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Iran : C’est quand on veut plaire au régime de Téhéran qu’on organise la chasse aux Moudjahidine

ImageCNRI, 13 décembre –  Le site Intelink (www.intelink.info) publiait ce 10 décembre un article de Yves Bonnet, ancien directeur de la DST et président du Ciret-Avt (www.ciret-avt.org) en défense des Moudjahidine du peuple :

Le 17 juin 2003, la police française lançait un raid d’une grande ampleur contre le bureau du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) à Auvers-sur-Oise et une dizaine de résidences de réfugiés iraniens situées dans le Val-d’Oise et les Yvelines, en région parisienne. Cette opération, lancée à l’aube, aboutit à une rafle exceptionnelle de 165 résistants iraniens ainsi qu’à l’interpellation de la présidente élue de cette résistance, Maryam Radjavi.

Le Gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens. Une véritable armada de 1 300 policiers et gendarmes a été mobilisée. Pas moins de seize organes d’État ont apporté leur concours à l’opération. Et les médias français, qui, à l’époque, qualifièrent l’intervention de « gigantesque » furent prévenus quelques heures avant son déclenchement.

Dans les heures qui suivirent, le patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, fait rarissime, tenait une conférence de presse, pour indiquer que, selon lui, « l’OMPI, organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran », pierre angulaire du CNRI « avait basculé dans une dérive sectaire où règne un culte de la personnalité exacerbé ». Pourtant, il est admis par tous les bons connaisseurs de cette organisation que les Moudjahidines du peuple n’ont jamais commis de délit hors d’ran. Et, installés depuis vingt-deux ans dans la ville d’Auvers-sur-Oise, d’ailleurs sous la protection permanente de la police, aucun fait délictueux ne leur a jamais été reproché.

D’ailleurs, dès le 3 juillet, Mariam Radjavi était libérée. Et, le 7 août, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise suspendait l’arrêté d’expulsion d’une des résistantes interpellée le 17 juin. Le juge soulignait dans sa décision que « le ministre de l’Intérieur n’apportait pas la preuve d’une participation de l’OMPI à des activités criminelles en France ».

Il semble que les raisons de la rafle du 17 juin prennent racine dans la série des événements diplomatiques de cette période : visite à Téhéran du ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, le 24 avril 2003 ; accord bilatéral sur la protection des investissements signés le 10 mai par le ministre français du Commerce extérieur ; et, quelques jours avant le 17 juin, la candidature de Total est retenue pour l’exploitation du gisement du Bangestan ; Or, l’asile octroyé par la France aux Moudjahidine est tenu par le régime des mollahs comme particulièrement inamical. Si l’on veut plaire aux mollahs, il faut donc sacrifier les Moudjahidine.

De même, quand le gouvernement des États-Unis avait essayé de se rapprocher du régime de Téhéran, dès 1985 (Irangate), puis à nouveau quelques années plus tard, à chaque fois, les Moudjahidine furent accusés de terrorisme. Et même, en 1997, l’organisation fut inscrite, officiellement, sur la liste des organisations terroristes étrangères.

Or, cette inscription a été effectuée sur la base d’informations fausses, toutes transmises obligeamment par le gouvernement de Téhéran contre lequel luttent depuis de longues années les Moudjahidine du peuple, lesquels constituent une véritable opposition démocratique à la dictature intégriste installée par l’imam Khomeiny. C’est quand on veut plaire au régime de Téhéran qu’on organise la chasse aux Moudjahidine. Ceux-ci, créés en 1965, défendent depuis près de quarante ans les aspirations du peuple iranien pour la liberté et la démocratie. Après avoir un moment collaboré avec le gouvernement des mollahs, sous l’autorité de Massoud Radjavi, ils luttent contre la dictature religieuse. Ils dénoncent la tyrannie théocratique qui maintient dans la pauvreté un pays flottant sur une mer de pétrole.

Cette résistance compte à ce jour quelque 120 000 martyrs exécutés ou massacrés. En France, on attend toujours que l’enquête qui a précédé et suivi les événements du 17 juin 2003 fasse l’objet d’un procès public. En attendant, un livre vient de paraître – que j’ai eu l’honneur de préfacer – qui s’appuie sur les documents présentés en réponse au rapport du Département d’État américain, en 1994, et visant à déconsidérer la résistance iranienne.

Cet ouvrage permet de mieux connaître le CNRI et les Moudjahidine du peuple. Il apporte un éclairage inédit sur la résistance iranienne et bouscule bien des préjugés. Il devrait contribuer à l’ouverture d’un débat public pouvant déboucher sur une politique internationale plus cohérente et plus respectueuse de l’aspiration démocratique du peuple iranien.

 

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