mercredi, juin 29, 2022
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Iran -Tortures : D’horribles tortures dans les prisons iraniennes, un ancien prisonnier parle

ImageCNRI, 4 octobre – D’horribles comptes-rendus des tortures dans les prisons iraniennes ont choqué les participants au meeting organisé par la Croix-Rouge suédoise, à l’occasion du vingtième anniversaire de la fondation d’un centre pour les victimes de la torture.

Mostafa Naderi, un ancien prisonnier politique iranien, raconte les tortures dont il a souffert pendant douze ans d’emprisonnement :

J’ai été arrêté à Téhéran en 1981 et emmené à la prison Evine simplement pour avoir vendu des journaux.

Ils m’ont bandé les yeux et m’ont emmené à la salle d’interrogatoire où ils m’ont attaché à un banc sur le dos. Ils ont retiré mes chaussettes et me les ont enfoncées dans la bouche. Ils m’ont alors plié les jambes et les ont attachés à mes cuisses. Puis ils ont commencé à me fouetter avec des câbles. C’était très douloureux, et la douleur est montée petit à petit jusqu’aux yeux et la tête.

Puis ils m’ont détaché et m’ont dit de marcher pour atténuer les gonflements afin qu’ils puissent reprendre les coups de fouet.

Ils ont fait ça de très nombreuses fois. Six ou sept d’entre nous se faisaient interroger en même temps. Il y en avait beaucoup d’autres avec des pieds ensanglantés assis dans le couloir qui faisait à peu près une centaine de mètres de long. Certains avaient une épaule, une main ou une jambe brisée.

Quelques jours plus tard, ils m’ont de nouveau emmené dans la salle d’interrogatoire et m’ont fait subir la torture du « Ghapani ». Ils m’ont menotté avec une main au-dessus de la tête et l’autre passant par le bas du dos. Puis ils m’ont suspendu au plafond pendant douze heures. Cela exerçait une terrible pression sur mes épaules.

Au même moment, je pouvais voir une prisonnière se faire fouetter, attachée sur banc. Elle a été fouettée avec des câbles durant dix heures. Elle a été déchirée en lambeaux, sa chair se détachait avec ses vêtements. Il y avait, sur le sol, une énorme mare de sang. Elle n’a pas pu supporter la souffrance et elle est morte sous la torture.

Une fois redescendu au sol, mes épaules étaient devenues bleues et je ne pouvais plus les bouger. Les autres prisonniers m’ont aidé à manger. Pendant un mois et demi je suis resté dans le couloir et j’ai été emmené à des interrogatoires et fouetté. J’ai souffert d’hémorragie aux reins. Il y avait une prisonnière qui avait été tellement fouettée que ses jambes étaient complètement noires en-dessous des genoux. Elle a été exécutée plus tard parce que les mollahs n’auraient jamais libéré qui que ce soit d’estropié ou qui aurait perdu un membre sous la torture.

Un jour, ils m’ont appelé dans une salle et m’ont appris que j’étais condamné à mort. Ils m’ont dit d’écrire mes dernières volontés. J’ai été emmené dans une pièce avec quatre autres prisonniers. On nous a dit que nous serions exécutés le soir même. Ils nous ont bandés les yeux et ne nous ont rien donné à manger pour le déjeuner ou le dîner.

A ce moment, j’ai pensé à ma famille, me demandant comment elle réagirait à l’annonce de mon exécution. Aux alentours de trois heures du matin, ils nous ont tous emmenés en voiture dans un lieu inconnu. Puis ils nous ont attaché les mains dans le dos et nous ont mis debout contre un mur. C’était une nuit froide. J’ai entendu le chargement des armes, puis le son d’un coup de feu. C’était comme si je tombais d’une hauteur tout en dormant. Je ne pouvais ni contrôler mon corps ni me tenir sur mes pieds et je me suis écroulé à terre. J’attendais la mort. Après quelques minutes de silence, j’ai entendu les autres qui essayaient de remuer sur le sol. Puis j’ai entendu les gardiens de la révolution se moquer de nous. Ils nous ont emmenés dans une pièce et enlevé les bandeaux des yeux.

Nous nous sommes regardés l’un l’autre. Celui qui portait des lunettes disait ne plus rien voir, un autre vomissait toutes les heures et avait des cloques sur le corps alors qu’un autre avait développé un ulcère. J’ai eu des cloques sur le corps et le visage. Tout cela était arrivé en une heure. Quand j’ai vu un médecin à l’étranger, plusieurs années plus tard, il m’a expliqué que la réaction était due à une tension extrême au moment de la prétendue exécution. Il a dit que la pression avait activé la plus faible partie de notre corps.

Par la suite, ils m’ont emmené à la salle d’interrogatoire et ont recommencer à me fouetter. Six mois plus tard, ils m’ont emmené dans un pseudo procès où il n’a fallu que cinq minutes pour me lire l’acte d’accusation. On m’avait bandé les yeux et je ne pouvais rien voir.

Ils m’ont demandé si j’acceptais les charges retenues contre moi et j’ai répondu que non. Ils ont commencé à me battre et m’ont emmené au quartier 325. Il y avait là 110 personnes dans une pièce de cinq mètres sur six. Il y avait trois étapes pour s’y tenir. L’un se tenait debout, le suivant était assis et la dernière étape était de s’allonger. Il n’y avait absolument pas de place pour bouger.

Ils nous sortaient trois fois par jour pour aller aux toilettes. Ils ne nous laissaient que 30 minutes pour 110 personnes pour nous laver.

Plusieurs mois plus tard, m’ils ont emmené à la prison de Ghezel Hessar à  Karadj et m’ont enfermé dans les quartiers des droits communs. Quelques mois plus tard, ils ont emmené 20 d’entre nous dans un autre endroit et dans un autre sous-sol. Nous y étions 65.

Ils ne nous nourrissaient qu’à raison d’une cuiller par jour et si nous en demandions plus, nous étions extirpés de nos cellules et fouettés.

à suivre

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