mardi, novembre 30, 2021

Iran-Terrorisme: La haine

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LE MONDE, 27.10.05 – ‘il en était besoin, le masque est tombé. En appelant le monde musulman à faire en sorte de rayer Israël de la carte, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a complété en quelques mots, mercredi 26 octobre, l’inquiétant portrait d’un chef d’Etat tout-puissant et extrémiste. A chacune de ses déclarations, l’ambition iranienne, portée désormais par cet ancien Gardien de la révolution, se manifeste de manière de plus en plus ouverte et agressive.

Edito du Monde

LE MONDE, 27.10.05 – ‘il en était besoin, le masque est tombé. En appelant le monde musulman à faire en sorte de rayer Israël de la carte, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a complété en quelques mots, mercredi 26 octobre, l’inquiétant portrait d’un chef d’Etat tout-puissant et extrémiste. A chacune de ses déclarations, l’ambition iranienne, portée désormais par cet ancien Gardien de la révolution, se manifeste de manière de plus en plus ouverte et agressive.

A tous ceux qui croyaient ou voulaient croire que la République islamique s’était finalement assagie, en renonçant en particulier à cultiver son obsession "antisioniste", le réel se charge de démontrer qu’il n’en est rien. L’Iran de Mahmoud Ahmadinejad persiste et signe. Le nouveau président iranien entend bien réactiver la doctrine officielle de la jeune République depuis sa création en 1979 : "Comme l’a dit l’imam Khomeiny, Israël doit être rayé de la carte", a-t-il déclaré devant quelques milliers d’étudiants exaltés à l’occasion d’une conférence au thème sans équivoque  "Le monde sans le sionisme".

D’un coup, la parenthèse réformatrice de la présidence de Mohammad Khatami (1997-2005) s’est effacée. Voilà l’Iran à nouveau plus radical que les Palestiniens, déterminé à redevenir le porte-voix du monde musulman, à préempter le leadership de masses déshéritées, humiliées et en colère. Dans ce rôle convoité, le président iranien choisit de parler comme les prédicateurs les plus extrémistes, encourageant la foule à vouer aux gémonies Israël, les Etats-Unis, et pour faire bon poids, promettant aux dirigeants arabes tentés de reconnaître l’Etat juif de brûler "au feu de la fureur de la communauté des croyants".

Le discours de haine tenu par le président iranien intervient sur fond de raidissement politique. A défaut d’avoir su donner en quelques mois un regain d’espoir à son peuple (15 % de la population active est au chômage) et d’avoir montré que la manne pétrolière pouvait être mieux répartie, le régime s’applique à flatter les réflexes les plus conservateurs et dogmatiques. Les femmes, notamment, qui avaient pu ces dernières années bénéficier de très timides avancées, se voient à nouveau placées sous un contrôle vestimentaire permanent. Le monde de la culture est, lui, placé sous haute surveillance : le Conseil suprême de la révolution culturelle vient d’interdire la distribution et la projection "de films étrangers qui font la propagande des idées laïques, féministes, libérales (…)". Les sites Internet sont observés, filtrés, voire interdits.

La brutalité de ce retour en arrière est plus qu’un mauvais signe. C’est un sujet d’alarme sérieuse au moment où l’ambition nucléaire iranienne s’affiche obstinément. Au terme des négociations entre Téhéran et l’Union européenne, personne ne croit plus à la fable d’une puissance pétrolière cherchant à se doter d’un outil nucléaire civil. La communauté internationale est aujourd’hui en droit d’éprouver une très vive inquiétude sur l’usage que l’Iran ferait de la bombe.

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