dimanche, juin 26, 2022
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Khamenei et la tâche difficile de ses imams : contrôler une société volatile en Iran

Khamenei et la tâche difficile de ses imams : contrôler une société volatile en Iran
En avril 2018, des manifestants à Kazeroon, dans la province du Fars, ont envahi le lieu de la prière du vendredi de la ville et scandé des slogans de colère contre le régime.

L’Iran a fêté l’Aïd al-Fitr mardi. Outre de fausses déclarations de « victoire » sur leur « ennemi » et leur rhétorique anti-occidentale, les imams intégristes ont reconnu la crise économique du pays, la présence d’une opposition organisée dans la société et la menace d’un soulèvement imminent.

Ces prières interviennent peu de temps après les sermons de la prière du vendredi et sont le reflet de l’impasse nationale et internationale du régime.

« Nous sommes confrontés à une flambée des prix, ce qui est très douloureux », a reconnu mardi Ahmad Khatami, le responsable de la prière de l’Aïd à Jamkaran, près de la ville de Qom. « La République islamique n’est pas dans une impasse et n’en atteindra jamais », a-t-il affirmé (l’agence de presse IRNA).

Outre les faits indéniables sur le terrain qui pointent vers l’impasse absolue du régime, si le régime est « puissant », pourquoi Khatami doit-il le souligner ?

Les chefs de prière en Iran sont nommés par le guide suprême du régime, Ali Khamenei. Ils occupent des postes importants et jouissent de privilèges sociaux. Le sermon de prière du vendredi, et d’autres sermons de prière comme celui de mardi, sont devenus un lieu important pour diffuser de la propagande et remonter le moral des forces du régime.

Depuis le détournement de la révolution anti-monarchique de 1979, la théocratie au pouvoir en Iran a utilisé les sermons de prière pour transmettre les messages du Guide suprême des mollahs. Le contenu de ces messages découle de la situation du régime. Ainsi, peu de temps après la révolution, les mollahs ont établi un appareil religieux polyvalent pour entreprendre la mission de mettre pleinement en œuvre leur interprétation rétrograde de l’islam et des politiques destructrices du pouvoir.

« Les responsables devraient empêcher les prix d’augmenter. Les responsables locaux de la province de Gilan devraient s’efforcer d’empêcher les gens d’avoir des difficultés », a déclaré Rasoud Falahati, un chef de prière de la province de Gilan, dans le nord de l’Iran, cité par l’agence de presse Fars le 3 mai.

Il semble que le représentant de Khamenei à Gilan ait oublié que les prix n’obéissent pas aux ordres et que les responsables du régime devraient abandonner leurs politiques corrompues pour que les prix baissent.

« Le pays souffre de deux problèmes. Le premier est la flambée des prix et ceux qui les créent. Deuxièmement, le port incorrect du voile », a déclaré mardi Ahmad Alam-ol-Hoda, le représentant de Khamenei à Mashhad.

Alam-ol Hoda, alias « souverain de la province de Khorasan », parle des moyens de subsistance des gens alors qu’il supervise un empire financier, et ses enfants occupent des postes de responsabilité. De plus, son gendre, Ebrahim Raïssi, est désormais président du régime. « L’absence de vertu affecte gravement les conditions de vie des gens », a-t-il affirmé.

Il convient de noter qu’il y a eu plusieurs attaques à l’acide et délits de fuite contre des femmes à Mashhad sous prétexte de « promotion de la vertu et prévention du vice ». La semaine dernière, les forces du régime ont attaqué des femmes qui tentaient d’assister à un match de football à Mashhad. Ces attaques ont été encouragées et révélées plus tard avoir été organisées par Alam-ol Hoda.

« Certaines personnes souffrent de la flambée des prix et s’attendent à ce que ces problèmes soient résolus », a admis Kazem Sediqi, responsable de la prière de l’Aïd, le 3 mai.

Tout en reconnaissant le soutien croissant pour la Résistance iranienne et le rôle des médias sociaux, Sediqi a appelé à « restreindre les plateformes de médias sociaux » qui ont dénoncé les délits des responsables du régime et montré leur vraie nature.

Pendant ce temps, les enseignants et les travailleurs ont organisé des rassemblements dans le pays les 1er et 2 mai. Les forces de sécurité du régime ont annoncé plus tard qu’elles avaient arrêté des militants qui auraient été liés à la principale opposition iranienne, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI).

Pourtant, Sediqi n’a pas hésité à affirmer que « les travailleurs ont soutenu avec zèle la République islamique et n’ont jamais répondu aux appels de l’OMPI à manifester dans les rues ». L’accent en disait long.

L’Iran a souffert de sa pire crise économique et sociale du siècle dernier. Des milliers de publicités vendant des parties de corps ou pré-vendant des bébés sur les murs, des images d’enfants cherchant de la nourriture dans les poubelles et des protestations de personnes de tous horizons témoignent de l’état triste mais explosif du pays.

Face à une société dynamique, le régime a tenu rigoureusement ces sermons car il a désespérément besoin de légitimer sa présence politique, religieuse et sectaire sur les ruines du pays.

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