vendredi, septembre 25, 2020
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Raymond Tanter: La marche à suivre après l’accord nucléaire de l’Iran

Raymond Tanter: La marche à suivre après l’accord nucléaire de l’Iran

Le Professeur Raymond Tanter, un ancien haut fonctionnaire du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis, a écrit une tribune dans le cadre de l’anniversaire de l’accord nucléaire des puissances mondiales avec le régime iranien.

Dans un article publié jeudi par l’organe de presse Townhall, le Professeur Tanter écrit :

Approuvé le 14 Juillet 2015, nous nous approchons rapidement du premier anniversaire du Plan d’action conjoint global (JCPOA) entre l’Iran et les puissances mondiales. Les deux prochaines semaines constituent un moment idéal pour évaluer les changements survenus dans l’intervalle.

Instabilité régionale

Selon Matthew McGinnis, chercheur à l’American Enterprise Institute, environ un an après l’accord nucléaire avec l’Iran, il est au cœur de plusieurs conflits régionaux majeurs. Deux d’entre eux sont «chauds» : contre l’opposition et les groupes islamistes en Syrie et l’Etat islamique en Irak. Les autres sont les “plus froids”: une rivalité régionale avec l’Arabie Saoudite et les efforts déployés contre Israël dans le sud du Liban et le plateau du Golan, qui sont façonnés par la guerre civile syrienne.

Le 3 avril 2016, l’Ambassadeur des Émirats arabes unis Yousef al Otaiba a déclaré dans le Wall Street Journal : « Un an après l’accord nucléaire – détrompez-vous. L’Iran que nous avons toujours connu – hostile, expansionniste, violent – est vivace.» Le 29 juin, il était à un panel auquel j’ai assisté à Washington et a approfondi cet argument dans le WSJ. En octobre, novembre et plus tôt en mars, Téhéran a mené des tests de missile balistique en violation des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Concernant le combat de mars au Yémen, la marine française a saisi une importante cache d’armes en route de l’Iran vers les Houthis en rébellion contre le gouvernement légitime soutenu par l’ONU. À la fin du mois de Février, l’Australie a intercepté un navire au large des côtes d’Oman avec des milliers de grenades de lance-roquette. En Décembre, Téhéran a tiré des roquettes qui se sont dangereusement rapprochées d’un porte-avion américain dans le détroit d’Ormuz, quelques semaines avant de placer en détention un groupe de marins américains.

Conformité inconnue

Qu’en est-il du rapport du 27 mai 2016 de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur la conformité de l’Iran avec l’accord nucléaire ? Voir le bon côté de l’accord nucléaire exige d’ignorer les faiblesses évidentes du rapport de l’AIEA qui ne spécifie même pas la quantité d’uranium faiblement enrichi que la République islamique a stocké, le nombre de centrifugeuses qui fonctionnent sur le site d’enrichissement de Natanz ou si ses activités d’enrichissement ont effectivement pris fin à Fordow. C’est parce que, selon les termes de l’accord nucléaire, l’Iran ne doit faire preuve que d’une ouverture minimum. Le chef de l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU affirme que bien que l’Iran semble adhérer à la lettre de l’accord, « ses inspecteurs ont été mis à rude épreuve par la tâche de surveillance de la conformité à travers un pays de la taille de l’Alaska.»

La marche à suivre

Considérant l’absence de compromis réel de l’Iran et sa position envers le reste du monde, le prochain anniversaire est un bon moment pour admettre qu’il est temps d’envisager la suppression de la dictature théocratique de l’Iran et l’établissement d’un gouvernement démocratique élu par le peuple. La mi-Juillet sera doublement fortuite. Même avant que nous ne célébrions l’anniversaire de l’accord nucléaire, le monde aura l’occasion d’avoir des nouvelles de la résistance contre la théocratie iranienne non élue et un plan des opposants pour une alternative démocratique : Il doit y avoir un rassemblement des partisans du Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI ), appelé rassemblement « Liberté de l’Iran » à Paris le 9 Juillet. L’événement de l’an dernier a attiré plus de 100.000 personnes.

Une voie à suivre est de reconnaitre que l’argument de base, dans le cas de l’administration Obama pour la promotion de l’accord nucléaire, est le récit selon lequel l’élection d’Hassan Rohani et d’autres « modérés » iraniens ont rendu l’accord possible. Ben Rhodes, le conseiller national adjoint de la Maison-Blanche pour les Communications stratégiques, a reconnu qu’une telle histoire était « le centre de l’arc » d’un faux récit qui a été « en grande partie conçu » dans le but de faire aboutir l’accord.

Le CNRI rejette l’idée selon laquelle l’accord nucléaire conduira à un Iran plus modéré, ou renforcera le rôle des « modérés » à Téhéran. Par ailleurs, les dissidents iraniens n’acceptent pas la sagesse traditionnelle selon laquelle le régime est à l’abri d’un changement de régime depuis l’intérieur. La tendance des événements en Iran depuis l’année dernière appuie l’opinion selon laquelle le changement de régime par les iraniens est à portée de main.

Compte tenu de l’instabilité régionale et de la conformité inconnue à la suite de l’accord nucléaire avec l’Iran, tous ceux qui se posent encore des questions sur la marche à suivre pour la politique américaine envers l’Iran seraient bien avisés d’écouter ce que le CNRI et ses alliés américains, Européens, et du Moyen-Orient ont à dire à leur rassemblement. Une fois que leurs voix auront été entendues, la communauté internationale devrait avoir une idée plus claire de la façon dont il faut provoquer un changement de régime depuis l’intérieur. A cet effet, mon étude suggère que supporter l’alternative démocratique au détriment du régime iranien est le chemin vers la stabilité régionale et la conformité nucléaire.

Raymond Tanter, professeur émérite de l’Université du Michigan ; et un ancien haut fonctionnaire du Conseil national de sécurité de l’administration Reagan – Bush, est chercheur adjoint de l’Institut de Washington, conduisant des recherches sur les options de la politique américaine envers l’Iran.

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