dimanche, avril 18, 2021
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Des documents disent que l’Iran aide les milices en Irak

 Par Mark Mazzetti

The New York Times, 19 octobre – Ils se réveillent avant l'aube, pour avoir le temps de faire du sport, manger et prier avant la première classe de tirs à la Kalachnikov de la journée.

Les huit prochaines heures seront consacrées à la pratique du bazooka ou la pose de bombes de bord de route, avec une pause pour le déjeuner et l'instruction religieuse obligatoire.

Temps libre dans la soirée pour regarder la télévision ou jouer au ping-pong.
 
Extinction des feux à 11 h

Voilà la journée type dans une base militaire poussiéreuse en dehors de Téhéran, où au cours de ces dernières années les membres des gardiens de la révolution iraniens de la force Qods et du Hezbollah libanais ont entrainé des chiites irakiens à lancer des attaques contre les forces américaines en Irak, selon les récits fait à des interrogateurs américains par des combattants irakiens capturés.

Les responsables américains ont depuis longtemps donné l’entrainement et les armes de l’Iran comme raisons des attaques mortelles menées par des combattants chiites en Irak. Les responsables iraniens nient l’existence de ces entrainements.

Aujourd'hui, plus de 80 pages de nouveaux documents de renseignement déclassifiés pour la première fois décrivent en détail un vaste réseau utilisé par les Irakiens pour entrer en Iran et s’y entraîner sous contrôle iranien. Ils offrent les informations les plus complètes à ce jour pour appuyer les allégations américaines sur les activités de l'Iran visant à mettre sur pied une force à ses ordres en Irak. Ces affirmations sont devenues très politisées, avec ceux qui critiquent l'administration Bush d’exagérer ces déclarations sur l’implication iranienne.

Le récit des prisonniers ne peuvent être vérifiés de façon indépendante. Pourtant, les détenus ont donné des renseignements étonnement semblables sur les bases d’entraînement en Iran, un réseau clandestin de caches en Iran et en Irak qu’ils ont emprunté pour atteindre les camps et les tensions intra-chiites dans les camps entre les Irakiens arabes et leurs formateurs iraniens.
 
Bien que les attaques contre les Américains par des milices chiites aient connu une forte baisse cette année, les autorités militaires et les services de renseignement ont déclaré qu'il existait des preuves comme quoi les milices, parfois dénommés "groupes spéciaux", étaient de retour en Irak pour perturber les prochaines élections et intimider la population. Le général Jeffery W. Hammond, commandant des forces américaines à Bagdad, a récemment déclaré qu'il croyait que certains miliciens avaient regagné la capitale ces dernières semaines.

Les documents recueillis par le Centre de lutte contre le terrorisme à West Point, sont une compilation de rapports d'interrogatoire basés sur les procès verbaux de plus de deux dizaines de combattants chi’ites capturés en Irak en 2007 et 2008. (Les documents sont disponibles en ligne à ctc.usma.edu / Iran_Iraq.asp.) Le centre est un organisme de recherche qui compile et analyse des renseignements relatifs à Al-Qaïda, l'Irak, l'Iran et d'autres sujets.

Les documents présentent une stratégie iranienne visant à utiliser les chiites irakiens comme agents, en partie pour éviter le risque de voir des Iraniens capturés en Irak. Dans un rapport de renseignements, un prisonnier raconte à ses geôliers que « l'Iran ne veut pas faire de guerre directe » avec les forces américaines en Irak parce que Téhéran craint que les États-Unis ne détruisent l'Iran.

Les services de renseignement américains disent croire que, depuis qu’une poignée de gardiens de la révolution iraniens ont été capturés à Bagdad en 2006, l'Iran a changé de stratégie et emmène de petits groupes d'Irakiens en Iran. Les Irakiens sont ensuite renvoyés dans leur pays pour entraîner des militants chiites à une échelle plus grande.

Selon un haut responsable du renseignement américain, il existe des éléments indiquant que l’entraînement en Iran pourrait s’être considérablement élargi cette année pour accueillir des dizaines de miliciens irakiens ayant fui l'Irak au cours des campagnes militaires à Bassora et à Bagdad.

Brian Fishman, directeur de recherche au Centre de lutte contre le terrorisme et co-auteur d'une nouvelle étude sur l'influence politique et militaire de l'Iran en Irak, a déclaré que même si l'Iran n'est pas dans le commandement direct des groupes de milices en Irak, l’entraînement est un des moyens mis de l'Iran pour accroître ou diminuer son influence à volonté en Irak.

« Avoir des alliés dans la milice est une couverture », a-t-il dit. « Si les choses se retournent contre l'Iran politiquement, ça lui donne un levier à actionner. » 

Les responsables américains disent qu'on ne sait pas vraiment encore le degré d’implication directe de hauts responsables iraniens dans l’entraînement, mais ils disent qu'ils sont convaincus que cela se déroule avec au moins l'approbation tacite des éléments du gouvernement iranien. Les documents ne fournissent aucune preuve directe de contrôle de l’entraînement par de hautes autorités du gouvernement iranien.
 
La nouvelle étude sur l'Iran, écrite par M. Fishman et le colonel Joseph H. Felter, conclut que l'Iran cherche à attaquer les troupes américaines en Irak en partie pour montrer ses propres capacités et en partie pour « faire la démonstration d'une dissuasion crédible contre une attaque des États-Unis sur les installations nucléaires de l’Iran. »

Les prisonniers ont décrit dans le détail les routines quotidiennes dans les camps iraniens, allant de l'intensité de l’entraînement aux armes à la plus banale des plaintes de la vie militaire. L'un des Irakiens capturés décrit une mini-révolte des stagiaires parce qu'ils n'avaient pas reçu de chaussettes à porter dans leurs rangers militaires.
 
Les documents révèlent aussi des failles profondes ethniques entre les chiites iraniens et irakiens. Les Irakiens se plaignent que leurs formateurs iraniens ne leur montrent pas de respect et qu’ils font des remarques désobligeantes sur Moktada al-Sadr, le dignitaire religieux chiite irakien qui dirige un mouvement de résistance anti-américain en Irak.

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