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ÉDITORIAL : Iran : Ce que Khamenei a dit - et ce qu'il n'a pas dit

ÉDITORIAL : Iran : Ce que Khamenei a dit - et ce qu'il n'a pas dit

Lors d'une réunion avec un groupe d'étudiants pro-régime, le Guide Suprême du régime iranien, Ali Khamenei, a parlé de l'état actuel du régime et a fait des recommandations politiques au responsables sous ses ordres.

Il est remarquable que les propos de Khamenei ne mentionnent pas les soulèvements en cours en Irak, où des centaines de milliers de manifestants ont exigé le départ du régime des mollahs de leur pays.

La poursuite des protestations en Irak et au Liban sonne le glas de l'un des deux principaux piliers de la survie du régime, à savoir l'ingérence dans d'autres pays et l'exportation du terrorisme et du fondamentalisme.

La semaine dernière, alors que les protestations faisaient rage en Irak et au Liban, un Khamenei paranoïaque a appelé hâtivement les deux régimes à « remédier à l'insécurité », ajoutant : « Les peuples irakien et libanais devraient savoir que leur priorité doit être la sécurité. Les peuples de ces pays doivent savoir que leurs revendications ne peuvent être satisfaites que dans le cadre de structures juridiques. » 

Comme on pouvait s'y attendre, les propos de Khamenei ont encore enflammé le peuple irakien, qui s'est révolté contre l'ingérence de Téhéran en Irak. L'ingérence effrontée de Khamenei a eu l'effet contraire lorsque les jeunes irakiens ont incendié les images du sinistre commandant Qassem Soleimani et du sien. Des vidéos de manifestants crachant et jetant des chaussures sur des effigies de Khamenei et de Soleimani ont été largement diffusées sur les médias sociaux.  

Dimanche, des manifestants irakiens ont pris d'assaut le consulat du régime des mollahs à Karbala, une ville sainte de l'Islam chiite, et l'ont fermé.

Les propos de Khamenei ont souligné son désespoir face aux changements dramatiques dans l'équilibre régional et sur la scène internationale. Dans ses propos, Khamenei a mis en garde les factions au pouvoir contre l'ouverture de négociations avec les États-Unis, qu'il a qualifiées de préjudiciables à la viabilité du régime.

Se vantant que le régime a développé des missiles de haute précision d'une « portée de 2000 km », Khamenei a déclaré : « Si nous entamions des négociations, les Américains insisteraient sur la question de nos missiles... Si nos responsables l'acceptaient un jour, le pays recevrait un sérieux coup, et s'ils ne le faisaient pas, la situation actuelle perdurerait ». Il a déclaré que ceux qui pensent que les négociations avec les États-Unis résoudront tous nos problèmes se trompent totalement.

Les États-Unis se sont retirés de l'accord nucléaire en mai 2018 en expliquant qu'ils n'en faisaient pas assez pour empêcher Téhéran d'obtenir des armes nucléaires et de freiner ses politiques destructrices dans la région du Moyen-Orient. Ces dernières années, Téhéran a profité de la manne économique de l'accord nucléaire pour financer son programme de missiles balistiques et renforcer son intervention terroriste dans les pays du Moyen-Orient.

Le jour même où Khamenei discutait des crises de son régime, son ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, était occupé à donner son propre compte rendu des problèmes irrémédiables auxquels le régime fait face au Majlis (Parlement des mollahs). 

Il a réitéré son attachement au régime et à son Guide Suprême, déclarant : « Regardez ce que le Secrétaire d'État américain a déclaré. Je suis connu pour être un défenseur acharné du système. Vous avez entendu ce que le Secrétaire d'État américain a dit à mon sujet, ce qui est mon honneur... Après avoir vécu des années en Occident, je ne suis pas passionné de négocier avec les Occidentaux. » 

Alors que Khamenei a essayé de se dissocier de tout échec lié aux négociations, son dossier peint un tableau totalement différent. En 2015, alors que Zarif et Hassan Rohani étaient en train de peaufiner les derniers détails du JCPOA, Khamenei a essayé de s'attribuer le mérite de l'ensemble du processus et s'est présenté comme l'initiateur des négociations à travers « un des membres respectés de la région ».  

Il a également qualifié les négociations nucléaires de « flexibilité héroïque » et a prétendu avoir géré tous les détails de l'ensemble du processus. Mais maintenant que le JCPOA et l'idée de négocier avec l'Occident s'effondrent, il essaie de rejeter la faute sur Rohani et son ministre des Affaires étrangères. Cet effort ne fera qu'élargir davantage le schisme interne du régime.

L'autre réalité est l'effondrement de l'hégémonie du régime dans la région, en particulier en Irak et au Liban, pays que les responsables iraniens ont qualifiés de « profondeur stratégique » du régime. Alors que l'avalanche de protestations continue de s'abattre, Khamenei et son régime se retrouvent de plus en plus coincés et sans issue.

Ce que Khamenei a dit – et n'a pas dit – laisse entrevoir l'impasse stratégique qui se referme sur son régime et les crises meurtrières auxquelles lui et son régime sont confrontés.

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