mercredi, janvier 19, 2022
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L’Iran : Javad Zarif et le rôle du ministère des Affaires étrangères dans le complot terroriste de 2018 à Paris

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif (à gauche), le diplomate-terroriste iranien Assadollah Assadi (à droite)

Depuis la semaine dernière, quatre agents iraniens sont jugés en Belgique pour un complot de 2018 visant à faire exploser un rassemblement de militants iraniens expatriés. Le procès devrait très probablement aboutir à la condamnation d’un diplomate iranien de haut rang, Assadollah Assadi, qui a été arrêté le lendemain de l’événement et qui a laissé entendre par la suite que d’autres complots terroristes suivraient s’il n’était pas libéré.

L’ancien troisième conseiller de l’ambassade d’Iran à Vienne a été enregistré sur les transcriptions d’entretiens, disant qu’il y a des groupes militants en Iran et dans les pays voisins qui attendent de voir si les autorités belges les « soutiendront » ou non. Ses propos ont tenté quelque chose que ses actions n’avaient pas fait, en ce sens qu’elles ont détourné la responsabilité d’attaques futures théoriques sur des mandataires qui ne sont pas directement sous le contrôle du gouvernement des mollahs.

Ce genre de déni plausible est une singularité des actes terroristes soutenus par Téhéran, mais ce n’étais pas le cas lors du complot de 2018, qui devait être mené dans une banlieue de Paris, lors du rassemblement annuel « Iran libre » organisé par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Dans ce cas, Assadi a personnellement transporté du matériel explosif et un détonateur en Autriche, puis les a remis à un couple irano-belge au Luxembourg.

L’implication directe du diplomate est relativement inhabituelle, mais cela n’a guère surpris ceux qui connaissent bien l’utilisation du terrorisme par les mollahs comme une forme de gouvernance. Il est de notoriété publique que la diplomatie est impliquée dans la plupart des incidents terroristes soutenus par Téhéran, même ceux qui sont canalisés par des groupes de substitution comme le Hezbollah.

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En effet, l’effort d’Assadi pour menacer les enquêteurs belges soutient cette conclusion. En prétendant comprendre la portée géographique et les processus de pensée internes de divers groupes militants pro-iraniens, il a fortement laissé entendre qu’il avait eu de nombreux contacts avec eux au cours de sa longue carrière diplomatique. Et Assadi ne serait pas le seul dans ce cas. Les enquêtes sur le complot terroriste de 2018 ont donné lieu à des commentaires publics de la part de plusieurs experts européens affirmant que la majorité du personnel diplomatique iranien est en fait un agent de ses services de renseignement.

En conséquence, ces diplomates terroristes ont tendance à opérer sous la direction explicite du régime. C’est certainement le cas d’Assadi, qui a fait l’objet d’efforts concertés de la part des autorités iraniennes pour stopper l’extradition et faciliter l’évasion de la justice. Heureusement, ces efforts n’ont pas abouti, et il semble que le monde entier, comme le cerveau du complot, soit sur le point d’être puni pour la tentative de meurtre de militants iraniens et de leurs partisans politiques. Mais il n’est pas du tout évident que la responsabilité du terroriste individuel se traduira par la responsabilité du régime qui a dirigé ses actions.

Mais il faut certainement s’attendre à ce que cette responsabilité soit plus large. Il n’y a aucun doute sérieux quant à l’implication des autorités supérieures dans le complot terroriste de 2018. Une première enquête française a donné lieu à une déclaration du gouvernement reconnaissant que l’ordre avait été donné par les dirigeants du régime. Et dans une déclaration plus récente, le chef de la sécurité de l’État belge a dit exactement la même chose. Le CNRI a lui-même placé la responsabilité ultime du complot sur le Conseil suprême de sécurité nationale, qui répond directement au président et au Guide Suprême.

Jusqu’à présent, les décideurs politiques occidentaux semblent avoir maintenu leur adhésion au statu quo. Beaucoup ont continué à donner la priorité à la préservation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran (JCPOA) au lieu de faire face aux activités malveillantes plus récentes émanant de l’Iran. Plus généralement, ils ont continué à affirmer la valeur supposée de l’engagement avec le régime des mollahs et son ministre des Affaires étrangères Javad Zarif comme s’ils étaient tous fonctionnellement indissociables de leurs homologues dans les nations démocratiques non impliquées dans le terrorisme depuis des décennies.

Cette mentalité aurait dû être sérieusement remise en question immédiatement après l’arrestation d’Assadi. Mais maintenant que cette occasion s’est présentée, son procès représente la dernière chance pour la communauté internationale, en particulier l’Union européenne, de réagir de manière appropriée à un important complot terroriste sur le sol occidental. Et étant donné que le cerveau de ce complot était un acteur majeur de la diplomatie iranienne, il va de soi qu’une réaction appropriée comprendrait un examen beaucoup plus minutieux des autres diplomates de ce type, en particulier le ministre des Affaires étrangères.

Les ambassades iraniennes devraient être fermées dans le monde entier, car les récents événements révèlent qu’elles ont servi de créneau à la planification, au financement et à l’armement de terroristes.

Les enquêtes sur le complot terroriste de 2018 ont déjà fait beaucoup pour révéler le danger inhérent au fait de permettre aux agents des mollahs de voyager librement à travers le monde occidental. Ce danger n’est pas diminué si ces agents remplissent un rôle diplomatique ou s’ils ont bénéficié d’une réputation douteuse de modérés politiques.

Les États-Unis ont déjà, à juste titre, écarté cette réputation pour Javad Zarif, en le soumettant à des sanctions économiques, en l’identifiant davantage comme un « ministre de la propagande » que comme un ministre des Affaires étrangères et en limitant ses déplacements sur le sol américain. Les gouvernements européens feraient bien de suivre cet exemple et de fixer de nouvelles normes.

Les bases d’un tel changement de politique ont été jetées au moment où Assadi a été soumis à l’examen des forces de l’ordre occidentales. Les résultats de cet examen ont été progressivement divulgués au public au cours des deux dernières années et demie, mais ils seront dévoilés, pratiquement dans leur totalité, le 27 novembre. Si, après cette date, quelqu’un considère toujours qu’il est utile de traiter le régime des mollahs comme n’importe quel autre pays, il doit se poser de sérieuses questions sur l’ampleur de la menace que le régime peut faire peser sur ses adversaires avant que ce calcul politique ne change.

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