jeudi, janvier 27, 2022
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Le mécontentement populaire en Iran

Le mécontentement populaire en Iran

Chaque jour, des Iraniens de tous horizons descendent dans la rue pour revendiquer leurs droits. L’expression de mécontentement en Iran a repris depuis juin 2021, lorsque le régime a choisi Ebrahim Raïssi comme président.

Novembre a donné lieu à un nombre particulièrement élevé de manifestations au sujet de diverses questions dans de nombreuses villes et villages. Au cours des deux dernières semaines de ce mois, les travailleurs de diverses industries ont organisé des manifestations pour protester contre les licenciements, les salaires impayés et le manque de soutien du gouvernement. Tandis que les retraités protestaient contre les difficultés économiques accrues causées par la baisse de la valeur de leurs retraites. Au cours de la même période, des rassemblements ont eu lieu par les victimes d’escroqueries et de malversations de crypto-monnaie, les familles des victimes de la frappe de missiles de janvier 2020 qui a fait tomber un avion de ligne près de Téhéran et les personnes touchées par des pénuries d’eau dans plusieurs régions.

Dans chaque cas, les manifestants ont tenu les autorités du régime responsables des problèmes en cause. Une manifestation sur des questions financières s’est concentrée sur le vol de l’argent des clients par la Caspian Credit Union, une institution étroitement liée au Corps des gardiens de la révolution islamique. L’IRGC était directement responsable de la catastrophe du vol 752, tandis que ses sociétés écrans sont les principaux bénéficiaires d’une explosion de projets de construction de barrages au cours des trois dernières décennies, contribuant à la dégradation écologique, y compris l’assèchement des cours d’eau.

La rivière Zayandeh Roud, a fait l’objet de manifestations particulièrement importantes dans la province d’Ispahan ces derniers jours. Jeudi, des agriculteurs de cette province se sont réunis dans le bassin asséché de la rivière pour condamner la politique du régime iranien et exiger l’ouverture d’un barrage qui retient l’eau nécessaire à leur subsistance.

Peu de temps après, les forces de sécurité et les pasdarans ont attaqué la manifestation et dispersé ses participants, mais beaucoup d’autres sont revenus le lendemain pour poursuivre la manifestation malgré les menaces persistantes de répression violente.

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Vidéo : Des centaines de blessés et d’arrestations lors des manifestations d’Ispahan

Loin de réprimer efficacement la manifestation, ces menaces ont en fait suscité un plus grand soutien pour les agriculteurs d’Ispahan. Selon l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, qui a un vaste réseau en Iran, certains militants se sont regroupés pour faire obstruction à un cortège de voitures qui amenait la police anti-émeute sur le site de la manifestation de vendredi. L’OMPI a également rapporté que les slogans comportaient un message politique plus large alors que les troubles s’amplifiaient tout au long de la journée, y compris des demandes de changement de régime.

De cette façon, les récentes manifestations à Ispahan et ailleurs suivent le même schéma que les soulèvements nationaux qui ont contesté l’emprise des mollahs sur le pouvoir en 2018 et 2019. La première d’entre elles a commencé par une manifestation dans la deuxième ville iranienne de Machhad, qui était axée sur la détérioration des conditions économiques, mais s’est rapidement propagé à plus de 100 villes et villages. Au plus fort de ce soulèvement en janvier 2018, le Guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, a contredit des années de propagande gouvernementale en reconnaissant le rôle de l’OMPI dans la généralisation de slogans tels que « à bas le dictateur ».

Le deuxième soulèvement, en novembre 2019, a été initialement déclenché par l’annonce par le gouvernement d’une forte augmentation des prix de l’essence. Mais les mêmes slogans sont immédiatement venus définir les manifestations simultanées qui en ont résulté dans près de 200 localités. En réponse, les autorités du régime ont réprimé beaucoup plus durement le deuxième soulèvement, tuant plus de 1 500 participants dans des fusillades de masse, puis en lançant une campagne de torture systématique contre de nombreuses personnes arrêtées en lien avec les troubles.

Le deuxième anniversaire de ce soulèvement et de cette répression semble avoir contribué à la montée des mouvements de protestation généralisés en novembre. En effet, les « unités de résistance » de l’OMPI ont marqué cet anniversaire en publiant des images des victimes dans les espaces publics. Celles-ci étaient généralement accompagnées d’appels au peuple iranien pour lancer de nouvelles manifestations à la mémoire des victimes et de la cause de la liberté.

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