mercredi, août 5, 2020
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EDITORIAL: la lutte pour le pouvoir dans la phase finale du régime iranien

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Mohammad Bagher Qalibaf, un des principaux acteurs de la répression et du bellicisme au sein du régime iranien, et une figure clé du pillage des richesses du peuple iranien, a été nommé président du Parlement des mollahs le 28 mai.

Dans son premier discours le 31 mai, Qalibaf a exposé la feuille de route d’un parlement rempli de membres des Gardiens de la révolution (CGRI, pasdaran) et d’éléments corrompus du réseau du Renseignement. Il a reconnu la situation critique et désunie du régime et a égrainé certaines des crises qui menacent le régime islamiste :

« La première menace est la réduction du capital social de l’Etat, qui est le résultat de l’inefficacité managériale du pays et de la distance des responsables par rapport aux principes de la révolution, créant des défis économiques et préparant le terrain pour le chômage et les préjudices sociaux généralisés. Une autre menace est la corruption, une préoccupation concernant un phénomène qui s’est institutionnalisée dans diverses structures et a conduit à une discrimination et un mécontentement accrus, et à l’échec de la justice sociale. »

Qalibaf a fait ces remarques alors qu’il est l’une des principales figures de la corruption au sein du régime. Dans le cadre des luttes intestines entre factions rivales, le site Web officiel Etehad Khabar, dans un article publié le 30 mai, l’a identifié comme un chef de vol et de pillage dans le régime des mollahs : «Maintenant, Mohammad Bagher Qalibaf est le chef d’un pouvoir législatif qui entend lutter contre la corruption. La question importante est : pourrions-nous essuyer une fenêtre avec une serviette sale? Une personne accusée de corruption peut-elle être au centre de la lutte contre la corruption? Bien sûr, tout sera clarifié après un certain temps. »

Qalibaf a également déclaré: “Le système administratif perturbé du pays est une autre menace qui a affecté la bonne gouvernance (…) Ce qui rend la situation plus dangereuse, c’est le modèle administratif de l’exécutif, qui, avec son inefficacité et sa confusion managériale et son orientation vers l’extérieur, ne croit pas aux principes et aux composantes du modèle de gestion djihadiste.”

Qalibaf a également jugé infructueuse toute négociation avec les États-Unis. Tout en continuant à poursuivre le terrorisme et le bellicisme dans la région, il a décrit la direction d’Ali Khamenei, le guide suprême des mollahs, comme la meilleure opportunité pour le régime. Alors que l’influence du régime dans la région a été ébranlée après l’élimination de Qassem Soleimani [chef de la Force (terroriste) Qods des gardiens de la révolution], Qalibaf a déclaré: «La réussite de notre système a été rendue possible grâce aux efforts déployés par des gens comme Qassem Soleimani (…) Le onzième Majlis [parlement] considère la puissante confrontation avec les ennemis étrangers, en particulier les États-Unis et le régime sioniste, comme l’un de ses principes de base, et n’hésitera pas à affronter l’opposition et les hypocrites internes. Le 11e parlement s’est engagé à poursuivre le chemin du martyr Soleimani en augmentant le pouvoir de l’Axe de la Résistance comme stratégie immuable. Il considère que soutenir le peuple palestinien, le Hezbollah au Liban, les groupes de résistance, le Hamas, le Jihad islamique et le peuple opprimé du Yémen est son devoir révolutionnaire et national. La négociation et le compromis avec les États-Unis en tant qu’axe de l’arrogance mondiale sont infructueux et nuisibles. »

Le discours de Qalibaf donne une image complète de l’impasse dans laquelle il est empêtrée. Ali Khamenei, lors d’une réunion avec les paramilitaires Basijis dans les universités, a décrit la mise en place d’un «gouvernement jeune et hezbollahi» comme le seul moyen pour sauver le régime. Il a déclaré que par un gouvernement jeune et hezbollahi, il entendait quelqu’un comme Qassem Soleimani , le commandant éliminé de la Force Qods.

Cette situation critique, fortement multipliée par la crise du coronavirus, a effrayé les forces du régime et les a poussées au bord de la défection. Ils ont particulièrement peur du soulèvement de la population, car le feu sous les cendres pourrait à nouveau monter. À cet égard, Khamenei a mis en garde, avec une franchise sans précédent, la jeunesse iranienne contre toute inclinaison vers l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK). Il les a avertis de ne pas aider l’ennemi à recruter des militants.

Afin de remonter le moral de ses forces démoralisées, Khamenei cherche à réaliser son rêve de longue date d’unifier son régime. Mais en réalité, il s’est avéré que le nouveau Majlis, même après une douzaine de fois de filtrage, est un autre lieu de luttes intestines. Avec l’intensification des différents entre les factions, la crise sera plus intense qu’auparavant au sein du pouvoir.

En d’autres termes, unifier ce régime exige une capacité qui n’existe pas dans le régime. Mais surtout, Khamenei a clairement montré la feuille de route stratégique de son régime, qui est une politique de repli dans tous les aspects, y compris dans ses relations avec le monde.

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