samedi, septembre 26, 2020
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L’Europe doit s’exprimer sur le massacre des prisons en Iran en 1988 (Alejo Vidal-Quadras)

Photos de quelques martyrs du massacre de 1988 en Iran

Les gouvernements occidentaux ont eu une approche erronée concernant l’Iran pendant la majeure partie de ses 41 ans d’existence. Cela n’est jamais plus évident que lorsque qu’on contemple l’impunité des mollahs en matière de violations des droits de l’homme. Ils sont responsables de la mort de dizaines de milliers d’opposants et pourtant aucun des auteurs de ces meurtres n’a fait l’objet d’une accusation devant la Cour pénale internationale ou même d’une enquête indépendante.

Le manque d’attention portée à cette situation est d’autant plus flagrant que l’identité des différents auteurs de violations des droits humains est bien connue. Elles ont été révélées une fois de plus ce mois-ci lorsque le Conseil national de la Résistance iranienne a organisé une conférence internationale virtuelle, le Sommet mondial pour un Iran libre. L’une des trois sessions de cet événement était consacrée à l’histoire de la violente répression politique en Iran, et à offrir une plateforme aux expatriés iraniens qui ont précédemment été prisonniers politiques, ou qui ont souffert des conséquences de la détention de leurs proches.

Parmi les intervenants, les personnes qui ont été témoins de l’un des pires crimes contre l’humanité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale étaient les plus en vue. Au cours de l’été 1988, des prisonniers politiques de tout l’Iran ont été traînés devant des « Commissions de la mort » et interrogés sur leurs affiliations politiques et leur vision du système théocratique. Plus de 30 000 d’entre eux, qui refusaient de renoncer à leur soutien au principal groupe d’opposition, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), ont été systématiquement exécutés pendant plusieurs mois.

La dernière session du Sommet mondial pour un Iran Libre, le 19 juillet, a coïncidé exactement avec le 32e anniversaire de la formation de ces commissions de la mort. Cet anniversaire a également été reconnu, pour la première fois, par le Département d’État américain. Le porte-parole Morgan Ortagus a souligné que le massacre de 1988 était un exemple flagrant des « violations continues des droits humains » commises par le système judiciaire iranien.

Elle a déclaré : « Le 19 juillet marque l’anniversaire de la mise sur pied des commissions de la mort en Iran sur ordre de l’ayatollah Khomeiny. » Elle a ensuite ajouté que « les États-Unis appellent la communauté internationale à mener des enquêtes indépendantes et à rendre justice aux victimes. »

Cet appel à l’action était attendu depuis longtemps. Mais maintenant qu’il a été lancé, les nations européennes devraient immédiatement suivre l’exemple des États-Unis et prendre des mesures pour exercer une pression sérieuse sur l’Iran en ce qui concerne ses violations passées et actuelles des droits humains. C’était le message général du Sommet mondial pour un Iran libre, et c’est le message des organisateurs de cet événement depuis de nombreuses années, bien qu’il soit resté largement ignoré.

Le CNRI bénéficie d’un soutien considérable de la part des législateurs, des universitaires et des experts politiques occidentaux. Et tous s’accordent à dire que des mesures sérieuses sont nécessaires pour tenir le régime en place responsable du massacre de 1988 et de toute une série d’autres crimes. Mais même si ces partisans sont issus de multiples partis politiques et branches du gouvernement, ils ont lutté pour faire adopter leur position comme politique officielle.

Cette difficulté ne peut raisonnablement s’expliquer par un manque de sensibilisation aux divers crimes impunis commis par Téhéran. La réalité du massacre de 1988 ne fait vraiment aucun doute. Il n’y a pas non plus beaucoup de questions sur son ampleur. Même certains des responsables qui y ont été directement impliqués ont corroboré les récits préexistants ces dernières années. Après la publication d’un enregistrement audio contemporain décrivant le « pire crime de la République islamique », le ministre de la Justice de l’époque, Mostafa Pourmohammadi, a déclaré en 2016 qu’il était « fier » d’avoir contribué à l’exécution du « commandement de Dieu » pour les principales cibles du massacre, à savoir les membres de l’OMPI.

Ce nom est probablement la cause de la grande réticence occidentale à l’égard du massacre et des autres incidents qui ont conduit à l’assassinat d’environ 90 000 autres membres de l’OMPI au fil des ans. Mais il n’y a aucune raison légitime à cette réaction.

Parmi de nombreux autres mensonges, Téhéran a tenté de présenter le massacre de 1988 comme étant justifié par une opération militaire que l’OMPI a lancée contre le régime vers la fin de la guerre Iran-Irak. Mais cette allégation ne résiste pas à la moindre analyse, car l’opération en question a commencé le 25 juillet 1988, une semaine après que Téhéran a commencé à mettre en œuvre son plan pour annihiler l’opposition par une série d’exécutions massives.

La déclaration de Mme Ortagus a confirmé cette divergence et, ce faisant, a ajouté encore plus de valeur à la position du Département d’État telle qu’elle est perçue par les proches alliés des États-Unis. Si une nation européenne hésite à suivre l’exemple des États-Unis après avoir entendu uniquement l’appel à une enquête internationale, qu’elle écoute la déclaration dans son intégralité et qu’elle prête attention à la leçon sous-jacente concernant la nécessité d’empêcher la désinformation de Téhéran pour influencer les politiques occidentales.

Trente-deux ans après le pire crime du régime des mollahs, il n’y a aucune raison valable de contester les récits concordants que les témoins oculaires ont partagés pendant tout ce temps. Il n’y a pas non plus de raison de suspecter que les militants de l’OMPI aient été autre chose que des victimes innocentes d’un régime assoiffé de sang et terrifié par les menaces qui pèsent sur son emprise sur le pouvoir. Ils le sont toujours et plus les dirigeants européens garderont le silence à ce sujet, plus le peuple iranien continuera à souffrir de vieilles blessures collectives en plus des nouvelles.

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