mardi, mai 24, 2022
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Les inquiétudes européennes concernant le nucléaire iranien devraient se traduire par des pressions multilatérales

Samedi, les trois signataires européens de l’accord nucléaire iranien de 2015 ont publié une déclaration commune dans laquelle ils ont sonné l’alarme sur les dernières violations du régime iranien et ses menaces persistantes de s’éloigner davantage de l’accord à moins que la communauté internationale ne capitule devant ses demandes. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a décrit les dernières mesures comme faisant progresser la capacité nucléaire de Téhéran. Ce faisant, il a implicitement rejeté l’affirmation maintes fois répétée de Téhéran d’exclure les applications militaires du développement nucléaires censés être destinées à la production d’énergie nucléaire.

En réponse, l’homologue iranien de Le Drian, Mohammad Javad Zarif, a accusé le gouvernement français de diffuser des «absurdités». Il a également affirmé que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne n’ont rien fait pour préserver l’accord à sept parties dont les États-Unis se sont retirés en 2018. «Le JCPOA est vivant à cause de l’Iran et de l’E3», a-t-il déclaré sur Twitter.

Les remarques fermes de Le Drian samedi ont été parmi les derniers signes d’un soutien croissant à cette stratégie. La déclaration de samedi de l’E3 concernait la décision de l’Iran de commencer à travailler sur la production d’uranium métal, qui peut être enrichi en un élément clé du noyau d’une arme nucléaire. La déclaration faisait référence à des «implications militaires potentiellement graves» et indiquait que l’Iran n’avait «aucune utilisation civile crédible» pour le matériel. Il a ensuite exhorté les Iraniens à revenir au plein respect de ses engagements, mais n’a donné aucune indication claire des conséquences pour le régime s’il ne le faisait pas. Pendant ce temps, même le ministre français des Affaires étrangères s’est joint au reste de l’E3 en imposant à Washington et à Téhéran la responsabilité équivalente de rejoindre l’accord.

Ceci est tout à fait conforme à l’approche que l’Europe a traditionnellement adoptée pour faire face aux menaces et aux provocations iraniennes, mais c’est précisément la mauvaise approche. Si les Européens réussissent à convaincre la nouvelle administration américaine de reprendre inconditionnellement sa participation au JCPOA, cela signifiera donner à Téhéran exactement ce qu’il veut, en récompense de toutes ses violations systématiques.

L’affirmation de Zarif concernant le respect par l’Iran du JCPOA est complètement fausse. Les Européens ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour maintenir l’accord en vie depuis le retrait américain. Même après que l’Iran a annoncé qu’il avait mis fin à toute conformité et que l’E3 avait déclenché un mécanisme de règlement des différends qui aurait pu entraîner le retour de toutes les sanctions contre l’Iran, le chef de la politique étrangère de l’Union européenne a clairement fait savoir que lui et ses collègues étaient prêts à sortir ce processus indéfiniment. Cela fait maintenant un an, et l’UE devrait avoir quelque chose à montrer pour sa patience autre que le retour à un statu quo qui s’est avéré inapplicable.

Josep Borrell, le chef de la politique étrangère, a déclaré lundi que l’UE «regrettait profondément les mesures inquiétantes prises par l’Iran» et considérait les dernières violations comme des sujets «profondément préoccupants». Pourtant, Borrell continue d’exprimer un engagement presque servile à préserver l’accord dans sa forme actuelle. Sa position est partagée par certains en Europe, mais leurs raisons sont toutes bancales. Ils reconnaissent que l’expansion continue de l’activité nucléaire de l’Iran représente une menace grave pour la région et le monde, mais au lieu de voir cela comme une raison d’imposer au régime les conséquences d’une mauvaise conduite, ils l’utilisent pour justifier une reddition paniquée.

La bonne approche face au chantage iranien n’est pas d’offrir plus de concessions, mais de constituer une coalition internationale pour exercer davantage de pressions sur le régime. Cela mettrait la communauté internationale en mesure non seulement de prévenir la capacité nucléaire des mollahs, mais aussi de faire des progrès positifs dans le traitement d’un large éventail de problèmes, des essais de missiles balistiques de l’Iran à la prolifération des milices régionales extrémistes soutenues par l’Iran, en passant par la tendance actuelle de prise d’otages, de violations des droits de l’homme et de répression de la dissidence en Iran.

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