jeudi, août 5, 2021
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L’élection en Iran à mis en évidence la dynamique de l’opposition en dehors du système politique

Photo : Les gens déchirent les affiches d’Ebrahim Raïssi, le principal candidat à la présidentielle du régime

La parodie présidentielle du régime iranien s’est terminée dans un embarrassement profond pour le régime qui a été boycotté massivement par la population. Il est largement admis que le vote n’est qu’une formalité en Iran et qu’une grande majorité des Iraniens n’y a pas participé.

Au cours des dernières semaines, l’élection présidentielle a été condamnée comme illégitime dans le cadre de diverses manifestations et par divers groupes. Les retraités ont manifesté pour attirer l’attention sur leur difficulté croissante à subvenir à leur besoins basiques ; les ouvriers se sont rassemblés pour réclamer des salaires impayés ; les investisseurs de la classe moyenne ont protesté contre les pertes qu’ils avaient subies à la suite des arnaques des autorités à l’investissement gérée par le gouvernement ; et dans chaque cas, les participants ont été entendus scander des slogans tels que « nous n’avons vu aucune justice ; nous ne voterons plus ».

Les responsables iraniens et les médias d’État ont reconnu le boycott comme le signe de l’influence croissante du mouvement prodémocratie. Leurs avertissements concernant ce fait remontent au début de 2018, qui a marqué le premier d’une série de soulèvements populaires. Le soulèvement comprenait des manifestations dans plus de 100 villes et villages, et il exprimait une demande collective d’éviction de tous les hauts responsables du régime, un rejet à la fois des factions « dures » et « réformistes » de la politique iranienne traditionnelle.

Ce dernier point a été clairement réitéré lors du boycott des élections de février 2020. Bien que le mouvement de boycott actuel trouve certainement ses racines dans le soulèvement de janvier 2018, son ampleur a été considérablement amplifié par la reconnaissance de l’élection de vendredi comme une imposture encore plus grande que les précédentes.

La réputation d’Ebrahim Raïssi a véritablement émergé au cours de l’été 1988, lorsqu’il a été l’une des figures clés de la « commission de la mort » de Téhéran, qui était chargée d’interroger les prisonniers politiques et de déterminer qui parmi eux restait fidèle à l’OMPI et devait être condamné à exécution sommaire. Dans tout le pays, des commissions de la mort similaires ont supervisé l’exécution massive et l’enterrement secret de plus de 30 000 prisonniers politiques. Raïssi à Téhéran était responsable de la majorité d’entre eux.

L’héritage de brutalité de Raïssi a continué d’évoluer depuis lors, tout au long de son mandat en tant que chef de la magistrature. Environ huit mois après avoir occupé ce poste, l’engagement de Raïssi en faveur de la répression violente a été mis à l’épreuve par le déclenchement d’un deuxième soulèvement national. Les manifestations de novembre 2019 ont surgi assez spontanément dans près de 200 villes et communes, et ont immédiatement repris les mêmes expressions de soutien au changement de régime que celles du mouvement de janvier 2018. En réponse, les autorités ont ouvert le feu sur des foules de manifestants, procédé à des arrestations massives et commencé à torturer systématiquement les détenus.

Reuters a finalement confirmé le décompte initial du CNRI de 1 500 morts par balle en quelques jours seulement. Le nombre d’arrestations ultérieures est estimé à environ 12000, et un rapport d’Amnesty International a noté la torture qui en a résulté sur plusieurs mois.

Il ne fait aucun doute que l’intensité de cette répression a été influencée par le fait que les deux soulèvements étaient associés de manière incontestable à l’OMPI– la cible principale des activités des commissions de la mort lors du massacre de 1988. Cela étant, il va de soi que d’autres mesures de répression suivront le boycott électoral dirigé par l’ompi. Un autre soulèvement national beaucoup plus intense et généralisé peut survenir dans mois à venir. Le régime des mollahs est évidemment pris de panique face à cette perspective. Un média lié à la faction politique dure de Khamenei, le Students News Network, a écrit à propos du soutien croissant à l’OMPI : « Il n’est pas clair si nous pouvons arrêter cette tendance même avec des milliers d’actions. » L’article note que bien que Téhéran ait tiré parti des forces de sécurité de l’État, coordonné la propagande et le recrutement d’anciens membres de l’OMPI dans le cadre d’un vaste effort pour perturber l’élan du groupe, et pourtant « cet ennemi opportuniste recrute des jeunes sur un grande échelle ».

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