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ASHARQ AL-AWSAT : les exécutions des années 80 hantent les hauts fonctionnaires iraniens

ASHARQ AL-AWSAT : les exécutions des années 80 hantent les hauts fonctionnaires iraniens

CNRI – Mercredi 31 août 2016, le Asharq Al-Awsat, le premier quotidien pan arabe mondial, a publié un article dans lequel il couvre brièvement les évènements majeurs de ces 20 derniers jours concernant les effets sérieux d’une révélation importante sur le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 en Iran. Voici le texte complet de l’article.

Londres – Une polémique controversée a éclaté il y a 20 jours alors qu’un enregistrement d’un député iranien du guide suprême, Hussein-Ali Montazeri, a été publié. On peut entendre dans cet enregistrement les objections de Montazeri quant aux peines de mort exécutées par le régime en 1988.

Le fichier audio controversé de Montazeri a déterré des cas iraniens devant le grand public, notamment ceux concernant des milliers d’exécutions contre des militants politiques. Les hauts fonctionnaires actuels en Iran sont acculés, alors que les commentaires de Montazeri ont alimenté l’agitation de la population contre le régime à l’approche de commémorations pour les morts.

Le gouvernement de Rohani, autoproclamé guide vers « l’espoir et la modération », est resté muet alors que des rapports révélaient que des fonctionnaires, qui sont responsables d’exécutions collectives dans le passé, ont été assignés à de hauts postes au gouvernement.

Le bloque de soutien à Rohani a également joué un rôle majeur dans les tueries. Mais avec ces nouvelles révélations, des soutiens autoproclamés « modérés » sont tombés de haut. Le parlement iranien a été directement touché et a reçu des critiques sur ce qui est aujourd’hui appelé l’été des exécutions collectives.

Le second député du parlement iranien, Ali Motahari, s’est adressé au ministre de la Justice actuel, Mostafa Pourmohammadi, membre de la « commission de la mort » qui a autorisé le massacre des prisonniers, lui demandant des clarifications immédiates à propos de l’enregistrement de Montazeri.

L’enregistrement, rendu public et mis en ligne le 9 août, montre que les objections de Montazeri envers les exécutions n’ont fait que l’écarter du pouvoir et de son poste de député du guide suprême la même année, un mois seulement avant que le rouhollah Khomeiny – ancien guide suprême – ne meurt.

Dans l’enregistrement, Montazeri rencontre quatre autres fonctionnaires responsables de la mise en œuvre des exécutions et il condamne ces exécutions, car il les voit comme inconstitutionnelles et prévient que ces morts n’apporteront qu’une image sombre à l’histoire de Khomeiny.

Montazeri déclare dans l’enregistrement : « le plus grand crime commis sous la République islamique est d’avoir exécuté 6000 militants politiques. Ce régime a mis en œuvre, seulement pendant la première année, plus d’exécutions que sous le régime de Pahlavi. »

« L’Histoire se souviendra de Khomeiny comme d’un dirigeant sanguinaire et un criminel. »

Personne n’a défendu avec plus d’ardeur leurs actions à ce moment-là que le ministre de la Justice, Mostafa Pourmahammadi, qui était à l’époque le représentant du ministère des Renseignements à la prison d’Evine lorsque les exécutions ont eu lieu.

Pourmohammadi et trois autres individus étaient en charge du comité qui supervisait les exécutions. Utilisant le terme « hypocrite » pour se référer aux militants politiques, Pourmohammadi a déclaré aux journalistes le 28 août : « vous ne pouvez pas montrer de la pitié envers les hypocrites, car s’ils peuvent vous tuer ou vous souiller, ils le feront. » Il a ajouté : « Nous sommes fiers d’exécuter les ordres en respect avec les hypocrites. »

L’enregistrement audio a révélé les discussions entre Montazeri et la commission judiciaire composée de Hossein-Ali Nayeri, le juge de la charia, Morteza Eshraqi, le procureur du régime, Ebrahim Raeesi, vice-procureur et Mostafa Pourmohammadi, représentant du ministère des Renseignements et de la Sécurité (MOIS), actuel ministre de la Justice.

Les exécutions de 1988 ont principalement affecté les membres des Mujahedeen-e-Khalq (MEK), l’opposition kurde et les gens de gauche.

 

Source : Asharq Al Awsat

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