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Éditorial : Pourquoi Téhéran a-t-il recours à de nouveaux actes terroristes ?

Éditorial : Pourquoi Téhéran a-t-il recours à de nouveaux actes terroristes ?

Les récentes attaques terroristes de Téhéran contre des pétroliers dans le Golfe et les attaques dans la zone verte à Bagdad sont des actes de fuite en avant de la part d'un régime moribond face aux crises intérieures et à l'isolement international.

Les observateurs les mieux avertis estiment que le régime des mollahs est confronté à une crise terminale résultant de trois facteurs :

Facteur 1 : Une société sur le point d'exploser

40 ans de corruption ont pratiquement détruit l'économie iranienne et conduit à la pauvreté, au chômage, à l'inflation et à la destruction de l'environnement. Le vice-président du régime, Eshaq Jahangiri, a décrit la société iranienne comme « un gazoduc prêt à exploser à la moindre étincelle ». La crise économique, l'oppression des jeunes et la discrimination à l'égard des femmes et des minorités ethniques et religieuses ont attisé les flammes de la rébellion et des manifestations dans tout l'Iran.

Le 20 mai 2018, Mohsen Hashemi, chef du conseil municipal de Téhéran, a déclaré : « Dans les circonstances actuelles, le mécontentement populaire est la plus grande menace pour notre régime. C'est plus dangereux et plus important que les menaces venant de l'étranger. »

La semaine dernière, le membre du Majlis Mostafa Kavakabian a déclaré lors d'une session publique du Parlement : « La corruption a atteint un point tel que les gens disent que les sanctions ont peu d'effet sur l'économie. Ces cas de détournement de fonds, de corruption et de malversations ont un impact plus important que les sanctions. » (21 mai 2019)

Facteur 2 : Une alternative viable au régime

La coalition du CNRI et sa force principale, les Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI) représentent une puissante alternative démocratique au régime. Au cours des 40 dernières années, l’OMPI a obtenu un large soutien populaire malgré l'exécution de plus de 100 000 militants, les attaques terroristes contre les membres de l’OMPI et les manigances politiques contre le groupe.

Le Guide Suprême, Ali Khamenei, a déclaré le 9 janvier 2018 que l’OMPI influençait les manifestations contre le régime qui ont ébranlé le pays. Le 2 janvier 2018, Hassan Rohani a déclaré au président français Emmanuel Macron, lors d'un appel téléphonique, que l’OMPI soutenait les « troubles » en Iran et il a demandé (en vain) que la France restreigne les activités du mouvement, selon l'AFP.

Le 19 avril 2019, le ministre du Renseignement, Mahmoud Alavi, a déclaré que 116 équipes affiliées à l’OMPI avaient été arrêtées l'année dernière. Le 24 avril 2019, le directeur général du ministère dans la province de l'Azerbaïdjan oriental a déclaré que l’OMPI avait considérablement étendu son influence et que 60 militants de l’OMPI avaient récemment été arrêtés dans la province.

Les complots terroristes déjoués du régime contre l’OMPI en France, en Albanie et aux États-Unis en 2018, visant à limiter les capacités du groupe, ont eu des répercussions diplomatiques importantes. Ce sont des actes de folie de la part d'un régime qui risque de disparaître. La campagne de diabolisation hystérique contre l’OMPI montre la peur du régime par rapport à sa principale force d'opposition.

Facteur 3 : Fin de la politique de complaisance

Pendant quatre décennies, c'est l'Occident qui a apporté le plus grand soutien au régime. Les précédentes administrations américaines sont venues à la rescousse du régime au moment où il en avait le plus besoin. Les mollahs ont le plus profité des guerres menées par les États-Unis en Irak et en Afghanistan en 1991, 2001 et 2003. Les deux précédentes administrations américaines ont ouvert les portes de l'Irak à Téhéran et l'ont laissé imposer son hégémonie en Irak et en Syrie sans en payer le prix. Pendant des années, ils ont fermé les yeux sur l'agression régionale du régime et la course illicite aux armes nucléaires. L'administration Clinton a même inscrit l’OMPI sur la liste noire en 1997, dans ce qu'un haut responsable américain a décrit comme un « geste de bonne volonté » envers Téhéran. (En 2012, l'administration Obama a été contrainte par la Cour d'appel des États-Unis, de retirer le groupe de la liste noire.) En un mot, le facteur le plus important qui a sauvé le régime de l'effondrement a été la politique de complaisance.

Sans la politique de complaisance, le régime n'aurait jamais pu développer une présence en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, et le peuple aurait mis fin à son règne despotique. Souvenons-nous qu'en 2009, lorsque des millions d'Iraniens ont scandé dans les rues pour demander la fin du régime, le président américain a tendu la main à Khamenei. Pas plus tard que la semaine dernière, Khamenei a raconté avoir reçu plusieurs lettres d'amitié du président Obama.

Ces trois facteurs ont provoqué une crise d’effondrement pour le régime.

Les mollahs ont maintenant deux possibilités, dont chacun est plus dangereux que l'autre.

1ère Possibilité : Le régime décide de mettre fin à ses activités nucléaires et de missiles illicites, à ses activités bellicistes et terroristes et quitte l'Irak, la Syrie, le Yémen et le Liban. Cette possibilité marquera la fin du règne du Guide Suprême. Cela conduirait à d'importantes manifestations contre le régime et à son effondrement. La théocratie est incapable de se réformer, car toute véritable réforme conduirait à sa chute. Khamenei a dit à maintes reprises qu'un changement de comportement équivaut à un changement de régime.

2ème Possibilité : Le régime resserre ses rangs et devient plus hostile à la communauté internationale. Elle poursuit sa politique de destruction même si cela mène à la guerre. Cette option est également très défavorable au régime.

Le régime sait que les deux chemins mènent à son effondrement. Sa stratégie est donc de gagner du temps.

Il tente d'éviter de répondre aux exigences américaines tout en restant discret jusqu'après les élections présidentielles de 2020 aux États-Unis, mais il semble que cette stratégie échoue également, puisque le régime est incapable de résister aux sanctions cinglantes pendant les 18 prochains mois et ne peut garantir que le président américain ou la politique américaine changera à la fin de 2020. Plus important encore, il est incapable de contrôler les troubles intérieurs et les avancés de l'opposition.

Les récents changements au sein de la haute hiérarchie des Gardiens de la révolution (pasdaran) et la nomination du mollah Ebrahim Raïssi, l'un des principaux auteurs du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988, comme chef du pouvoir judiciaire, sont des mesures préparatoires pour faire face au scénario du renversement. Ces attaques vont de pair avec les attaques perpétrées contre des pétroliers internationaux et les attaques à la roquette contre l'ambassade des États-Unis à Bagdad.

Tout indique que le peuple iranien et la Résistance sont entrés dans la phase finale du conflit avec le régime des mollahs. La communauté internationale, en particulier les États-Unis et l'Union européenne, devraient adopter une politique ferme afin de ne pas permettre au régime de gagner du temps pour massacrer le peuple iranien et répandre le terrorisme et le bellicisme au-delà de ses frontières.

 

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