vendredi, juin 18, 2021
AccueilActualitésActualités: Iran ProtestationsÉlection de juin: les médias iraniens mettent en garde contre la montée...

Élection de juin: les médias iraniens mettent en garde contre la montée des conflits entre factions

À l’approche de la mascarade électorale en Iran, les querelles entre les factions du régime pour le pouvoir s’intensifient. Les médias d’État mettent en garde les responsables du régime contre les conséquences de la montée des luttes intestines du pouvoir et leurs effets sur la société iranienne fébrile.

Le quotidien Etemad a comparé l’élection présidentielle du régime à un tsunami. «Ignorant la gravité et le danger d’un tsunami, les gens observaient la destruction de leur ville à partir d’une hauteur. Lorsque les vagues se sont approchées, ils ont soudainement réalisé le vrai danger et ont pris la fuite, mais il était trop tard. La dimension de la vague électorale deviendra bientôt claire pour tout le monde. Tentons d’éviter un tsunami politique », a écrit Etemad.

Etemad compare ensuite la colère sociale croissante envers le régime à une eau «condensante» derrière un «barrage». «Alors que l’eau derrière le barrage se condense et que le réservoir se remplit à la veille de la nuit de l’élection, cette eau débordera et détruira le barrage, causant la destruction de tout le barrage», a écrit Etemad.

Au cours des trois grandes manifestations de ces dernières années en Iran, les Iraniens ont rejeté le canular de longue date du régime concernant l’existence de soi-disant « modérés» au sein du régime. Ils ont scandé «réformistes, extrémistes, le jeu est terminé». En d’autres termes, ils ont souligné qu’il s’agissant de l’oppression et du pillage de la population, il n’y a pas de différence entre les factions du régime intégriste.

En conséquence, la population a refusé de participer aux élections parlementaires du régime, ce qui a entraîné le taux de participation aux élections le plus bas de l’histoire du régime.

Maintenant, alors que les soi-disant «réformistes» se présentent comme candidats, les médias d’État reconnaissent le risque d’un échec. Dans un article publié mercredi, le quotidien Sharq a rejetté les affirmations de Mostafa Tajzadeh, un soi-disant réformiste, concernant le changement de l’appareil de pouvoir par le biais d’élections.

L’article de Sharq rappelle à Tajzadeh que le système électoral et le fait que le guide suprême Ali Khamenei sélectionne les candidats ne permettra à personne de changer la situation. Sharq admet que le niveau des attentes de la population a augmenté et y répondre nécessite une révolution :

«La montée soudaine de la demande publique ne laisse aucune place au réformisme. La réforme est un processus par étapes, calme et proportionné aux demandes générales de la société, et les changements immédiats ne peuvent être expliqués que dans le concept de révolution. »

Le régime fait face à une société agitée sous la pression économique et sociale en raison des politiques néfastes du régime.

«La pression économique a exaspéré les gens. Le gouvernement, au lieu de fournir des programmes de soutien, de pardonner les taxes et droits de douane et de baisser les prix des produits de base, cherche à augmenter les taxes, rendant les produits, l’électricité et l’eau plus chers », a écrit mercredi le quotidien d’Etat Arman.

«Alors que la population est soumise à une forte pression économique, les organisations et les complexes économiques qui sont au-dessus des lois et collectent les biens et les actifs sous des noms différents depuis quatre décennies, ne paient pas d’impôts et ne répondent à personne. Ils sont censés aider les opprimés. Mais quand et comment? » Arman ajoute, admettant la corruption et le pillage systématiques en Iran.

Le quotidien Hamdeli a mis en garde les responsables contre les «conséquences sociales» du boycott national de la présidentielle de 2021 :
«Avant de nous inquiéter des conséquences politiques d’un faible taux de participation, nous devons nous inquiéter de ses conséquences sociales. Nous assistons au désespoir social et à la frustration de la population face aux ambiguïtés face à l’avenir du pays ; la population est frustrée quand il ne voit pas d’amélioration dans les conditions socio-culturelles et économiques et face à la situation préoccupante du pays en général. »

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe