mercredi, juin 3, 2020
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De Beyrouth à Bagdad et à Téhéran, la terre tremble sous les pieds des mollahs d’Iran (Maryam Radjavi à El Espanol)

De Beyrouth à Bagdad et à Téhéran, la terre tremble sous les pieds des mollahs d’Iran (Maryam Radjavi à El Espanol)

Par Sedighe Shahrokhi

Le magazine espagnol El Espanol a publié le 8 février 2020 une interview de Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Mme Radjavi a déclaré à El Espanol : « Le régime iranien est dans une impasse, il s’est préservé uniquement par la répression. »

« Maryam Radjavi est à la tête du principal mouvement d’opposition contre le régime des mollahs depuis plus de deux décennies. Nous l’avons interviewée après les développements qui ont eu lieu ces derniers mois dans le pays, dont les conséquences affectent non seulement la stabilité du régime, mais aussi la région dans son ensemble, étant donné que tout événement qui se produit dans la région compliquée du Moyen-Orient affecte tous les pays de la région », a écrit le magazine sur le parcours de Mme Radjavi.

« Elle a commencé à soutenir l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) en 1970 par l’intermédiaire de son frère aîné, Mahmoud, alors qu’elle était encore au lycée. Elle est devenue membre de l’organisation en 1977. Après le renversement du Shah, elle a déclaré sa candidature lors des premières élections législatives et malgré les tentatives de Khomeiny pour s’assurer qu’aucun candidat de l’OMPI ne remporte de siège, elle a obtenu 250 000 voix rien qu’à Téhéran. En 1985, Maryam Radjavi est devenue co-dirigeante de l’OMPI. Quatre ans plus tard, elle a été nommée Secrétaire générale de l’OMPI. En 1993, elle a été élue présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne », ajoute l’article.

Dans cette interview, le magazine El Espanol a posé plusieurs questions à Mme Radjavi sur le statut actuel du régime des mollahs et sur ce que l’Europe devrait faire face à ce régime théocratique. Les questions et les réponses sont les suivantes :

À VOTRE AVIS, QUEL EST LE STATUT ACTUEL DU RÉGIME IRANIEN ?

Mme Radjavi : Le régime des mollahs est sur le point d’être renversé, et il est incapable de sortir de cette situation. Le principal facteur de cette situation est le désenchantement social et un mécontentement profond et généralisé. Le régime n’a pas de solution pour y remédier et, de plus, ce mécontentement est instable et explosif.

Depuis 2018, il y a eu cinq séries de soulèvements contre le régime à travers tout l’Iran, ainsi que des milliers de mouvements de protestation lancés par des travailleurs, des étudiants, des infirmières, des agriculteurs, des investisseurs escroqués, des retraités, des habitants de banlieues pauvres, des millions de jeunes, des diplômés universitaires au chômage ou des personnes sans emploi stable.

Les autorités du régime reconnaissent que 96 % de la société iranienne est opposée au régime. Le soutien à la dictature religieuse est fragile, même parmi les quelques pourcents restants de sympathisants du régime.

La croissance économique est actuellement de -5 %. Le taux d’inflation est supérieur à 50 %. La monnaie officielle a perdu 3 à 4 fois de sa valeur au cours des deux dernières années. La majorité du système bancaire iranien est soit en faillite, soit insolvable.

Ajouté aux catastrophes environnementales, au chômage et à l’incapacité du régime à exporter du pétrole (sa principale source de revenus) en raison des sanctions internationales, cette situation rend le désenchantement et le mécontentement encore plus explosifs de jour en jour.

Le régime se retrouve donc dans une impasse. Quel que soit le chemin qu’il emprunte, il sape sa propre existence. Par exemple, le régime a un besoin urgent d’augmenter ses revenus. En novembre dernier, il a augmenté le prix du carburant pour renflouer ses caisses. Mais cette décision a déclenché un énorme soulèvement, qui a laissé derrière lui des dommages politiques et économiques irréversibles. Le régime ne compte que sur la répression pour survivre.

LA POLITIQUE DE COMPLAISANCE AVEC LE REGIME IRANIEN SUITE A L’ACCORD PASSE AVEC OBAMA ET D’AUTRES DIRIGEANTS EUROPEENS A-T-ELLE DONNE DES RESULTATS POSITIFS ? PENSEZ-VOUS QU’IL Y A EU UNE AMELIORATION DES DROITS DE L’HOMME EN IRAN APRES LA SIGNATURE DE L’ACCORD ?

Tout d’abord, je dois rappeler que la complaisance avec le régime a toujours été, dans la pratique, un obstacle au changement démocratique en Iran. C’est comme ça depuis trente ans.

Pris par l’illusion de trouver une faction modérée au sein de ce régime, les gouvernements occidentaux ont fait toutes les concessions possibles aux mollahs. Par exemple, ils ont sapé l’opposition et l’ont traitée de terroriste sur ordre du régime.

En outre, pendant les années où la plupart de nos membres de la résistance résidaient au camp Achraf, en Irak, le gouvernement américain, dans les circonstances d’un conflit, s’est engagé à les protéger. Cependant, il a transféré cette responsabilité au gouvernement du régime pro-iranien d’Al Maliki. Cela a conduit à des attaques répétées sur Achraf par les forces du régime théocratique, causant de nombreux décès parmi les résidents.

L’administration Obama a également joué un rôle central dans les efforts des pays du P5+1 pour signer l’accord nucléaire de 2015 avec Téhéran. Elle a fait beaucoup de concessions mais n’a obtenu aucune sécurité en retour.

Dans notre programme pour l’Iran de demain, nous avons annoncé que nous recherchons un Iran non nucléaire. Le programme nucléaire du régime ne profite qu’à sa propre survie.

En 2002, la Résistance iranienne a révélé les plus grands sites nucléaires clandestins du régime. Elle a fait plus d’une centaine de révélations sur les détails du programme nucléaire et a finalement forcé les gouvernements occidentaux à réagir.

Malheureusement, après l’accord nucléaire de 2015, en plus de récompenser des accords économiques lucratifs au régime iranien, l’Occident a fermé les yeux et a opté pour le silence concernant la belligérance et l’ingérence militaire et terroriste des mollahs en Syrie et au Yémen.

« Si les pays occidentaux avaient adopté une politique ferme, Téhéran n’aurait eu d’autre choix que d’abandonner la course au nucléaire. »

QUE SIGNIFIE L’ASSASSINAT DU GÉNÉRAL QASSEM SOLEIMANI POUR LES OPPOSANTS AU RÉGIME ? QUEL RÔLE A-T-IL JOUÉ DANS LA POLITIQUE IRAKIENNE CES DERNIÈRES ANNÉES ?

Mme Radjavi : Dans la structure actuelle du pouvoir du régime, il était pratiquement le numéro 2. Il était le chef du terrorisme et du bellicisme dans la région. Il a été directement responsable de l’expansion de la guerre en Syrie, ainsi que de la guerre au Yémen et aussi de l’occupation cachée de l’Irak qui a débuté en 2003.

Il a également été à l’origine des plus grandes attaques contre les membres de la Résistance iranienne en Irak, en particulier le massacre d’Achraf de septembre 2013.

Qassem Soleimani n’a pas de substitut dans le régime et avec sa mort, la stratégie d’exportation du terrorisme et de la guerre, qui est l’un des piliers de la survie du régime, a reçu un coup irréversible.

Les mollahs ont tenté d’organiser des funérailles théâtrales (avec la participation obligatoire des soldats, des prisonniers et des familles des pasdaran) pour faire croire à la popularité de Qassem Soleimani. Mais lors des soulèvements de janvier 2020 dans de nombreuses villes, des jeunes ont déchiré ses portraits ou les ont incendiées. Khamenei a été contraint de se défendre, affirmant que ceux qui ont mis le feu aux portraits de ce criminel ne représentaient qu’une partie infime de la population.

COMMENT ONT ÉVOLUÉ LES DERNIÈRES MANIFESTATIONS CONTRE LE RÉGIME IRANIEN DEPUIS LEUR DÉBUT EN DÉCEMBRE 2017 ? QUEL RÔLE LES FEMMES JOUENT-ELLES DANS LES MANIFESTATIONS ? ET QU’EN EST-IL DU PRINCIPAL MOUVEMENT D’OPPOSITION QUE VOUS DIRIGEZ ?

Mme Radjavi : Après les soulèvements qui ont commencé en décembre 2017 et qui se sont poursuivis en janvier 2018, nous avons assisté à un grand bond en avant dans le mouvement de protestation en Iran.

Ils ont commencé par des revendications concrètes (travail et économie) mais se sont terminés par un appel au renversement de la dictature en Iran.

D’un point de vue politique, ces soulèvements ont accentué trois lignes de démarcation fondamentales qui ne peuvent être inversées. La première est la détermination inébranlable du peuple iranien à renverser Ali Khamenei et son régime. La seconde est le rejet de toutes les factions de la théocratie, y compris Hassan Rohani, qui joue la carte de la « modération » tout en s’impliquant dans toutes les mesures de répression politique et sociale.

Le troisième développement irréversible est le rejet des relents de la dictature monarchiste.

Soleimani était responsable du terrorisme et de la guerre dans la région. Sa mort a porté un coup irréversible au régime

Les femmes ont joué un rôle important dans tous ces soulèvements. De nombreux témoignages, photos et vidéos confirment leur rôle de premier plan dans les manifestations. Les pasdaran et le VEVAK (le sinistre ministère iranien du Renseignement) ont également reconnu à plusieurs reprises la présence importante et active des femmes dans les mouvement insurrectionnels.

Bien avant le déclenchement de ces événements en 2018, notre mouvement avait adopté la stratégie des unités de Résistance et des villes insurgées.

Le fait est que la répression et le climat de terreur n’ont pas empêché le nombre croissant de jeunes de rejoindre les rangs des unités de Résistance.

Le renversement du régime ne peut se faire spontanément et sans un mouvement organisé.

QUEL PRIX LES IRANIENS QUI SE SONT OPPOSÉS AU RÉGIME ONT-ILS PAYÉ AU COURS DES 40 DERNIÈRES ANNÉES ?
Mme Radjavi : Dès les premiers jours de la théocratie, nous nous sommes opposés au port de voile obligatoire pour les femmes, ainsi qu’au principe du pouvoir théocratique absolue (velayat-e faqih) qui a été introduite dans la Constitution pour donner le pouvoir absolu à Khomeiny.

De 1978 à 1980, notre mouvement a tenté de mener une lutte politique pacifique contre le nouveau despotisme qui s’installait.

Mais la répression du régime s’est intensifiée de jour en jour jusqu’à ce que Khomeiny, fondateur de la théocratie, ordonne le massacre des opposants, en commençant à tirer sur des jeunes filles de 15 ou 16 ans qui avaient refusé de donner leur nom même aux bourreaux.

Durant l’été 1981, des dizaines de milliers de membres et de sympathisants de notre résistance ont été arrêtés. Ce fut le début du règne de la terreur, des exécutions de masse et des tortures médiévales. Certains jours, cent, deux cents ou jusqu’à quatre cents membres de la Résistance ont été fusillés toutes les 24 heures. Les détenus libérés ont révélé par la suite qu’ils comptaient le nombre de coups de grâce chaque nuit afin de documenter le nombre de personnes exécutées.

L’événement le plus choquant dans l’histoire de la répression du régime a été le massacre de 30 000 prisonniers politiques, qui a commencé à l’été 1988, sur la base d’une fatwa [décret religieux] de 230 mots, émise par Khomeiny. La plupart des victimes de ce génocide, qui s’est poursuivi pendant plusieurs mois en secret, étaient des membres ou des sympathisants de l’OMPI qui purgeaient leur peine de prison. Beaucoup de ceux qui avaient été libérés auparavant ont été arrêtés à nouveau et immédiatement exécutés.

Khomeiny venait de signer un cessez-le-feu avec l’Irak. En anéantissant les prisonniers politiques qui étaient une source de motivation et d’opposition pour la société, il voulait empêcher le renversement de son régime après sa défaite dans la guerre.

Les victimes ont été enterrées dans des fosses communes. Depuis 1988, le régime n’a fourni aucun détail sur l’emplacement des sites d’inhumation des victimes, leur nombre ou leur identité.

Dans un climat de terreur absolue, notre mouvement de Résistance a réussi à recueillir les noms des milliers de personnes qui ont perdu la vie au cours de cet épisode. L’année dernière, lors d’une conférence au Parlement européen, j’ai présenté pour la première fois un livre contenant les noms de 5 000 partisans de l’OMPI massacrés en 1988.

Malheureusement, les gouvernements occidentaux sont restés silencieux face à ce massacre.

Même l’ONU n’a pas réagi à l’énorme massacre de prisonniers politiques en Iran, même si un tel massacre politique est sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Nous continuons cependant à insister pour que le Conseil de sécurité de l’ONU soumette le dossier de ce massacre à la Cour pénale internationale afin de traduire en justice les auteurs, dont Khamenei, l’actuel Guide Suprême du régime.

L’actuel chef du pouvoir judiciaire, Ebrahim Raïssi, et l’actuel ministre de la Justice, Alireza Avaei, étaient tous deux membres des commissions de la mort en 1988 et comptent parmi les principaux responsables du massacre. La « justice » du fascisme religieux a donc été confiée aux bourreaux les plus sinistres du pays.

Au total, plus de 120 000 opposants politiques ont été exécutés pendant toute la durée du régime théocratique au pouvoir.

EN TANT QUE LEADER DU PRINCIPAL MOUVEMENT D’OPPOSITION, QUELLE EST VOTRE ALTERNATIVE AU RÉGIME THÉOCRATIQUE DE KHAMENEI ET ROHANI ? QU’EST-CE QUI DISTINGUE VOTRE MOUVEMENT DES AUTRES MOUVEMENTS D’OPPOSITION EN LIBYE, EN IRAK OU EN SYRIE QUI ONT ENTRAÎNÉ DES GUERRES OU LA FAILLITE D’ÉTATS ?

Mme Radjavi : Permettez-moi de répondre d’abord à la deuxième partie de votre question. Notre mouvement est profondément enraciné dans la société iranienne. Depuis 55 ans, ce mouvement a mené une lutte acharnée contre deux dictatures. Pendant toutes ces années, il s’est appuyé sur le peuple iranien et sur une large base sociale. Les femmes jouent un rôle clé dans notre mouvement de Résistance, qui est lui-même le garant de l’Iran de demain.

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) dispose d’une infrastructure solide et est riche en expérience. Il a des plans spécifiques et concrets pour l’avenir. Un large éventail d’élites iraniennes coopère avec le CNRI, tant en Iran qu’à l’étranger. Ce mouvement, qui rassemble une grande variété de tendances dans la société iranienne, est le meilleur garant de la souveraineté populaire après la chute du régime des mollahs.

Concernant la première partie de votre question, « liberté, indépendance, république » était la devise principale de la révolution de 1979. Les manifestants ont scandé pour une république islamique, mais pas l’Islam prôné par les mollahs.

Même les pasdaran et le sinistre ministère iranien du Renseignement reconnaissent la présence importante et active des femmes dans les révoltes

La longue et douloureuse répression de la dictature du Shah avait décimé l’opposition. Les dirigeants de l’OMPI sont restés en prison jusqu’aux derniers jours avant le renversement du régime du Shah. Khomeiny a profité de ce vide pour usurper la direction de la Révolution et a établi un régime théocratique qui n’avait rien à voir avec les revendications du peuple iranien.

Cette dictature suit une triple stratégie pour se maintenir au pouvoir : la répression impitoyable de la société, l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme vers d’autres pays de la région et la poursuite de l’armement nucléaire. Notre mouvement de Résistance a réussi à construire une alternative politique qui résiste au régime dans ces trois domaines. Il offre une perspective d’avenir fondée sur la liberté, la démocratie et l’égalité.

