mercredi, septembre 22, 2021
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D’autres soulèvements sont à l’horizon en Iran

Des manifestations ont éclaté dans la province du Khouzistan, dans le sud-ouest de l’Iran, il y a douze jours. Ces protestations étaient initialement dues aux graves pénuries d’eau dans cette province.

Mais bientôt ces protestations se sont intensifiées et les gens ont commencé à cibler les hauts responsables du régime dans leurs slogans. Ils ont scandé « A bas le dictateur » et «A bas Khamenei », le chef suprême du régime.

Ces manifestations se sont maintenant étendues à une douzaine de villes iraniennes, dont Tabriz et Téhéran, avec des manifestants appelant à un changement de régime. Le régime a arrêté des dizaines de personnes dans différentes villes et selon les Moudjahidine du peuple (OMPI), 12 personnes ont été tuées par les forces de sécurité. Pourtant, les manifestations continuent de s’étendre.

La communauté internationale devrait considérer le 5 août comme la date limite pour un changement de politique envers le régime iranien. C’est le jour où le président des mollahs, Ebrahim Raïssi, se fera introniser. Le personnage ultra est reconnu comme ayant commis des crimes contre l’humanité tout au long de sa carrière, et il est largement prévu que sa direction de l’exécutif coïncidera avec une nouvelle augmentation des comportements néfastes tant au pays qu’à l’étranger.

Les antécédents de Raïssi et ses initiatives présidentielles probables en font un impératif à la fois moral et pratique pour les interlocuteurs étrangers traditionnels du régime de reconsidérer leurs politiques au moment de son investiture.

En premier lieu, la pression sur le nouveau président peut aider à prévenir les types d’abus des droits de l’homme qu’il n’a eu aucun scrupule à utiliser pour réprimer la dissidence et sauvegarder l’emprise du régime des mollahs sur le pouvoir.

De plus, une telle pression contribuerait grandement à remettre en cause l’impunité du régime – une impunité qui a malheureusement été nourrie par des décennies de politiques occidentales conciliantes.

Des militants iraniens prodémocratie ont souligné les défauts de ces politiques lors du Sommet mondial de l’Iran libre, un événement mondial diffusé en direct et organisé par le Conseil national de la Résistance iranienne. Ils ont été rejoints dans cette entreprise par plus de 1 000 dignitaires politiques qui ont pris part au sommet. Des dizaines de parlementaires américains et européens ont prononcé des discours affirmant la nécessité d’un changement imminent de politique.

Mark Demesmaeker, un membre du Parlement européen représentant la Belgique, a déclaré lors de cet événement de trois jours : « Ebrahim Raïssi a été installé comme président au lieu d’être poursuivi pour crimes contre l’humanité, c’ est une démonstration tragique de l’échec de la communauté internationale pour faire face à la crise structurelle en Iran. »

Ses commentaires font écho à ceux d’Amnesty International au lendemain de « l’élection » de Raïssi le 18 juin. Maryam Radjavi, la présidente élue du CNRI, a attiré l’attention sur cette déclaration en discutant l’investiture imminente de Raïssi, qui a défendu publiquement son rôle dans ce qui est le pire crime contre l’humanité du régime iranien.

En 1988, Raïssi était procureur général adjoint de la capitale Téhéran. Cet été-là, il a reçu l’ordre de rejoindre la « commission de la mort » chargée d’interroger les détenus politiques à la prison d’Evin et de déterminer lesquels d’entre eux vivraient et lesquels mourraient. Comme pour les commissions de la mort dans tout le pays, le tribunal de Raïssi a rarement considéré que quiconque était suffisamment fidèle au système théocratique, et la grande majorité de ceux qui l’ont précédé ont été pendus puis enterrés dans des fosses communes secrètes.

On pense qu’à l’échelle nationale, le massacre de 1988 a fait plus de 30 000 victimes, pour la plupart des membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Raïssi et d’autres responsables éminents ont, ces dernières années, reconnu les efforts déployés pour éliminer ce groupe d’opposition, le qualifiant parfois de mandat religieux et de « commandement de Dieu« .

Le massacre a également donné le ton au traitement envers les groupes d’opposition, en particulier l’OMPI. À l’époque, les meurtres découlaient d’une fatwa du chef suprême des mollahs, Rouhollah Khomeiny, qui déclarait l’OMPI coupable d' »inimitié contre Dieu ». Cette même accusation a été utilisée à d’innombrables reprises pour justifier la peine capitale lorsqu’aucun crime violent n’a été commis.

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