mardi, novembre 30, 2021
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Iran : Le ministère des renseignements répète sa vieille tactique contre l’opposition iranienne

le Comité d’avocats anglo-iraniensNCRI, 10 novembre – Le communiqué suivant a été publié le 9 novembre, par le Comité d’avocats anglo-iraniens (CAIL).

L’agence de presse du régime iranien, IRNA, a rapporté hier qu’une conférence de presse serait tenue par plusieurs agents du ministère des renseignements et de la sécurité (VEVAK) dans les bureaux londoniens d’Emma Nicholson, une eurodéputée britannique, qui est proche non seulement du régime iranien mais aussi de l’ancien et actuel ministre du VEVAK, Ali Younessi et Gholam-Hossein Mohseni Ejeï. Cette réunion a pour but d’accuser les «  hypocrites,  [l’organisation  Moudjahidine du peuple d’Iran]  d’avoir participé aux crimes perpétrés par l’ancien dictateur irakien et d’appeler à la poursuite en justice de cette organisation. » En plus de Massoud Khodabandeh, sa femme, Ann Singleton, et Emma Thomson, Alain Chevalieras, et une femme hollandaise, Judith Neurink, prendront part à la réunion.

Cette tactique transparente du VEVAK qui a échoué lamentablement par le passé en France,  à Washington DC et la Haye, est prévue à Londres après une série de succès politiques importants de l’opposition iranienne, avec la manifestation de 35.000 personnes devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles. Lors de cette manifestation les partisans de l’opposition ont demandé que le dossier nucléaire de Téhéran soit envoyé au Conseil de Sécurité pour l’adoption d’un embargo complet pétrolier et technologique, et le retrait de la marque de terroriste injuste sur l’OMPI. Les parlementaires britanniques des trois principaux partis politiques ont exprimé leur soutien à l’OMPI comme un mouvement légitime de Résistance. Les parlementaires britanniques et plusieurs membres du Parlement européen ont fait part des demandes du peuple iranien et celles des manifestants manifestation directement avec la présidence de l’UE.

Face à une condamnation et une indignation mondiale des propos de Mahmoud Ahmadinejad sur  la destruction d’Israël que le premier ministre Tony Blair a qualifié de « totalement révoltants et inacceptables », le régime iranien essaye de dévier l’attention de sa quête  acharnée d’armes nucléaires et de son ingérence terroriste et intégriste croissante en Irak, qui inclut le financement et l’armement des groupes terroristes responsables de la mort de soldats britanniques, qui a été reconnu par de nombreux chefs d’Etats et de autorités dans le monde, comme le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense de la Grande Bretagne, à la présidence tournante de l’UE.

Effrayé par la présence de témoins et de victimes iraniennes du VEVAK qui, lors de réunions similaires, avaient exposé la véritable nature du régime et de ses complots, les organisateurs ont fait en sorte que la réunion du 10 novembre ne puisse être assisté que sous réserve d’invitations qui avaient été distribuées aux opérateurs du régime iranien.

Selon la déposition d’un témoin enregistrée dans un tribunal britannique le 12 novembre 2002, par Ebrahim Khodabandeh, le frère de Massoud Khodabandeh (un des principaux organisateurs de la conférence de presse), Massoud  Khodabandeh a été recruté par le VEVAK au milieu des années 1990. Il a souvent voyagé à Téhéran et en Extrême-Orient pour des réunions formelles avec les responsables du VEVAK concernant les actions à entreprendre contre l’OMPI.

Ebrahim Khodabandeh avait aussi dévoilé lors de sa déposition la longue coopération entre Ann Singleton (la femme de Massoud Khodabandeh), que l’IRNA présente comme «  une ancienne membre britannique des Moudjahidine» et du VEVAK, incluant ses nombreux voyages en Iran. L’ancien parlementaire travailliste, Win Griffiths, a publié une lettre sur sa visite humanitaire de la funeste prison Evine en été 2004. La prison d’Evine prison est un endroit où des dizaines de milliers de prisonniers politiques ont été torturés et exécutés, et où la journaliste  canado-iranienne, Zahra Kazemi a été brutalement torturée, violée puis assassinée. Dans sa lettre, M. Griffiths a exprimé sa surprise d’avoir vue Anne Singleton, assise aux cotés des interrogateurs et l’attendant pour le rencontrer à Evine.

Emma Nicholson est un personnage discrédité, dont les liens avec le régime iranien et le VEVAK ont été rapportés par les médias officiels iraniens. Dans une lettre publiée le 16 mars 2005, le quotidien gouvernemental Kayhan révélait les contacts entre Nicholson et le chef VEVAK, Ali Younessi. Cette lettre disait qu’ « étant donné son rôle dans le parlement britannique et à l’Union Européenne, la baronnesse Nicholson a lancé des actions spéciales  ces dernières années pour collecter des documents et des preuves crédibles et irréfutables pour avoir le nom du groupuscule terroriste, les Hypocrites, sur la liste des groupes terroristes et inhumains. Le VEVAK a utilisé cette opportunité et discuté de quelques sujets avec elle lors d’une réunion. »

Au cours de l’adoption d’une nouvelle résolution au Parlement européen contre les terribles violations des droits de l’homme par le régime iranien, elle a déclarée que l’Iran était le pays le plus démocratique du Moyen-Orient et où  les femmes avaient le plus de droits comparé au reste de la région. Ses propos avaient soulevé l’indignation des parlementaires européens.