En 1981, nous avons fondé le CNRI, une coalition de partis, de groupes et de personnalités de convictions politiques différentes, unis sur la base de la volonté de renverser le régime et de proposer un plan progressiste adopté pour l’Iran de demain. Nous aspirons à une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, le pluralisme politique, l’égalité des genres, les droits de l’homme, l’abolition de la peine de mort, l’autonomie des groupes ethniques opprimés dans le cadre de l’intégrité territoriale de l’Iran, l’égalité des chances économiques, la protection de l’environnement, un Iran non nucléaire et solidaire ainsi que favorable à la coexistence pacifique avec les pays voisins.

Le CNRI et ses membres ne se sont pas contentés d’élaborer des plans pour l’avenir. Ils ont forgé des traditions politiques de démocratie et de tolérance dans la pratique et lors des décisions difficiles prises tout au long de cette lutte. Ils ont prouvé qu’ils sont l’alternative au régime. La principale composante de cette coalition, l’OMPI, dispose d’un réseau bien organisé à l’intérieur de l’Iran et a ébranlé les fondations du régime à plusieurs reprises en inspirant et en organisant des batailles, des soulèvements et des mouvements politiques. C’est la présence d’une telle alternative démocratique qui garantit que l’Iran ne sera pas victime du même sort que les pays que vous avez mentionnés.

LE RÉGIME DES MOLLAHS A TENTÉ DE COMPLOTER CONTRE CEUX QUI ONT ASSISTÉ À LA RÉUNION ANNUELLE DE L’OPPOSITION IRANIENNE À VILLEPINTE EN JUIN 2018, MAIS CE N’ÉTAIT PAS LA PREMIÈRE FOIS QU’IL TENTAIT DE VOUS ATTAQUER, VOUS ET VOTRE MOUVEMENT, SUR LE SOL EUROPÉEN. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS?

Chaque fois qu’il y a un soulèvement en Iran, la seule solution perçue par les mollahs est d’attaquer le mouvement de Résistance. Ils comprennent à juste titre que c’est le seul mouvement capable d’orienter les soulèvements vers le renversement du régime. C’est la présence de ce mouvement de Résistance qui fait que les soulèvements se transforment en une menace de renversement du régime.

Après le soulèvement de janvier 2018, les hauts responsables de la sécurité du régime ont proféré des menaces explicites, notamment Ali Shamkhani, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale du régime, et le chef de l’organisation de Renseignement des pasdaran.

Depuis lors, le ministère du Renseignement des mollahs, soutenu par la force terroriste Qods, ainsi que le ministère des Affaires étrangères et ses ambassades, ont orchestré de vastes complots.

La première attaque majeure devait avoir lieu pendant les célébrations du Novrouz (Nouvel An iranien) par la Résistance iranienne à Tirana, en Albanie. Le complot a été déjoué par les services de sécurité albanais. Un deuxième attentat majeur devait avoir lieu pendant le rassemblement annuel de la Résistance iranienne à Villepinte, en banlieue parisienne. Des centaines de personnalités de plus de 50 pays, dont des pays européens, américains et du Moyen-Orient, étaient présentes à ce rassemblement.

Le régime a activé une de ses cellules dormantes en Europe pour cette opération. L’engin explosif a été livré à cette cellule par un diplomate du régime en poste à Vienne. Cependant, la police belge a détecté les terroristes et les a arrêtés à temps. La police allemande a arrêté le diplomate à son retour de sa mission de remise des explosifs aux terroristes. Il est toujours derrière les barreaux en Belgique. La Résistance iranienne a révélé les détails de l’opération, ainsi que l’identité des principaux dirigeants du régime qui l’ont ordonnée.

Ces deux affaires ne sont pas les seuls actes terroristes menés par le régime contre la Résistance iranienne au cours des deux dernières années. Deux agents du régime ont notamment été arrêtés aux Etats-Unis.

Et, en octobre 2019, la police albanaise a révélé de nouvelles informations sur la portée et l’ampleur des plans terroristes du régime dans ce pays dirigé par une cellule liée à la force Qods. L’Albanie a récemment expulsé deux autres diplomates du régime en relation avec ces faits.

Les services de Renseignement allemands et néerlandais ont publié des rapports sur les plans complotés par les ambassades du régime contre la Résistance iranienne.

