mercredi, juillet 8, 2020
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Un accident naval révèle le schéma de désinformation du régime iranien

PHOTO. Navire Konarak

Lundi, un navire du régime iranien a été noyé par un missile tiré d’un autre navire iranien lors d’une manœuvre navale, tuant au moins 20 membres d’équipage.

Les premiers rapports dans les médias d’État ont indiqué que le Konarak avait été chargé de placer des cibles dans l’eau mais qu’il s’était trop rapproché de l’une de ces cibles alors que le Jamaran, qui avait par la suite tiré sur Konarak, poursuivait l’exercice. Cependant, ces rapports ont été bientôt révisés avec des termes plus vagues, dans la mesure où les références aux missiles ont été entièrement supprimées. Les médias d’État sont manifestement passés rapidement à une sorte de mode de «contrôle des dommages», mettant davantage l’accent sur ce qu’ils appellent des «rumeurs» que sur un compte rendu complet et précis de l’incident.

À cette fin, les émissions de télévision ont tenu à montrer des plans éloignés du Konarak dans le port de Jask, afin de contrer toute idée que le navire avait été coulé dans l’incident. Le régime a également organisé des funérailles pour les victimes mardi, après que Khamenei a déclaré les 19 hommes “martyrs”. Cet acte trompeur est censé en quelque sorte couvrir ce gâchis, qui démystifie les prétentions du régime d’avoir une marine puissante et son gaspillage des richesses nationales pour ce genre de pantalonnade militaire. D’un autre côté, Khamenei essaie de rejeter la faute sur de chimériques « ennemis ».

Khamenei exerce une autorité totale sur toutes les questions d’État en Iran, et remettre en question son jugement est considéré comme tabou au sein du régime des mollahs. Tout commentaire public jugé «insultant» pour le chef suprême des mollahs peut être puni de peines de prison de plusieurs années, et ce fait est systématiquement exploité par le pouvoir judiciaire pour garantir la condamnation des prisonniers politiques.

Au lieu de demander des comptes à Khamenei, il y a eu des changements soudains dans les rapports sur l’incident naval qui ont dépassé les références initiales à un accident impliquant des «missiles» et une erreur humaine. L’armée du régime a désespérément tenté d’altérer la vérité mardi en publiant une vidéo sur un site affilié, déclarant qu’un dispositif de ralliement avait mal fonctionné, faisant de l’accident un problème technique. La vidéo a même émis l’idée que cela aurait pu être le résultat d’une «guerre électronique par l’ennemi», en référence aux États-Unis, bien qu’elle n’ait évidemment cité aucune preuve à l’appui. Mais ces affirmations ne trompent pas l’opinion publique.

L’annonce rapide d’un dysfonctionnement technique rappelle l’incident de janvier dans lequel un système de défense antimissile exploité par le Corps des gardiens de la révolution islamique a provoqué l’écrasement d’un vol d’Ukraine International Airlines au départ de Téhéran, tuant les 176 personnes à bord. Les efforts du régime pour nier sa responsabilité n’ont duré que trois jours environ avant que les images satellite et la vidéo au sol n’aient permis de prouver que deux missiles avaient bien frappé l’avion de ligne. Après la révélation de la tentative de tromperie du régime, des manifestations ont éclaté sur les campus universitaires et dans divers autres endroits dans plus d’une douzaine de provinces, marquant une nouvelle recrudescence du sentiment antigouvernemental à la suite d’un soulèvement national deux mois plus tôt. Ces protestations sont rapidement devenues politiques, la population réclamant à l’unanimité un changement de régime.

Quand, en mars, l’Iran s’est retrouvé aux prises avec une grave épidémie de coronavirus, un groupe de réflexion proche de la faction Khamenei a publié une analyse de la situation qui a cité l’incident d’Ukraine Airlines comme l’une des principales raisons pour lesquelles le public était peu susceptible de faire confiance aux rapports des médias d’État sur la pandémie. Depuis lors, le régime a continué à utiliser les médias d’État comme moyen de désinformation pendant la crise.

Selon ces médias à la botte, l’Iran a connu jusqu’à présent moins de 7 000 décès dus au coronavirus. Pourtant, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) estime le chiffre à près de 41 500. Les efforts du régime pour dissimuler ces estimations alternatives comprennent l’arrestation de diverses personnes, y compris des médecins et des infirmières, qui ont été accusées de « propager des rumeurs » ou plutôt de dire la vérité sur la pandémie.

Hossein Ashtari, le chef des forces de police du régime, a annoncé le 9 mai que 320 personnes étaient poursuivies pour “perturbation de l’opinion publique” à ce sujet. Il a également déclaré que la cyber police du régime avait identifié et “traité de manière décisive” 1 300 sites Web qui avaient agi en contradiction avec les récits officiels du régime. Même avant cela, la censure du régime iranien était déjà parmi les plus sévères au monde, et pendant le soulèvement de novembre, l’accès en ligne de tout le pays a été rompu dans le cadre de la répression du régime contre la dissidence.

Comme pour le récent incident naval, la suppression par le régime d’informations précises sur le coronavirus est sans doute liée au souci de justifier les positions qui ont été prises à l’avance par Khamenei. Actuellement, le régime est en train de mettre en œuvre des plans pour rouvrir l’économie et forcer les gens à retourner au travail, malgré le fait que l’épidémie de coronavirus n’est en aucun cas sous contrôle. Ce plan d’action a commencé le 11 avril.

La dissimulation par le régime d’une augmentation inévitable du nombre de décès et d’infections par le coronavirus à la suite de la décision criminelle d’envoyer les gens au travail est un signe clair que la politique de réouverture a été fixée par la plus haute autorité du régime. Cette interprétation est étayée par des déclarations qui ont suivi des pics de taux d’infection par Covid-19 lors de la reprise des acivités. Pourtant, au lieu d’aider les gens, les responsables du régime les pourfendent.

Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a estimé : «Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), évoquant les déclarations de Hassan Rohani, a estimé que personne en Iran ne croit un mot de ce mollah démagogue. Tout le monde sait qu’il poursuit une politique de tromperie maximale et qu’il ment depuis le premier jour, quand il a prétendu être informé de la maladie, jusqu’aux chiffres des lits d’hôpitaux et l’exportation de masques et d’équipements que l’Allemagne et la Turquie ont nié avoir reçus. »

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