samedi, novembre 27, 2021
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L’élection présidentielle iranienne de 2021 : Les luttes intestines du régime s’intensifient

Cet article fait partie de nos plusieurs articles couvrant la parodie d’élection présidentielle du régime iranien.

Alors que l’inscription des candidats à la parodie d’élection présidentielle iranienne commence, les querelles entre les factions du régime des mollahs s’intensifient. Chaque faction se bat pour obtenir plus de pouvoir et une part du pillage de la richesse nationale du pays.

Alors que le Conseil des gardiens a fixé de nouveaux critères pour les candidats, la crise interne du régime s’est intensifiée et a atteint un nouveau niveau ces derniers jours.

Le président du régime, Hassan Rouhani, a rejeté ces critères. Jeudi, Abodolreza Rahmani Fazli, ministre iranien de l’Intérieur, a déclaré : « la règle des élections n’a été ni annulée ni modifiée. »

Et ce, alors que le Conseil des gardiens avait annoncé sa nouvelle résolution au ministère de l’Intérieur. Cependant, sur ordre de Rohani, le ministère de l’Intérieur a ignoré le Conseil des gardiens et a enregistré les candidats selon les lois précédentes.

« Les observations d’un journaliste de l’agence de presse Fars basé au siège des élections montrent que l’enregistrement se fait selon les règles précédentes, sans tenir compte des instructions du Conseil des gardiens », a écrit lundi l’agence de presse oficielle Fars.

Par la suite, le 11 mai, Abbasali Kadkhodaie, porte-parole du Conseil des gardiens, a souligné une nouvelle fois que « les inscriptions sans les documents et les critères nécessaires ne sont pas valables et ne seront pas examinées. »

Alors que les querelles entre les factions se multiplient, Rohani a plaidé jeudi auprès de la faction rivale pour que les membres de son acabit puissent participer à cette parodie d’élection. « Le gouvernement croit profondément que l’unité se définit par la participation et non par l’élimination. »

Khamenei a sauté sur l’élimination de la faction rivale et l’unipolarité de son régime dans le cadre de sa politique de contraction en raison des crises intérieures et internationales que connait son régime. Après le grand soulèvement qui a eu lieu en Iran au début de 2017, et en raison de la réticence de la société, Khamenei ne peut même pas accepter les membres de la faction rivale qui se sont activement engagés dans le terrorisme et la répression.

Pourtant, à mesure que les luttes intestines du régime s’intensifient, la position de Khamenei au sein du régime devient incertaine. Khamenei a l’intention de choisir Ebrahim Raïssi, l’actuel chef du pouvoir judiciaire et l’un des principaux responsables du massacre de 1988, afin d’empêcher l’effondrement de son régime.

En même temps, il sait que, dans un contexte où les appels au boycott des élections du régime se multiplient dans tout le pays, l’élimination des candidats de la faction rivale portera préjudice au faible nombre de participants aux affiliés du régime. Or, Khamenei a besoin de légitimer son régime en obtenant un taux de participation élevé. « Un taux de participation plus élevé est primordial et permet d’assurer la sécurité », a souligné Khamenei lundi.

Mais comme l’a reconnu mercredi le quotidien officiel Hamdeli, « les faits montrent qu’une atmosphère froide domine l’élection présidentielle. On peut affirmer sans risque de se tromper que le même [boycott à l’échelle nationale] des onzièmes élections législatives se répétera. »

Les luttes intestines sans précédent du régime avant une élection que Khamenei a qualifiée le 2 mai d' »élection la plus sensible » de l’histoire du régime montrent la profondeur de la crise du régime. Il s’agit de la même crise contre laquelle Khamenei avait mis en garde le 16 décembre 2020 et avait déclaré : « Les responsables ne doivent pas perdre leur unité, [car cela entraînera] une fragmentation [du régime] ».

La principale préoccupation des deux factions est la rétivité de la société et un nouveau soulèvement populaire.

« Savent-ils que leur action crée de larges failles dans le système que l’ennemi utilisera ? Khamenei n’a-t-il pas rappelé le soulèvement de 2009, qui était le résultat de la création d’une faille dans le corps du système pendant l’élection ? », écrivait lundi le quotidien officiel Mostaghel, ajoutant : « N’avons-nous pas assisté à une série de protestations sociales dans le pays au cours des quatre derniers mois, accompagnées de slogans politiques tranchants ? Et ne savons-nous pas que la propagation de ces protestations a des conséquences dangereuses et irréversibles sur la sécurité ? »

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