samedi, novembre 27, 2021
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La corruption du régime iranien finira qu’avec le changement de régime

Ces dernières années, les mouvements de protestation les plus importants en Iran ont tous commencé par l’expression de griefs économiques. Fin décembre 2017, les manifestations dans la ville de Machhad condamnaient la politique économique du gouvernement à la suite d’une série d’indicateurs alarmants. De manière inattendue, ces manifestations locales ont rapidement été suivit d’autres à travers le pays, entraînant un soulèvement de grande ampleur à l’échelle nationale. Le schéma s’est répété à plus grande échelle encore en novembre 2019, après que les autorités du régime eurent annoncé une hausse soudaine du prix de l’essence.

Ces deux soulèvements ont mis en évidence l’ampleur des frustrations face à l’augmentation du niveau de pauvreté, du chômage et du fossé sociale qui se creuse scandaleusement. Officiellement, le régime affirme que le taux de pauvreté touche environ un tiers de la population. Mais certains responsables du régime confirment ce que les militants de l’opposition ont dénoncé : jusqu’à 80 % de la population iranienne vit en dessous du seuil de pauvreté. Les protestations ne laissent guère de doute : la responsabilité revient non pas aux sanctions occidentales, mais les politiques égoïstes et la corruption galopante du régime des mollahs.

Certains aspects de cette corruption ont été confirmés dimanche par Parviz Fattah, chef de Bonyad Mostazafan (« Fondation des opprimés »). Cette fondation, qui se veut un trust caritatif, a été identifiée comme l’une des quatre institutions qui contrôlent environ 60 % de la richesse nationale de l’Iran.

Dans une interview à la télévision d’État, Fattah a identifié plusieurs cas spécifiques de détournement ou de malversation des fonds de la fondation. Ces révélations étaient manifestement destinées à attaquer des adversaires politiques et des personnes qui n’ont plus la faveur du pouvoir en place. Mais Fattah n’est en aucun cas le seul responsable du régime à utiliser l’aveux de corruption comme une arme des lutte internes entre factions. Et au fil du temps, les divers aveux ont contribué à faire comprendre que cette corruption est une caractéristique endémique de la dictature théocratique.

Le journal Jahan-e Sanat a récemment été fermé après avoir accusé les responsables de Bonyad Mostazafan de traiter les biens de la fondation comme leur héritage personnel. Le journal a ajouté que cette situation était aggravée par le fait que la plupart des biens immobiliers de la fondation avaient auparavant appartenu à des citoyens iraniens. « Bonyad a confisqué ces terres en premier lieu, maintenant d’autres les ont confisquées à Bonyad », souligne le journal.
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Bonyad n’est pas la seule institution à avoir gagné des richesses de cette manière. Un rapport de l’agence de presse Reuters en 2013 expliquait que c’est la source d’une grande partie du pouvoir financier et de l’influence dont jouit le Guide Suprême Ali Khamenei. Le rapport a conclu que les biens immobiliers et les entreprises d’une institution appelée « Setad » étaient estimés à pas moins de 95 milliards de dollars, placé sous le seul contrôle du Guide Suprême. En outre, ces avoirs étaient explicitement fondés sur le principe de la confiscation. Bien que Setad ait été conçue à l’origine comme un outil de liquidation des biens abandonnés au lendemain de la révolution de 1979, son rôle s’est étendu après que Khamenei soit devenu l’autorité suprême du régime, et son pouvoir de confisquer les biens d’autrui (notamment des opposants) a commencé à être régulièrement utilisé de manière abusive.

Le rapport de Reuters détaille des histoires tragiques de citoyens iraniens qui ont perdu leur maison pour peu ou pour satisfaire la cupidité du Guide Suprême. Dans certains cas, l’autorité de confiscation de Setad a été déployée dans le cadre d’une campagne plus large de persécution contre des groupes marginalisés. Dans d’autres cas, la confiscation semble avoir été motivée simplement par la considération de certains bâtiments ou parcelles de terre comme autant d’occasions de consolider davantage les richesses et l’autorité des dirigeants du régime.

Les critiques considèrent que cette autorité ne repose sur rien d’autre que sa capacité à réprimer la dissidence et à maintenir le peuple dans un état de privation et de dénuement. Et en tant que tel, beaucoup d’entre eux ont également fait valoir qu’aucun des problèmes économiques de l’Iran ne peut être atténué de manière significative tant que le régime actuel maintient son emprise sur le pouvoir.

Les récents soulèvements nationaux ont montré que le peuple iranien a largement adopté ce message. Après avoir commencé par un message clairement économique, les deux mouvements de protestation sont passés à une condamnation plus large de l’ensemble du système au pouvoir comme étant la source ultime de la pauvreté et des maux sociaux. Les protestataires ont visé les deux factions du régime, « radicaux » et « réformistes », les tenant toutes deux pour responsables de la corruption et exigeant le changement de régime.

Les dernières révélations sur la corruption dans les rangs de Bonyad Mostazafan ne font que confirmer l’urgence de cette exigence. Ainsi, la seule solution pour les Iraniens de lutter contre la corruption du régime est un autre soulèvement national et le changement de régime par le peuple iranien lui-même.

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