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La télévision nationale censure la cérémonie du cinéma iranien

Mercredi 12 février, c'est la télévision nationale, censée transmettre en direct la cérémonie la plus importante du cinéma iranien, qui est au centre des critiques. Car, en plusieurs reprises, elle a interrompu son émission directe et a montré à la place des images de son studio dès que les invités sur scène prononçaient des phrases critiquant la censure ou le pouvoir...."Le prix de la meilleur censure a été attribué à [Ezzatollah] Zarghami, chef de la radio et de la télévision nationales", peut-on lire sur la "une" du quotidien Ghanoon, daté de ce mercredi 12 février.

Le documentariste Mojtaba Mirtahmasb, connu en France pour avoir réalisé avec Jafar Panahi le film "Ceci n'est pas un film", a évoqué le cas de ces "réalisateurs qui ne sont pas dans la salle", lors qu'il a reçu le prix spécial du jury pour son documentaire "Six siècles et six ans". Une allusion à son camarade et ami, le mondialement connu Jafar Panahi, condamné à six ans de prison et vingt ans d’interdiction d'exercer son métier et de parler à la presse. Ce passage a également été censuré par la télévision iranienne.

Lorsque le gagnant du meilleur maquillage, Mohsen Darsanj, a dédicacé son trophée au réalisateur des "Admirables ordures", la télévision a interrompu sa transmission en direct.

Elle a également refusé de diffuser une performance musicale, assurée par le chanteur Ali Reza Ghorbani. Quelques minutes plus tard, la musique a été diffusée sans que les images des instruments de musique soient montrées.

Le film "Je ne suis pas en colère", abordant l'histoire d'un étudiant, exclu de l'université en raison de ses activités politiques, a été sélectionné dans cinq catégories. Le sujet a créé énormément de réactions dans la presse. Certains députés ont déjà envoyé un avertissement écrit au ministre de la culture, Ali Janati, lui demandant des explications. La conférence de presse de l'équipe du film a été annulée à la suite des menaces explicites des forces de bassidj, milice islamique en Iran. Les responsables de Fajr avaient demandé au réalisateur, Reza Dormishian, de se retirer volontairement de la compétition, ce qu'il avait refusé. Le film a été ensuite écarté de toutes les compétitions.

Le festival s'appelle Fajr, tenu tous les ans pendant dix jours depuis 1982 par le ministère de la culture et de l'orientation culturelle, à l'occasion de l'anniversaire de la révolution en 1979.

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