Le quotidien officiel iranien « Abrar » écrivait aussi le 1 mars 2003 : « Nicholson a déclaré en 1999 et 2000 que l’OMPI avait transféré une partie des armes de destruction massive de Saddam et les avait enterré dans les marécages du sud du pays. » Bien sûr cette allégation, comme beaucoup d’autres faites par Nicholson contre l’OMPI, s’est avérée au fil du temps complètement fausse. Un autre exemple de son implication dans la campagne de désinformation du VEVAK contre l’OMPI est celle du meurtre de trois dirigeants chrétiens en Iran en 1994, qui avait été initialement mis sur le compte de l’OMPI, mais qui s’est avéré plus tard être l’œuvre du numéro deux du VEVAK. Le 21 juin 1995, le quotidien  Iran écrivait : « Une réunion anti-iranienne à la Chambre des Communes a été dénoncée après que le secrétaire du groupe des droits de l’homme du parlement ait révélé le complot des Moudjahidine sur l’assassinat des trois prêtres chrétiens. Emma Nicholson, député conservateur, a évoqué sa rencontre avec les meurtriers des prêtres en Iran et a dit qu’après cette encontre, il était clair pour elle que les Moudjahidine étaient responsables de ces meurtres…. Mme Nicholson a dit aux parlementaires qu’elle avait « rencontré deux femmes qui ont été arrêtées et qui ont confessé». Elle a dit que lors de sa rencontre avec ces deux femmes, personnes d’autres n’était présent et qu’elles avaient confessé avoir commis ce crime sur ordres du groupe Radjavi ».

Le 9 février 1996, le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Tolérance Religieuse déclarait que « le gouvernement iranien avait apparemment décidé d’exécuter ces dirigeants protestants afin non seulement pour salir la réputation de l’OMPI en les déclarant responsable de ces crimes, mais aussi sur le front intérieur, pour décapiter la communauté protestante et la forcer de cesser les conversions de musulmans… »

Le Daily Telegraph a aussi écrit le 5 mars 2004 que Nicholson qui avait monté une association caritative du nom de Ammar, un jeune irakien victime de la guerre, avait ensuite abandonné le garçon qui était alors âgé de 23 ans.

Un autre participant à cette conférence de presse est Alain Chevalieras. Dans plusieurs de ses voyages en Iran, il a été accusé d’être l’invité du VEVAK et ses dépenses ont été couvertes par un organisme écran du travail du VEVAK, aussi connu sous le nom de «  la Maison du Travail ». C’est Ali Rabi’i, ancien vice-ministre du VEVAK et ex-secrétaire du Conseil Suprême de Sécurité nationale sous Mohammad Khatami, qui a fondé cette Maison du Travail.

L’autre participante est une Hollandaise nommée Judith Neurink. Son entretien avec une radio en persan le 7 novembre 2005, a dévoilé ses motivations pour prendre part à cette campagne de diabolisation de l’OMPI. Elle a dit, « au contraire de ce que disent les Etats-Unis, les Moudjahidine ne sont pas la seule alternative au régime actuel. Notre conclusion principale c’est d’être prudents, cette organisation est dangereuse. »

Le comité d’avocats anglo-iraniens attire l’attention de l’opinion publique en Grande Bretagne et les responsables concernés, particulièrement les services de sécurité britanniques, sur les activités du VEVAK et ses opérateurs étrangers à Londres. Il a souligné que le sol européen ne devait pas se transformer en un terrain de chasse  des agents iraniens et non iraniens du VEVAK. C’est un immense sujet d’inquiétude pour les dissidents iraniens, spécialement ceux qui ont à l’esprit le passé du régime iranien sur l’assassinat des dissidents iraniens au cœur de l’Europe. A cet égard, le comité rappelle un livre publié en 1996 intitulé « Iran : Etat de Terreur », qui soulignait : « Une autre méthode est d’utiliser un petit nombre de déserteurs qui à une étape ont coopéré avec le mouvement d’opposition. Ces personnes, par manque ou absence de motivations pour continuer la lutte et maintenir leurs principes, se sont laissées acheter par le régime à une étape ultérieure. De telles personnes ont pour le moment procuré aux terroristes du régime basé en Europe les informations et les services politiques les plus complets. En plus de fournir au régime, des informations sur les cibles d’assassinats, ils préparent le terrain politique pour les meurtres des dissidents en propageant de la propagande contre les individus ou organisations dans lesquelles ils avaient précédemment coopéré, en les diffamants et en les accusant d’être pires que le régime en place. »

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