samedi, mai 8, 2021
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Iran : des responsables du régime expriment leur craintes des médias sociaux

Cyber police du régime iranien

Avec le mécontentement croissant de la population en Iran, les responsables du régime expriment leur craintes des médias sociaux et de leurs effets sur la société agitée. Lors de son discours annuel à l’occasion du Nouvel An persan (Norouz), le guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, a soulevé le danger des médias sociaux pour son régime.

«Certains essaient de créer une impression négative pour dire que nous nous dirigeons vers une impasse. En juin, nous aurons d’importantes élections qui peuvent avoir un impact significatif sur l’avenir du système. Les ennemis tirent le meilleur parti du cyberespace. Malheureusement, dans le cyberespace de notre pays, les contrôles nécessaires ne sont pas mis en œuvre malgré toute l’accent que j’ai mis sur ce sujet. Tous les pays du monde gèrent leur cyberespace. Mais nous avons abandonné le cyberespace. Ce n’est pas un honneur. Ce n’est pas du tout un honneur, le cyberespace doit être géré », a-t-il déclaré.

À la suite des remarques de Khamenei, d’autres responsables du régime ont fait écho de la peur des médias sociaux dans la société iranienne turbulante.

«Les médias sociaux, comme d’autres technologies, présentent à la fois des risques et des opportunités. La paresse de notre part dans les médias sociaux est la plus grande injustice [envers le régime]. C’est comme les remettre à l’ennemi pour qu’il puisse mener ses opérations en plein guerre économique », a déclaré le général de brigade Gholamreza Jalali, chef de l’Organisation de défense civile iranienne, à l’agence de presse officielle ISNA.

Hossain Salami, le commandant du CGRI, dans une lettre à Khamenei dimanche, a annoncé la création d’un autre quartier général pour contrôler les médias sociaux et lutter contre la soi-disant «corruption».

«Votre Excellence doit savoir que nous lutterons contre la corruption. Nous mobiliserons les groupes du Bassidj,nous vaincrons l’ennemi et l’empêcherons de mettre en œuvre sa politique. Nous libérerons les médias sociaux de l’oisiveté; nous resterons sur le terrain, nous franchirons la stratégie de l’ennemie et aiderons à [contourner] les sanctions », affirme le message de Salami.

Récemment, le chef du pouvoir judiciaire, Ebrahim Raissi, a tenté d’intimider la population. «Aucune insécurité dans la société n’est tolérable; la police et les responsables de la sécurité ne devraient pas laisser agir les perturbateurs », a-t-il déclaré jeudi à la télévision du régime. Raissi est l’un des principaux auteurs du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988.

Ces avertissements ne sont pas sans fondement. Le régime fait face à une société agitée qui pourrait éclater à tout moment. Les 42 années d’oppression et de corruption des mollahs ont transformé la société en une poudrière.

Les récentes manifestations dans la province du Golestan, ainsi que dans le Sistan-Baloutchestan, avec les manifestants qui ont ciblé les forces du régime et les centres de répression, témoignent d’état de la société.

Mardi, des habitants de Gonbad-e Kavus, dans la province du Golestan, dans le nord-est de l’Iran, sont descendus dans la rue pour protester contre l’inaction du régime face au viol de deux filles par un garde de sécurité au barrage du Golestan.

Les habitants ont affronté les forces de sécurité et ont détruit leurs véhicules. Jeudi, Ali Malek Shahkoohi, le commandant du CGRI au Golestan, a exprimé la crainte du régime et a tenté de remonter le moral des forces du régime.

«Les opposants et les ennemis jurés du système ont tenté de provoquer des divisions et de l’insécurité dans la province, à la suite des incidents de Gonbad-e Kavus, en utilisant les médias sociaux. Les gens devraient avant tout considérer la loi. Nous ne devons pas hésiter à affronter l’ennemi. La préservation du [régime] est la priorité numéro un et devrait être considérée de cette manière », a-t-il déclaré, selon l’agence de presse officielle Mehr.

Qui est cet ennemi sur les réseaux sociaux?
Le régime craint surtout l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK) et le fait que davantage de personnes, principalement des jeunes, soient attirées par l’OMPI et ses valeurs démocratiques.

«Nous voyons comment l’OMPI a pris le contrôle des médias sociaux et, en produisant quotidiennement des clips vidéo, des articles et des documents, encourage les jeunes à [se révolter] contre le système. Dieu sait quel plan diabolique ils ont pour de futures émeutes [soulèvement]. Des émeutes qui, selon de nombreux responsables de la sécurité, se reproduiront et ne seront pas comparables à celles de janvier 2018 et novembre 2019 », écrivait le 23 février 2021 le quotidien Mostaghel.

Mais le régime sera-t-il capable de contrôler cette société agitée et d’empêcher les jeunes d’approcher l’opposition?

«Je jure devant Dieu qu’avec des arrestations et de la violence nous ne pouvons pas résoudre des problèmes tels que l’inflation ou le contrôle de la société», a déclaré Abbas Akhundi, ancien ministre des Routes et du Développement urbain.

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