vendredi, mai 14, 2021
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Manifestations dans le nord-est de l’Iran et recrudescence de l’agitation sociale

Mardi, des habitants de Gonbad-e Kavus, dans le nord-est de l’Iran, sont descendus dans la rue pour protester contre l’inaction du régime face au viol de deux petites filles.

Un agent de sécurité du barrage du Golestan a violé deux filles de sept et huit ans. Les membres de leur famille ont porté plainte pour viol contre l’auteur.

Pourtant, le procureur du régime a rejeté les accusations et a affirmé que le rapport médico-légal avait nié tout signe de viol. Il a ajouté que le garde de sécurité avait été convoqué et accusé d ‘«enlèvement». À la suite des remarques des procureurs, les habitants du village d’Arab Sharank ont organisé une manifestation. En réponse, les forces de sécurité de l’État ont tenté de réprimer les manifestants. Les gens ont alors affronté les forces répressives et ont brisé les vitres de leurs voitures. Le régime a envoyé des unités anti-émeute pour mater les habitants.

Ces manifestations surviennent près d’un mois après le soulèvement au Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est de l’Iran, après que les forces de sécurité du régime aient tué des porteurs de carburant. En plus du soulèvement au Sistan-Baloutchestan, des manifestations surviennent tous les jours dans les autres secteurs de la société.

Le régime n’a pas été en mesure de réprimer la société, et il y a eu des centaines de manifestations sociales tout au long de 2020. Le régime a intensifié ses mesures répressives. Il y a eu au moins 80 exécutions depuis le début de 2021.

Mercredi, le chef du pouvoir judiciaire du régime, Ebrahim Raissi, a menacé la population à la télévision de l’Etat : «Aucune insécurité dans la société ne sera tolérée; la police et les responsables de la sécurité ne doivent pas laisser les perturbateurs agir ». Ces propos ne sont pas surprenant de la part de l’un des principaux auteurs du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988.

Les forces répressives et la police du régime ont organisé une manœuvre à la veille du nouvel an perse de 1400 à Téhéran. «Coïncidant avec le dernier jour du [nouvel an persan de] 1399, la police de Téhéran a procédé à une manœuvre militaire le samedi matin 21 mars 2021. Le commandant des forces de sécurité de l’État, le chef de la police de Téhéran et le gouverneur de Téhéran, Anoushirvan Mohseni Bandapi, ont participé à la Manœuvre de la place Azadi.

«Les forces de police du Grand Téhéran ont démontré leurs capacités sur la place Azadi», a rapporté dimanche l’agence de presse officielle Fars, un média lié aux Gardiens de la révolution (CGRI) du régime.

«Les manifestations de novembre 2019 contre la hausse des prix de l’essence ont montré une réduction significative de la résilience sociale dans le pays; ces protestations ne peuvent se limiter à la question de la hausse des prix de l’essence. C’est plutôt un ensemble de divers facteurs structurels qui ont provoqué la hausse des prix de l’essence pour déclencher ces manifestations », a écrit le quotidien Sharq le 14 mars, qualifiant un autre soulèvement de « cercle vicieux ».

«L’érosion du capital social et la forte baisse de la confiance sociale sont l’une des conséquences de la persistance de conditions économiques difficiles dans le pays, dont les dimensions sont de plus en plus inquiétantes. Le maintien de ces conditions affecte la résilience sociale, révélant ainsi un cercle vicieux qui aura des conséquences graves. »

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