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Éditorial : L'impasse de Khamenei face au soulèvement populaire et la crise économique

Éditorial : L'impasse de Khamenei face au soulèvement iranien

Lundi 13 août, le Guide Suprême du régime iranien, Ali Khamenei, a rompu son silence et est apparu pour la première fois après la récente vague de manifestations et les crises importantes que traverse le régime. Une crise économique mortelle provoquée par la chute libre du Rial, l'échec de l'accord nucléaire de 2015 et l’enjeu d'éventuelles négociations avec les États-Unis.

Khamenei a réfuté l'idée d'impasse pour le régime, affirmant que « l'ennemi veut promouvoir l'idée que le pays est confronté à une impasse. Ils annoncent perfidement que l'Iran est dans une impasse et n'a plus d'autre choix que de recourir au grand Satan (les États-Unis). Quiconque déclare que le pays est dans une impasse est soit ignorant, ou on parle de trahison. »

La position de Khamenei sur les troubles au début du mois Khamenei a attiré l'attention sur la dernière vague de protestations qui a commencé le 31 juillet dans différentes villes d'Iran.

Considérant les récents troubles comme le prolongement du soulèvement de janvier, Khamenei fait endosser une fois de plus la responsabilité des manifestations populaires aux États-Unis, à Israël et aux Saoudiens, affirmant qu'ils avaient prévu depuis des années perturber la sécurité du pays en janvier, mais que la population est arrivée sur les lieux avec une conscience admirable et a contrecarré les plans mis au point par l'ennemi.

« Les ennemis se sont alors focalisés sur cette année (persane), avec quelques responsables américains affirmant qu'il y aura des nouvelles de l'Iran dans les six prochains mois. Ils indiquaient clairement les événements du début de ce mois, qui se sont révélés si limités malgré les énormes investissements financiers et politiques des ennemis. »

Analyser les propos de Khamenei sur la récente vague de troubles qui a duré une semaine à Téhéran, Karaj, Shiraz, Ispahan, Machhad, Ghahdarijan, et beaucoup d'autres villes avec des slogans tels que « A bas Khamenei » et « A bas le dictateur », pourrait révéler la raison pour laquelle Khamenei a finalement décidé d'adopter une position explicite sur les crises face auxquelles il était resté silencieux pendant longtemps.

C'est la peur de l'expansion du soulèvement et de l'état éruptif de la société qui a obligé Khamenei à venir sur la scène et à prétendre que la situation est sous contrôle, niant l'impasse du régime, décrivant les protestations comme limitées et réprimées, et se vantant de la lutte du régime contre la corruption et de rassurer d'une certaine manière sa base sur le fait que le régime traversera cette étape indemne.

La majeure partie du discours de Khamenei a été consacrée à remonter le moral des troupes démoralisées et des dirigeants d'un régime qui saisissent l’acuité de l'impasse dans laquelle se trouve le régime.

« L'ennemi provoque la déception. Ils veulent rendre la population perplexe. L'ennemi veut promouvoir l'idée que le pays est confronté à une impasse. Ce que je vais dire en réponse, c'est que le pays ne se trouve dans aucune impasse. »

« Nous ne devrions pas laisser tomber la population. Il y a parfois des propos dans les journaux, à la télévision ou à la radio qui suggèrent que toutes les portes sont fermées, alors que ce n'est pas le cas. Le système est déjà passé par des étapes difficiles et survivra aussi à celle-ci, qui est moins difficile que les précédentes. »

Khamenei admet pour la première fois que l'accord nucléaire n’était pas judicieux

Rejetant toute négociation future avec les États-Unis, Khamenei a déclaré pour la première fois que s'impliquer dans les négociations sur l'accord nucléaire était une erreur.

« En ce qui concerne l'accord nucléaire, ce que j'ai fait était une erreur, permettant à certains responsables d'insister pour donner une chance aux pourparlers nucléaires, dans lesquels nos lignes rouges n'ont pas été respectées. »

« Il y a une bande de lâches parmi nous »

Mentionnant la possibilité de guerre ou de négociations avec les États-Unis, Khamenei a déclaré : « il n'y aura pas de guerre et nous ne négocierons pas non plus ».

« Ils amplifient le spectre de la guerre pour effrayer la nation ou les lâches. Après tout, il y a une bande de lâches parmi nous. Mais il n'y aura pas de guerre. Bref, je dois informer le peuple iranien qu'il n'y aura pas de guerre et que nous ne négocierons pas non plus. »

Le rejet absolu par Khamenei d'une guerre éventuelle invalide les affirmations de ceux qui font de leur mieux pour faire valoir l'idée que l'adoption d'une position ferme contre le régime terroriste des mollahs mènera à une guerre, afin de sauver le régime d'un effondrement imminent.