Dans le même temps, le ministère du Renseignement, le ministère des Affaires étrangères, les pasdaran et une douzaine d’autres organes de renseignements, terroristes et politiques du régime sont impliqués dans une vaste campagne de diabolisation et de diffamation contre la Résistance iranienne.

Par cette sale campagne, les mollahs veulent empêcher la solidarité internationale avec la lutte du peuple iranien pour le renversement du régime.

Cette dictature suit une triple stratégie pour se maintenir au pouvoir : la répression impitoyable, l’exportation du terrorisme et la poursuite des armes nucléaires.

APRÈS DES DÉCENNIES DE SILENCE, PENSEZ-VOUS QUE L’OPINION PUBLIQUE EST ENFIN CONSCIENTE DE LA SITUATION DES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME EN IRAN ? PENSEZ-VOUS QUE L’OPINION PUBLIQUE SOUTIENNE DÉSORMAIS DAVANTAGE LA DISSIDENCE IRANIENNE ? ET DE LA PART DES GOUVERNEMENTS OCCIDENTAUX ? QUELLES DEVRAIENT ÊTRE LES MESURES PRISES PAR LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES CONCERNANT TEHERAN ?

Mme Radjavi : L’ampleur des crimes, des massacres, de la répression des femmes et de la suppression des libertés en Iran et leur poursuite pendant de nombreuses années est telle qu’elle ne peut être cachée aux yeux du monde. Par exemple, l’Assemblée générale des Nations unies et d’autres organes des Nations unies ont jusqu’à présent dénoncé 65 fois les violations des droits de l’homme en Iran dans diverses résolutions et déclarations. Grâce aux efforts de la Résistance iranienne, différents parlements dans le monde ont condamné la répression menée par ce régime.

La Résistance iranienne s’efforce de sensibiliser l’opinion publique à ces crimes. Par exemple, elle a publié les listes de noms des victimes d’exécutions, elle a documenté des dizaines de types de torture régulièrement pratiqués dans les prisons du régime, elle a révélé l’emplacement des fosses communes des victimes d’exécutions, et elle a publié des clips vidéo montrant la lapidation par le CGRI et les mollahs.

Le problème est qu’en dépit de tout cela, les gouvernements, et surtout le Conseil de sécurité des Nations unies, ont ignoré la situation désastreuse des droits de l’homme en Iran au nom de leurs intérêts économiques et diplomatiques.

Nous appelons les gouvernements d’Europe et des États-Unis à conditionner leurs relations avec le régime des mollahs à la fin de l’arrestation des manifestants et à la libération des milliers de personnes détenues pendant et après le soulèvement de novembre 2019.

PENSEZ-VOUS QU’IL SERAIT POSSIBLE DE RAMENER LE CALME DANS LA RÉGION SI LE RÉGIME IRANIEN CHANGEAIT ?

Mme Radjavi : L’exportation du terrorisme et de l’intégrisme islamiste est un élément majeur de la stratégie du régime pour se maintenir au pouvoir. Khamenei et les commandants des pasdaran ont souligné à plusieurs reprises que s’ils ne faisaient pas la guerre en Syrie, en Irak ou au Yémen, ils seraient obligés de se battre à Téhéran et dans d’autres villes d’Iran afin de préserver leur régime.

Pour poursuivre cette politique, les mollahs consacrent une part importante de la richesse nationale à de telles opérations militaires.

La présence des pasdaran dans différentes zones de guerre depuis 2011 met l’économie iranienne à rude épreuve.

Alors même que le pays souffre de la faillite et d’une profonde récession économique, le régime continue de dépenser des sommes astronomiques pour poursuivre cette politique. L’ingérence criminelle du régime dans les affaires des pays de la région est largement détestée au sein de la société iranienne.

En ce qui concerne le besoin du régime de préserver son pouvoir, il continuera sa belligérance, son terrorisme et ses violations de la souveraineté des pays de la région jusqu’au jour où il sera renversé. C’est pourquoi il est nécessaire que les gouvernements occidentaux et du Moyen-Orient adoptent une politique de fermeté face à cette ingérence, et qu’ils expulsent le régime des pays de la région.

En effet, de Beyrouth à Bagdad en passant par Téhéran, le sol tremble sous les pieds des mollahs.