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L'Europe ne doit pas compter sur un régime instable et faible en Iran

L'Europe ne doit pas compter sur un régime instable et faible en Iran

Le discours ci-dessous est intitulé ‘Les droits de l'homme en Iran’ a été prononcé à Amsterdam, le 25 août 2018 par le  Dr ALejo Vidal-Quadras, ancien vice-président du Parlement européen et président du Comité international pour la recherche de la justice (ISJ), intervenait le 25 août à une conférence internationale à l'occasion de la 30ième anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers poilitques en Iran.

L’évènement exceptionnel s’est tenu en multiplex depuis Auvers sur Oise avec une vingtaine de villes à travers le monde et en présence de milliers de personnes et des dignitaires européens et nord-américains.

Voici le texte de son intervention :

« Je suis très reconnaissant à la communauté iranienne des Pays-Bas d'avoir organisé cet événement à l'occasion du 30e anniversaire du massacre de 1988 en Iran.

Comme on le sait, il y a trente ans, plus de 30.000 prisonniers politiques ont été exécutés en Iran au cours de l'été 1988. De nombreux prisonniers n'ont été interrogés que quelques minutes avant d'être emmenés à la potence et enterrés dans des fosses sans épitaphes. Tout cela selon une fatwa, ou décret, publiée par l'Ayatollah Khomeiny, fondateur du régime des mollahs, toujours au pouvoir et vivant à l'époque.

Comme nous le savons, ce massacre est l'un des pires crimes de l'histoire moderne de l'Iran. Jusqu'à présent, aucun des auteurs de ce crime atroce sanctionné par l'État n'a été arrêté. Au contraire, bon nombre des auteurs connus qui ont même avoué leur rôle dans ce crime ont été récompensés et occupent aujourd'hui des postes ministériels ou de fonctions de haut rang en Iran.

La grande majorité des victimes étaient affiliées au principal groupe d'opposition, l'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI ou MEK). Leur crime est qu'ils sont restés tenaces et ont dit non à Khomeiny.

Il y a deux ans, l'ISJ a publié un rapport après que le fils du grand Ayatollah Montazeri a publié un enregistrement audio qui contenait la conversation de son père avec les auteurs de ce crime qui occupent aujourd'hui encore des positions de premier plan au sein le régime. Cette divulgation, qui accompagne la campagne lancée par Mme Maryam Radjavi pour obtenir justice en faveur des victimes du massacre de 1988, est devenue un signal d'alarme pour la communauté internationale.

Le régime a commencé à détruire certains des sites des fosses communes. Le mois dernier, Amnesty International a lancé une nouvelle campagne d'urgence pour empêcher le régime des mollahs de construire une route au-dessus des fosses communes des prisonniers politiques assassinés dans les années 1980.

En ce qui concerne la situation actuelle des droits de l’homme en Iran, nous n'avons pu examiner que le nombre d'exécutions. Au cours du mandat du soi-disant modéré Hassan Rohani, plus de 3500 personnes ont été exécutées en Iran jusqu'à présent.

Le régime a également réagi violemment aux manifestations et soulèvements nationaux qui ont commencé fin décembre et se sont poursuivis dans différentes villes. Des milliers de personnes ont été arrêtées et plus de 50 ont été tuées dans les rues. Plusieurs parmi eux sont également morts sous la torture en détention.

Le régime a avoué le rôle de l'OMPI dans l'organisation de ces manifestations. En fait, l'OMPI a reconstruit son réseau souterrain à l'intérieur de l'Iran en formant des cellules de protestation composées d'équipes de 2, 3 personnes ou plus. Ils ont été à l'origine d'un grand nombre de manifestations, de rassemblements et de grèves qui ont eu lieu récemment dans tout l'Iran. Ces manifestations organisées ont rendu les mollahs extrêmement inquiets et c'est pour cela qu’ils paniquent.

Le régime a lancé une campagne massive de désinformation contre l'opposition iranienne en utilisant des agents qui se déclarent anciens membres de l'OMPI et qui vont voir des hommes politiques et font de fausses allégations. Certains d'entre eux sont actifs ici aux Pays-Bas.

Il semblerait également que le régime veuille éliminer sa principale opposition par le terrorisme. Récemment, plusieurs Iraniens dont un diplomate ont été arrêtés en Belgique et en Allemagne. Ils essayaient d'attaquer le récent Grand rassemblement annuel de la Résistance iranienne à Paris.

Pas plus tard que la semaine dernière, le Département de la Justice des États-Unis a annoncé que deux Iraniens avaient été arrêtés sur le sol américain pour espionnage contre l'OMPI.

Toutes ces informations nous donnent le message que nous sommes à un tournant. Cela montre que la soi-disant République islamique d'Iran, qui a été la principale source d'exportation du fondamentalisme islamique et du terrorisme, lutte aujourd'hui pour sa survie.

En Europe, nous devrions nous ranger du côté du peuple iranien. La politique actuelle de l'UE et de Mme Mogherini, en fermant les yeux sur les violations des droits de l'homme et la répression des femmes et en se concentrant uniquement sur les affaires et le commerce, est une honte.

Nous devons conditionner nos relations avec l'Iran à l'arrêt des exécutions et à des progrès significatifs en matière de droits de l'homme. Tous les manifestants qui ont été arrêtés doivent être immédiatement libérés. Nous devons rappeler à nos gouvernements européens que l'Iran n'est pas un pays avec lequel il est normal de faire des affaires. Il n'y a pas d'élections libres en Iran. L'Iran est, en effet, une dictature, mais d'un type particulièrement pernicieux. C'est une théocratie totalitaire qui survit par la répression à l'intérieur et l'instigation du terrorisme et des conflits civils à l'extérieur de ses frontières.

Les droits de l'homme doivent être notre ligne directrice et rien d'autre. En tant qu'Européen, j'ai honte de ce que font nos gouvernements et le SEAE. Nous devrions leur dire, contrairement à ce qu'ils pensent, que ce régime est très instable et faible et n'a aucun avenir. Par conséquent, même pour nos intérêts à long terme, nous ne devrions pas compter sur les mollahs et avoir des illusions au sujet de Rohani ou des soi-disant modérés, il n'existe pas de véritables modérés dans cette dictature religieuse. L'avenir appartient à la démocratie et non à ces fanatiques arriérés, brutaux et meurtriers qui oppriment cruellement leur propre peuple et constituent la pire menace pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient et dans le monde entier.

Je vous remercie »

 

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