Reconnaissant la crise économique meurtrière du pays

Alors que les entités affiliées à Khamenei ont levé une richesse astronomique en obtenant le contrôle total des ressources nationales du pays et sont elles-mêmes la principale cause de corruption et de destruction de l'économie iranienne, il a essayé de façon grotesque de tenir les gouvernements et les autorités du régime responsables des problèmes économiques, prétendant qu'il est celui qui lutte contre la corruption. « Les sanctions ne sont pas la cause principale de ces problèmes, ce sont plutôt les politiques nationales.

C'est ce que de nombreux responsables et experts ont confirmé. Cela ne signifie pas pour autant que les sanctions n'ont rien à voir avec cette situation. Bien sûr qu'ils y sont pour quelque chose, mais le facteur principal est enraciné dans notre performance. Parmi les mesures qui doivent absolument être prises en compte, il y a la lutte contre la corruption. Cela se reflète également dans la lettre que le chef du pouvoir judiciaire m'a écrite il y a deux jours, en réponse à laquelle j'ai souligné que les mesures proposées constituent un pas important et positif vers la lutte contre la corruption et la punition de ceux qui sont impliqués. »

La lutte contre la corruption revendiquée par le régime : à quoi cela sert-il ?

Les propos de Khamenei sur la lutte contre la corruption sont en phase avec le même spectacle qui a commencé avec l'arrestation de quelques petits changeurs au milieu de la crise monétaire, sous l'effet d'une forte baisse de la valeur du Rial. Elle a ensuite été suivie du limogeage du directeur de la Banque centrale du régime, puis de la correspondance de Khamenei avec le chef du pouvoir judiciaire du régime, le « mollah Larijani ».

De telles ostentations suggèrent avant tout que Khamenei est extrêmement alarmé par les manifestations populaires contre tant de corruption et qu'il essaie de verser de l'huile sur des eaux troubles.

Dans son discours, Khamenei déclare d'une part que la corruption est comme un dragon à sept têtes et, d'autre part, il parle de manière à minimiser la question de la corruption, en affirmant que « la corruption n'est pas aussi répandue et profondément enracinée que certains le prétendent. Il y a eu des violations dont le système judiciaire s'occupe. »

Le langage contradictoire de Khamenei ne se limite pas à cette seule question, mais l'incohérence est évidente dans chacun de ses propos, quelle que soit la question qu’il aborde, la raison étant une impasse générale à laquelle le régime est confronté : de l'accord nucléaire et des négociations avec les États-Unis aux relations du régime avec l'Europe, en passant par le GAFI, la mauvaise performance du gouvernement Rohani et la corruption généralisée. C'est pourquoi Khamenei est obligé de monter un tel spectacle.

Si l'on considère que Khamenei lui-même et ses entités affiliées, les fondations prédatrices du régime, les pasdaran, le pouvoir judiciaire, le gouvernement, le Parlement et les autres organes de l'État sont en tête de peloton en ce qui concerne la corruption dans le pays, alors comment peut-on imaginer que Khamenei ou le pouvoir judiciaire agissent contre eux-mêmes et se coupent les mains ?

De plus, comme les médias et les responsables du régime l'ont reconnu à maintes reprises, il y a une corruption institutionnalisée au sein du régime, agissant comme une coulée de sang pour un organisme vivant. Le fonctionnement du régime est totalement dépendant de la corruption, à tel point que le régime ne fonctionnera plus si le cycle de sa corruption institutionnalisée s'arrête.

Est-ce à cause des complots des ennemis ou des mauvaises politiques des responsables ?

La raison pour laquelle Khamenei ne met pas l'accent sur les sanctions et les pressions étrangères dans son récent discours – contrairement à ses allocutions précédentes – est d'abord que la récente performance de Rohani est si manifestement horrible que Khamenei se serait ridiculisé s'il avait essayé de le nier.

Deuxièmement, si Khamenei avait déclaré que les sanctions étaient la cause principale de la crise actuelle, alors le cercle de Rohani suggérerait immédiatement « alors commençons les négociations avec les États-Unis pour résoudre nos différends ».

La troisième raison, plus importante, est que si Khamenei avait mis en avant les sanctions – qui sont encore à venir et que le régime est incapable d'empêcher – comme cause principale de la crise économique, alors il démoraliserait totalement les forces du régime.

Parallèlement, Khamenei craint que tout changement dans la situation actuelle puisse accélérer une explosion sociale, c'est pourquoi il soutient d'une certaine manière le gouvernement de Rohani, en affirmant que « ceux qui disent que le gouvernement devrait être renversé jouent en fait un rôle dans les complots de l'ennemi. Le gouvernement devrait se maintenir au pouvoir et s'acquitter pleinement de ses responsabilités. »

Après un long silence, le discours prononcé par le Guide Suprême du régime des mollahs le 13 août dernier a montré qu'il est totalement incapable de sortir de l'impasse fatale qui a submergé son régime.

 

 

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