalorisation de l’homme et de l’humanité. » Dans sa lettre, elle attire l’attention sur gardes spéciaux de la prison qui battent les prisonnières à coups de matraque.

Voici un extrait de sa lettre :

A messieurs les honorables ambassadeurs Dian Wirengjuri de l’Indonésie, Mário Fernando Damas Nunes du Portugal, et les autres,

Pour tous ceux dont les cœurs battent pour l’humanité et pour les valeurs qui vont au-delà des frontières géographiques.

Je parle en tant que témoin. Témoin de jours horribles sans fin dans les prisons de Shahre Rey, de Gohardacht et d’Evine, où on peine même à respirer. Des abris métalliques sombres avec de hauts plafonds, sans aucune fenêtre pour permettre l’ensoleillement, remplis de fumée de cigarette, pouvant accueillir chacun 200 détenus ; des environnements bondés et bruyants qui font perdre la raison aux détenus. J’ai été témoin d’une dévalorisation totale de l’homme et de l’humanité.

J’ai vu les yeux enragés des détenues, des femmes battues à coups de matraque par les gardes spéciaux de la prison. J’ai été témoin de bagarres pour la nourriture et le pain dans la salle à manger, qui a été rebaptisée salle de bagarre par les détenus. La nourriture de la prison était en si petite quantité que les détenus affamés étaient contraints de recueillir le résidu d’autres plateaux de nourriture, ainsi que la nourriture qui a été laissée sur le sol, et un peu plus tard, jetant plateaux et chaises, et se bagarrant pour les résidus alimentaires.

J’ai vu de belles filles qui étaient victimes d’une accusation fomentée par le régime, notamment pour « liaison illégitime ». J’ai vu une fille de onze ans qui a été envoyée en exil du centre de correction des enfants à la prison de Gohardacht afin d’être punie ; une fillette de onze ans qui a été accusée d’avoir utilisé des stupéfiants. Maintenant imaginez ce que cette petite fille est censée apprendre parmi beaucoup de détenus trop dangereux.

J’ai vu comment des femmes et des filles étaient enlisées dans la misère, elles n’y pouvaient rien, prêtes à faire tout ce que les gardes de la prison leur demandaient, afin d’être récompensées par un appel téléphonique de 15 minutes ou quelques jours de congé.

Des femmes et des filles dans le couloir de la mort depuis des années qui avaient souvent ressenti la corde suspendue autour de leurs cous. Maintenant imaginez ce que l’on peut ressentir d’être chaque jour en attente de votre mort imminente.

Je parle en tant que témoin ; témoin de beaucoup d’efforts pour déformer la vérité, pour nier les informations des sites web sur la violation flagrante des droits de l’homme dans les prisons iraniennes.

Le transfert d’un certain nombre de détenus vers la cellule de sécurité de la prison d’Evine andis que les honorables ambassadeurs des pays étrangers visitaient la prison le 5 Juillet, est une autre bonne raison montrant la situation déplorable des prisons iraniennes.

Chers ambassadeurs, qui avez été surpris par ce que vous avez vu ! Ce que vous avez vu était un visage maquillé des prisons du régime théocratique. Quand j’ai vu les photos de votre visite dans les journaux, j’ai immédiatement souhaité que ces grands arbres luxuriants à l’ombre desquels vous discutiez, puissent parler et vous dire ce dont ils ont été témoins depuis le temps.

J’ai vu des détenus dans le couloir de la mort au sein de la prison de Shahre Rey, implorer désespérément leurs familles de parler à leurs juges afin que leurs peines de mort soient mise à exécution plus tôt, car ils ne voulaient pas rester en vie en prison.

M. Mohebbi, Directeur général des prisons iraniennes, a déclaré que de nombreux efforts ont été faits dans les prisons afin que les détenus puissent acquérir des compétences telles que l’art de la mosaïque et la coiffure afin d’occuper leur temps libre et de tirer parti de leurs peines de prison.

La question est : alors que les moindres droits de l’homme des détenus ne sont respectés, à quoi sert leur apprentissage de la coiffure et de l’art de la mosaïque ?

Mohebbi avait déclaré que les détenus sont occupés à travailler dans les ateliers de couture et de menuiserie, avec 50 pourcent de leur revenu donné à leurs familles, 25 pourcent leur est donné au cours de leur peine de prison, et les 25 pourcent restants payés à leur sortie de prison. M. Mohebbi a-t-il dit quoique ce soit au sujet de combien les détenus gagnent ?

M. Mohebbi avait dit que les détenus apprennent à différents niveaux au cours de leur peine de prison, complétant ainsi leur formation. Eh bien, il semble donc qu’Evine n’est pas une prison, mais une université !

M. Mohebbi a déclaré que les détenus apprennent à traduire l’Anglais. Alors que les livres en langues étrangères ne sont même pas admis dans la prison car il n’y a pas de traducteur de langues étrangères !

M. Gharibabadi, vice-président du Siège des Affaires internationales et des droits de l’homme du régime, a déclaré que certains pays et médias présentent une image fausse et inexacte des prisons de l’Iran ! Si cela est vrai et qu’il y a une situation merveilleuse dans vos prisons, pourquoi n’avez-vous même pas permis à l’ancien Rapporteur spécial des Nations Unies ‘Ahmad Shaheed’, et à l’actuel, ‘Asma Jahangir’ d’entrer en Iran, encore moins de visiter les prisons ?

M. Gharibabadi a parlé de précieux services de santé dans les prisons. N’était-ce pas dans ces mêmes prisons que M. Mohsen Dogmehchi est tombé malade en raison du manque de soins médicaux et a finalement perdu sa vie si précieuse sans qu’aucun soins ne lui soient prodigués ? N’est-il pas vrai que M. Hoda Saber a perdu sa vie inestimable dans cette même prison d’Evin pour avoir été envoyé trop tard au centre médical ? Pendant que je vous écris cette lettre, ma chère colocataire, Azita Rafeizadeh, mère de Bachir âgé six ans et épouse de Peyman Kushkbaghi qui purge également sa peine de prison dans la prison de Gohardacht, est blessé après avoir cassé son doigt à deux endroits le 6 Juillet. Après trois jours, cependant, elle n’est toujours pas autorisée à être transférée à hôpital pour traitement.

Oui, j‘ai été témoin de moments et de conditions que ma plume n’est pas capable d’accoucher par écrits. J’ai décidé de marcher sur le chemin de la liberté. Et en empruntant cette voie, je suis devenue mutilée de harcèlements, et l’exil. Les transferts ainsi que les interdictions sont devenus partie intégrante de ma vie. J’ai vu le désert des prisons de Gohardacht et d’Evin, où même les plantes ne poussent guère ; des camps de la mort progressif et des non-lieux pour purger votre peine de prison. Je peux encore entendre la dignité humaine y être piétinée.

Je vous transmets une fois de plus le cri des douleurs et des souffrances afin que vous puissiez tenir compte de ma voix. Là où il n’est même pas possible de respirer, vous criez colère de toute la puissante de votre gorge.

Maryam Akbari Monfared
Prison d’Evine

 

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