mardi, janvier 18, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceLes coulisses d'une affaire honteuse

Les coulisses d’une affaire honteuse

ImageUn rapport de notre correspondent à l’ONU – Genève

Depuis plusieurs années, les autorités iraniennes ont multiplié leurs interventions auprès des responsables des Nations Unies pour interdire aux opposants ou aux militants et défenseurs iraniens des droits de l’Homme proches ou membres du Conseil Nationale de la Résistance Iranienne (CNRI) d’accéder aux instances des Nations Unies et plus particulièrement à la Commission des droits de l’Homme où ils interviennent pour informer la communauté internationale des graves violations et de la réalité de la situation dans leur pays.

Ainsi, il y a plus d’un an, dans le cadre d’un détournement flagrant des mécanismes internationaux, le gouvernement iranien a fabriqué de toute pièce des « mandats d’arrêts internationaux » à l’encontre de plusieurs opposants réfugiés depuis plus de 20 ans dans des pays occidentaux et éminemment connus pour leur activités pacifiques en faveur des droits de l’Homme. Certains d’entre eux sont actuellement des ressortissants des pays où ils résident. L’objectif consiste à les empêcher de participer aux réunions organisées par les instances de défense des droits de l’Homme de l’ONU. Il s’agit donc d’une manipulation des institutions internationales pour neutraliser ces défenseurs au sein des Nations Unies.

Pour Téhéran, l’objectif est atteint depuis la 60ème session de la Commission des droits de l’Homme, grâce à une suite favorable donnée par les responsables onusiens à cette démarche abusive. Une démarche qui, indépendamment de son caractère individuel et de ses victimes, viole le droit international et porte gravement atteinte au droit de toutes les ONG de désigner librement leurs représentants lors des réunions organisées par les Nations Unies. Ainsi, l’ONU et en particulier la Commission des droits de l’Homme sont devenues le champ des violations exportées par les autorités iraniennes.

Or, la communauté des ONG a, à plusieurs reprises, exprimé sa profonde inquiétude devant cette situation, d’autant plus que de nombreuses démarches entreprises depuis plus d’un an par les victimes de cette affaire auprès des instances concernées, dont les autorités de l’ONU à Genève et à New York, n’ont pas permis de faire lever cette interdiction illégitime, injustifiable et injustifiée.

Cette année, à l’occasion de la 61ème session de la Commission, France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand a accrédité une nouvelle fois l’une des victimes de cette affaire pour la représenter au sein de la Commission et auprès des services et réunions organisés par le Haut Commissariat des droits de l’Homme.

Cependant, l’accès à l’ONUG lui a été refusé sans que le secrétariat de la Commission tienne compte des arguments solides avancés pour démontrer l’irrégularité de cette interdiction. Cela étant, les interventions personnelles de Madame Danielle Mitterrand auprès du Secrétaire général de l’ONU ont permis de mandater le Haut Commissaire des droits de l’Homme pour régler cette affaire de façon « juste et équitable ».

Néanmoins, sous les pressions politiques exercées par le gouvernement iranien à Genève comme à New York, toutes les demandes d’avis juridique formulées par le Haut Commissaire des droits de l’Homme, le Directeur général de l’ONUG ou le Président de la 61ème session de la CDH, auprès du Bureau des affaires juridiques de l’ONU sont restées sans réponse.

Dans ces conditions, de nombreuses irrégularités ainsi que l’absence de transparence, l’hésitation et l’incohérence s’ajoutent à un vide juridique au sein des Nations Unies pour expliquer cette injustice et le manque de fermeté face à un Etat membre manipulateur, condamné à 51 reprises par les instances de l’ONU, pour ses graves violations des droits de l’Homme et du droit international. Il s’agit donc d’un dysfonctionnement majeur au sein de la principale organisation internationale chargée de faire respecter les droits de l’Homme ; ce qui risque de faire place à une jurisprudence dangereuse et paralysante permettant à tout gouvernement de s’arroger désormais le droit d’opérer aisément une sélection préventive des représentant d’ONG qui pourront participer aux travaux de la Commission ou qui auront le droit de fournir aux instances de l’ONU des informations sur la situation de différents pays.

A la veille du 60ème anniversaire des Nations Unies, une telle jurisprudence conduirait à un discrédit certain des instances onusiennes, dont la Commission des droits de l’Homme.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe