jeudi, octobre 1, 2020
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Le sommet annuel de la résistance démocratique iranienne – Alejo Vidal Quadras

Pendant une grande partie des quatre dernières décennies, les politiques européennes et américaines à l’égard de l’Iran ont été entravées par la fausse supposition que le changement peut provenir de l’intérieur du régime. Cette hypothèse a été remise en question par divers développements internes en Iran au fil des ans. Mais dans l’ensemble, il s’est révélé remarquablement persistant.

L’un des principaux contributeurs à cette tendance est un silence particulier parmi les médias internationaux et les décideurs occidentaux en ce qui concerne les aspirations des Iraniens ordinaires ou des expatriés iraniens. Leurs voix ont été manifestement absentes des discussions politiques et des analyses sur l’attitude du régime iranien envers son peuple.

Mais ne vous y trompez pas, le peuple iranien lui-même n’a jamais été silencieux. Les Iraniens crient des avertissements et des demandes d’assistance depuis le lendemain de la révolution iranienne. Si la communauté internationale avait fait attention à l’époque, il aurait été clair que le système mis en place par l’ayatollah Khomeiny était vicié et impopulaire dès le départ.

Ce système de domination absolue par les religieux ne ressemblait en rien à ce que le partisan moyen de la révolution avait imaginé. La plupart des oppositions au Chah Pahlavi étaient motivées par un désir véritable de démocratie. Et après que la faction de Khomeiny a coopté le mouvement, d’innombrables Iraniens se sont alignés sur d’autres groupes révolutionnaires qui ont continué à promouvoir la vision originale, notamment l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).

Néanmoins, les responsables iraniens ont cherché à minimiser et diaboliser des groupes d’opposition en tant que « sectes » ou « groupuscules » qui manquent de soutien significatif parmi le peuple iranien. Et en raison de la politique de complaisance, les mollahs ont bénéficié du soutien tacite de l’Occident pour répandre ce type de propagande. L’ignorance international concernant l’opposition iranienne est si répandue qu’en 1988, lorsque Téhéran a tenté d’anéantir l’OMPI et d’autres oppositions par des exécutions massives, les médias sont restés tristement silencieux.

Peu importe que les représentants de l’OMPI dans le monde fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour partager les témoignages des victimes et des témoins oculaires du massacre. Environ 30 000 prisonniers politiques ont été sommairement exécutés après avoir refusé de collaborer avec le régime abjecte. La plupart ont été enterrés dans des fosses communes secrètes, dont certaines ont été détruites ces dernières années alors que Téhéran se prémunit contre la possibilité d’un examen international pour faire finalement la lumière sur le « pire crime de la République islamique».

Heureusement, l’OMPI a non seulement survécu à ce massacre, mais a continué de prospérer dans son combat. Malheureusement, ce fait n’a eu qu’un impact mineur sur la conspiration du silence parmi les journalistes occidentaux, mais l’OMPI et le CNRI ont obtenu le soutien dévoué d’un nombre important de personnalités politiques représentant un large éventail de tendances en Europe et aux États-Unis.

Le mois dernier, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a reçu une résolution de la Chambre des représentants américains qui prend exactement cette position et a acquis le parrainage de 221 députés républicains et démocrates.

Cet appel est résumé dans le plan en 10 points de Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne. Ce plan prévoit des élections libres et équitables, des garanties des droits des femmes et des minorités, des relations pacifiques avec les voisins arabes de l’Iran, la séparation de la religion et de l’État et l’abandon des ambitions nucléaires du régime actuel. C’est une vision engageante pour l’avenir de l’Iran.

Cette vision a été articulée et exprimée publiquement dans de nombreux événements. En plus d’un large éventail d’événements à plus petite échelle, le CNRI organise chaque année un rassemblement estival pour souligner le soutien populaire et la force organisationnelle sans cesse croissants dont jouit l’OMPI et ses affiliés en Iran. Le 17 juillet, la dernière version de cet événement aura lieu en ligne. Et tandis que la pandémie de coronavirus empêche le rassemblement habituel de dizaines de milliers d’expatriés iraniens en un seul endroit, la variété des intervenants et des participants renforcera sans aucun doute la compréhension bien trop rare de la résistance iranienne en tant que force de changement sur laquelle il faut compter.

Ce message sera encore souligné par un retour en arrière sur l’impact des deux récents soulèvements à l’échelle nationale en Iran, l’un en janvier 2018 et l’autre en novembre 2019. Chacun a apporté un message explicite de changement de régime en Iran. Dans le sillage d’un tel bouleversement, il est moins justifié que jamais de maintenir ce message hors des discussions des décideurs politiques en Europe et aux États-Unis.

Il est grand temps pour l’Occident de reconnaître la viabilité politique de la Résistance iranienne, d’écouter ses partisans lorsqu’ils s’expriment devant un public mondial le 17 juillet et d’opter des politiques pour soutenir le peuple iranien dans son combat pour renverser la dictature cléricale et établir une système véritablement démocratique au cœur du Moyen-Orient.

Alejo Vidal-Quadras, professeur de physique atomique et nucléaire, a été vice-président du Parlement européen de 1999 à 2014. Il est président du Comité international en quête de justice (ISJ)

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